OZONE
L’ozone ne doit pas être considéré coumie un corps simple
nHAPITHE VI. — .MÉTAI.LOlDES ET LEl'HS COMBINAISONS. 8.'»
nouveau. Tout porte :l croire que ce corps est de l’oxygène à un état particulier; mais ses propriétés toutes spéciales doivent lui faire occuper une place distincte à côté de ce métalloïde.
Ce corps a été découvert il y a peu de temps. On doit à M. Schrenbein les connaissances que l’on possède actuellement sur l’ozone. Il avait été entrevu cependant depuis longtemps. Ainsi, Priestley, soumettant un espace limité plein d’air atmosphérique à ime suite d’étincelles électriques, avait constaté la présence d’un composé susceptible de rougir la teinture de tournesol. Van Marum avait observé, ainsi que beaucoup d’autres physiciens, l’odeur vive et désagréable que l’on sent auprès d'ime machine électrique en fonction. Eulin, en 18i0, M. Schœnbein remarqua que la même odeur existait dans l’oxj gône provenant de la décomposition de l’eau par la pile. Alors il commença une série d’études remarquables sur ce corps qu’il regarda d’abord comme nouveau, mais qui fut bientôt reconnu pour être de l’oxygène modifié, et dont les propriétés chimiques étaient très-exallées.
Le procédé le plus simple pour obtenir l’ozone consiste à placer des bâtons de phosphore himiides dans un grand ftacon bouché. On se le procure encore en décomposant l’eau par la pile , et en
Fig.4. — Appareil pour montrer la formation de l'ozone par l'électroly.Me de l'eau.
A. deux élémenu de Bunieo.
B. flacon à trois tubulures renfermant las deux
électrodes en platine et de l'eau fortement acidulée arec de l'acide sulfurique.
C, rase rempli d'eau froide.
D, tube abducteur du gas otoniaé.
K, rerre renfermant le réactif oaoootcopique.
recueillant l’oxygène qui provient de cette action. Enfin on l’obtient en plus grande quantité en traitant le bioxyde de baryum ou le bichromate de potasse par l’acide sulfurique.
L’ozone est gazeux et possède une odeur désagréable rappelant celle du poisson en putréfaction. Sa tendance à la combinaison est très-énergique et dépasse de beaucoup celle que possède l’oxygène dans les mêmes conditions.
INTnODI’CnON. — NOTIONS ÉLÉMENTAIRES.
A la tompÉraturo ordinaire, il oxyde les métaux oxydables, et même l’argent. Sous l’intluence des alcalis, il fait passer l’azote à l’état d’acide azotique. Il décolore les matières colorantes. Il décompose l’iodure de potassium et met l’iode en liberté. C’est même cette propriété qui sert à le faire reconnaître dans certains cas. Si l’on prend un papier amidonné trempé dans une solution d’iodure de potassium, et qu’on fa.sse agir sur lui de l’ozone, l’iode mis en liberté colore le papier en bleu. Un moyen plus sür de constater la présence de ce gaz est de le mettre en contact avec du papier blanc sans colle impn'gné de teinture alcoolique de résine de gaïac, et séché ensuite à l’abri de la lumière. S’il y a de l’ozone, le papier prend une couleur bleue myosotis.