CHAPITRE VI. — .MÉTALLOÏDES ET LEURS CO.MULNAISONS
volume d’acidc chlorhydrique égal au volume total des deux gaz.
On peut obtenir l’acide anhydre sous la forme hquide. Il faut, pour cela, soumettre le gaz acide chlorhydrique à un froid assez intense et à une forte pression. Il se présente alors sous la fonne d’un liquide incolore , d’un pouvoir de réfraction égal à celui de l’acide carbonique liquide, et possédant des propriétés acides excessivement énergi(iues.
L’eau dissout 600 fois son volume de gaz acide chlorhydrique. La dissolution répand à l’air d’épaisses fumées quand elle est comx'nlrée. Son pouvoir de réfraction varie suivant sa densité.
L’eau saturée d’acide chlorhydrique îi 0" a une densité de 1 ,2 1 09; on peut la représenter alors par le symbole HCl + 61IÜ.
L’acide chlorhydrique dissout presque tous les oxydes, attaque les métaux qui décomposent l’eau au rouge, tels que le zinc, le fer, l’étahi, etc. ; et forme alors des clüorures, tandis que l’hydrogène est mis en liberté.
C’est ainsi que, poim le zinc, on a l’équation :
Zu + HCl = ZnCl + H.
Dans l’acte de la dissolution des oxydes par l’acide chlorhydrique, il se forme de l’eau et un chlorure corresiiondant <à l’oxyde employé. Si l’on traite ainsi un bioxyde qui n’ait pas son correspondant parmi les chlorures, il se forme un iirotochloi-ure, tandis qu’il se dégage du chlore. C’est sur cette réaction, que nous avons indiquée déjà, qu’est fondée la préparation de ce métalloïde.
2 parties d’acide azotique ajoutées à 3 parties d’acide chlorhydrique forment un mélange connu sous le nom d’e«u régale, et que l’on emploie pour la dissolution des métaux précieux , l’or, le jdatine, etc., inattaijuables par chacun de ces acides employé isolément. L’eau régale agit en présentant au métal àdissoudre du clüore à l’état naissant. En effet :
AzU‘, HÜ -f HCl = 2 HU -f AzÜ‘ + Cl.
La préparation de l’acide chlorhydrique gazeux se fait de la manière suivante ;
Du 8<;1 marin (chlorure de sodium) fondu ou compacte est mis dans un petit ballon, auquel s’adapte par un bouchon un tube à recueillir les gaz. Ün verse do l’acide sulfurique sur le sel, et quand des vapeurs épaisses apparaissent .i l’extrémité du tube, 011 recueille le gaz dans une cloche placée sur le mercure, lequel
INTHOIU CTION. — .NOTIONS ÉUi.ME.\TAniUS.
n'esl pas attaqué par l’acide chlorhydrique dans ces conditions. Cette réaction est exprimée par l’éijuation suivante :
NaCl + SO*, HÜ = NaO, SO’ + HCl.
Pour préparer l'acide chlorhydrique en dissolution on opère ainsi ;
Le sel marin fondu est placé dans un hallon, et recouvert d’une petite quantité d’acide chlorhydrique du commerce, dont le but est de dissoudre le sulfate de soude à mcsui-e qu’il se forme. On fait arriver sur le sel une quantité déterminée d’acide sulfurique, qui met en liberté l’acide chlorhydrique ; le gaz traverse une série de llaconsde Woolf où se trouve de l’eau qui le dissout. Ainsi obtenu, le produit n’est pas pur. On l’obtient dépourvu de matières étrangères par le procédé suivant, d’une très-grande simplicité :
On prend une cornue de verre munie d’une tubulure et adaptée à un ajipareil de A\'oolf composé de quatre flacons, dont le premier ne sert qu’à laver le gaz. Par la tubulure, on fait arriver im petit lilot d’acide sulfurique concentré. 11 s’empare de l’eau qui tient l’acide chlorhydrique en dissolution , et le fait passer à l’état gazeux ; celui-ci travei'se alore la série des llacons constituant l’appareil de Woolf, et se dissout dans l’eau ([u’ils contiennent.
I.a solution d’acide chlorhydrique pur est parfaitement incolore, tandis que celle du commerce est toujoui-s colorée en jaune par la présence d’ime petite quantité de fer.
On emploie l’acide chlorhydrique pour enlever aux os la partie minérale, afin de jiréparer ainsi la gélatine, pour le ramollissement de l’ivoire, pour la jiréparation des eaux gazeuses. Il sert principalement à la fabrication du chlore et des chlorures décolorants.
ACIUE PEllCHI.OniOlIE.
Kii‘=01.5. .Syinb. = CKU.
Pour préparer cet acide on prend du perchlorate de potasse en dissolution concentrée; ou traite cette solution ]iar l’acide hydrofluosilicique, qui précii>ite la potasse à l’état d’hydrofluosilicate, sel insoluble dans l’eau. On ajoute au liquide filtré de l’eau de baryte, qui précipite l’excès d’acide hydrofluosiliciiiue. La liqueur filtrée contient alors du perchlorate de baryte pur. On la concentre, on y ajoute ensuite de l’acide sulfiuique goutte à goutte jusqu’à saturation complète dii la baryte. On filtre, puis la solution d’acide perchlori(|ne est évaporée à une douce chaleur. Enfin, on la distille. Le liquide qui passe à 1 iiri est de l’acide perchlorique
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rilAPITllE VI. — METAU.OiDES ET LUrUS C.üMni.N AISO.NS. 97
pur. Il est incolore, inodore. .\ l’état liquide, il est hydraté; mais à l'état anhydre, il est solide et fusible à 48".
L’acide perchlorique a pour caractère distinctif do former avec la potasse un sel insolul.)le iiui se présente en "rains lu-istallins.
ACIDE CHEomorK.
Kq'= 75,5. Symb. = C10®.
C’est un liquide jaune, incristallisahle, se décomposant à 40« environ, possédant des propriétés o.vydantes très-énergiques. Il détruit les matières organiques plus rapidement que le chlore. On le prépare comme l’acide perchlorique, en soumettant du chlorate de potasse au.\ traitements cités plus haut. Seulement, la solution d’acide chlorique doit être concentrée d’abord à une très-douce chaleur, et en dernier lieu dans le vide, à cause do sa facile décomposition.
ACIDE IIYPOCHLORIQUE ET ACIDE CHLOREUX.
Eq‘ = 67,5 Symb.=sClO*. E4‘=5î»,5 Symb. = C10*.
La préparation de ces deux corps est très-dangereuse, à cause de la facilité avec laquelle ils se décomposent. Nous dirons seulement que l’acide chloreirx est gazeux, et que l’acide hypochlorique constitue un liquide rouge orangé qui entre en vapeurs à 20" au-dessous de 0".
ACIDE HYPOCHLOREUX.
E(|‘ = 43,5. Syinb. = CiO.
C’est im liquide jaune orangé, bouillant veis 21", et qui, porté subitement à une température plus élevée, se décompose avec e.xplosion. .\ l’état gazeux, l’acide hypochloreux est incolore et possède une odeur très-vive, analogue <à celle du chlore. Il est soluble dans l’eau, qui en absorbe environ 100 fois son volume. Il se combine avec lc*s bases, et forme des composés salins, dans lesquels le rapport de l’oxygène de l’acide à celui de la base est égala 1, et quisout [icu stables, car l’acide carbonique peut déplacer l’acide hypochloreux. Cet acide possède un pouvoir décolorant éminemment prononcé.
On le prépare en faisant passer du chlore sec sur du bio.xyde de mercure placé dans un tube refroidi par de la glace ; le gaz qui se dégage est reçu dans un tube placé dans un mélange léfrigérant, et passe ainsi à l’état lupiide.