I.a consommation du soufre, en France seulement, s’élève
lOl) INTnODL'CTIÜ?;. — NOTIONS ÉLKMENTAinES.
à 55 millious de kilofiramines par an, sans comiiter celui que l’industrie einjdoie direeteiuent à l’état de jiyrites. Le soufre entre dans la compositiou de la poudre de guerre.
Il a reçu un einidoi iiniiorlant dans le traitement de la maladie de la vigne. La j)lus grande partie de ce coiqis est employée à la fabrication de l’acide sulfurique dont l’industrie sait tirer un si grand parti. L’acide sulfureu.x est employé dans le blanchiment des tissus aniniau.x, soie, etc., (jue le chlore attaquerait. Un se sert des hyposiülites dans la photographie. On utilise les polysulfures alcalins pour la jiréparalion des liains artiliciels de Baiéges, enlhi le sulfure de carbone est (*mployé dans les fabriques de caoutchouc, coname dissolvant de cette substance. (V. SouniE, au Dictionnaire.)
.\CI1)E SUI.FHYintlQrE.
(HYDROOKNE SCI.EURE.)
Kij'=17. Syiiib.= H.S.
Ce corps se rencontre assez fréquemment dans la nature et surtout au.x environs des volcans. Il prend naissance toutes les fois qu’une matière sulfurée d’origine animale entre eu fennentatiou putride.
L’hydrogène sulfuré affecte, dans les conditions ordinaires, la forme gazeuse ; mais on peut le liquéfier sous la seule influence d’une pression de 10 atmo.sphéres. On peut aussi l’obtenir à l’état sohde sous une pression plus grande jointe à un abaissement de température. 11 cristallise alors sous la fonne de prismes blancs et transparents.
L’acide sulfhydrique liquide est incolore, transparent et plus mobile encure que l’éther. Sa densité est égale à 0,î). Son pouvoir de réfraction est plus grand que celui de l’eau. Il j»eut dissoudre le soufre, et le laisse cristalliser par l’évaporation.
L’acide sullliydrique gazeu.x est incolore et possède une odeur caractéristique, celle des œufs en jmtrèfaclion ; celte odeur se reconnaît aussi dans l’acide liipiéfié, et dans sa dissolution. La densité du gaz = 1,1912.
Il est soluble dans l’eau, celle-ci en di.ssoul trois fois son volume environ. 11 bn’lle avec une flamme bleue et en donnant naissance à de l’acide sulfureux et à un dépôt de soufre. C’est un corps fort peu acide, ne faisant passer la teinture de tournesol qu’au rouge vineux.
Ce gaz a une influence active sur l’économie animale. Nonseulement il est irrespirable, mais de plus il est x’énéneux.
CHAPITIIE VI. — MflT.VLLülDES ET LEIRS COMBINAISONS. 107
L’hydrogène sulfuré est dépomposé par l’aride sidfureu.x en soufre et en eau. L’équation suivante rend compte du phénomène : SO' + 2IIS = 3S + 2HO.
Sous l’influenre d’une lemi)éralure de 40 à 50« et au contact des tissus organiques, l’acide sulfhydrique se transforme (?n acide sulfurique. Ce fait curieiLx, démontré par M. Dumas, e.vpüque poim]uoi le linge qui est employé dans les hains de Baréges s’use si promptement.
L’hydrogène sulfuré est détruit par le chlore, qui s’empare de l’hydrogène et met le soufre eu liberté.
On prépare l’acide sulfliydrique gazcu.\ en traitant un sulfure par un acide. Le procédé le [dus sim[»le consiste à traiter le sulfure d’antimoine naturel par l’acide chlorhydrique. Il se fomie du chlorure d’antimoine et le gaz acide sulfhydrique se dégage. On doit élever légèrement la température. Le gaz ainsi obtenu est lieaucoup jilus pur que celui que l’on peut se [irocurer par le sulfure de fer. La réaction se représente do la manière suivante : SbS* + 31ICl = SLCD + 3HS.
Quand on veut avoir l’acide sulfhydrique gazeux, on emploie l’appareil suivant :
Fig. 12.— ‘Appareil pour la préparation de Tacidc sulfhydrique gazeux.
B, ballon renfermant le snifare d’antimoine i F, flacon lareur renfermant de l’eau.
et l'acide chlorhydrique. I t, tube de tùrele.
T, tube eu S aerrant de tube de lùrete. I £, éproureite tous laquelle te rend le gat.
Quand on veut l’avoir en dissolution, on fait passer le gaz dans
ms
INTHODI CTION . — NOTIONS l-IUiMENTAIlIKS.
line Pt'M’ie de flacons formant nn apitareil de Woolf. On met dans les flacons de l’eau réceminenl hmiillie, dépourvue jiar conséquent d’air, car l’eau aérée altère raiiidement l’acide sulfhydriipie en mettant en liberté le soufre (pi’elle renferme.
L'acide sulfhydrique gazeux ou en dissolution est employé très-fréquemment dans les lalioratoires. C’est iiresque son seul usage.
nisri.FrnE d’h Ynnoc.ÈNE.
Kq'=33. Symb. = nS*.
Le soufre forme avec l’hydrogime un composé analogue à l’eau oxygénée : c’est le bisulfure d’hydrogène.
.\CIUE srLEl'RIQIiE.
Kq'=40. Symb.=SO*.
L’acide sulfurique est le composé le plus oxygéné du soufre.
Tel qu’on l’emploie toujours, il est hydraté. Mais on peut l'obtenir facilement à l’état anhydre, soit en soumettant le bisulfate de soude (Na0,2S0’) à ime assez forte chaleur dans ime coniue de porcelaine, soit en chauffant très-légèrement l’acide connu sous le nom d’acide sulfurique de Nordiiansen. On peut aussi se procurer l’acide anhydre en distillant l’acide ordinaire très-concentré sur de l’acide phosphoriipie anhydre. Dans les trois cas, ou recueille les vapeurs dans un récipient refroidi par un mélange réfrigérant.
L’acide sulfurique anhydre se présente sous foi-me d’aiguilles brillantes d’un aspect soyeux. Il répand à l’air d’épaisses fumées qui indiijuent sa grande avidité pour l’eau. Une goutte d’eau jetée sur ce corps produit un bruissement pareil à celui qu’elle ferait en tombant sur du fer chauffé au ronge. Une plus grande ipiantité d’eau donnerait lieu à une explosion avec dégagement de luinièn». La densité de l’acide sulfurique anhydre = 1 jh.Âm. Il entre en fusion à 20* et en ébullition j'i .52". Ses vatiem-s sont incoloi-es Abandonnées à l’air, les aiguilles d’acide anhydre fondent rapidement, en alisorbant la vapeur d'eau de l’atmosphère et en se transformant en acide monohydraté (Sn%IIO).
On connait encore dans le commerce une autre espèce d’acide sulfuriipie. C’est l’acide fumant, ou acide de Xordhausen, que l'on considère comme une dissolution d'acide sulfurique anhydre dans l’acide monohydraté. C’est un liijuide brun, oléagineux, fumant à l’air. On l’obtient en distillant le sulfate de fer préalable-
CIIAIMTIIE VI. — MKTAI.LOÏDKS l/P LKI HS CÜMHIN.AISONS. 109
iiifnt firilK', et en recevant les vai>eui-s dans l’aciile sulfurique ordinaire.
L’acide sulfuriqiu- forme avec l’eau idusicurs hydrates, dont le plus iniiiortant est celui à un équivalent d’eau, St P, HO.
Cet acide préexiste.en grandes iiiiantilés dans le sol, mais toujours coinltiné avec des hases et formant ainsi divers sels. Telles sont les matières connues sous les noms de gypse ou pldlre, de spalli pesant, de sels de Glnuber, de Sedtilz, etc.
Ou ne cherche pas cependant à ndirer l'acide sulfurique des composés que nous venons de citer; on le fahri(|ue de toutes pièces par l’o.xydation du soufre. Voici les principes qui président à cette préparation. On lirhle du soufre de façon à le transformer en acide sulfureux, que l’on oxyde jiar l’acide hypoazotique avec le concoui-s de la vapeur d’eau.
SO’-h AzO‘ = SO>-|-AzO’.
L’acide azoteux, au contact d’un excès de vapeur d’eau, se dédouble en acide hyiioazolique et eu hioxyde d’azote.