‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 99 sur 262 · ANTIMOINE · texte numérisé non relu

ANTIMOINE

Eq' = 12H. Symh. = Sb.

Ce métal fut découvert par Basile Valentin, vers la fin du XV* siècle. Il se trouve dans la nature sous différents états. Son minerai le plus commun est le sulfure.

Il est d’un blanc-gris éclatant, cristallisé, d’un aspect brillant, très-cassant, et peut facilement être pulvérisé. Sa densité =6,8. Il est inodore et insipide. Par le frottement, il développe mie légère odeur alliacée. Il fond à à une température plus

élevée et dans un courant d’hydrogène , il distille. Il se laisse rayer par le verre. A la chaleur blanche, il brûle; le produit de la combustion est l’acide antimonieux, SbO*. Il forme également un oxyde (Sb’O*). Soumis à une action oxydante énergique, il donne l’acide antimonique (Sb'O*).

En brûlant dans le chlore, l’antimoine forme l’acide chloroantimonique, ou perchlorure d’antimoine (Sb’CP).

Tous les métalloïdes se combinent avec l’antimoine, à l’exception du carbone, du bore et du silicium. Les métaux acquièrent, en s’alliant avec ce métal, une plus grande dureté.

L’air humide att.ique l’antimoine et ternit sa surface ; mais l’air sec et froid ne l’altère en aucune façon.

Pour extraire l’antimoine de son minerai ordinaire, le sulfure, on calcine celui-ci à une température assez élevée ; il fond alore et s’écoule, en abandonnant sa gangue. On le recueille, puis on le grille dans des foui-s à réverbère. Là, il s’oxyde en partie et passe à l’étal d’oxysulfure, qu’on pulvérise et qu’on mêle avec 4- de son poids de charbon, imiirégnè d’une dissolution assez coucenti-ée de carbonate de soude. On grille le tout. L’oxysulfure est réduit, et l'on obtient de l’antimoine métallique, qu’il sufSt ensuite de débarrasser de ses scories.

ACIDE ANTIMONIQUE (Sb*0‘). — Ce corps, autrefois connu sous le uom de bezoard minéral, se prépare en faisant agir l’acide azotique ordinaire sur l'antimoine pulvérisé. Il se forme une poudre blanche insoluble, qui, calcinée, devient jaune en perdant un équivalent d’eau.

ACIDE MÉT.A-ANTIMONIQUE. — En traitant par une grande quantité d’eau le perchlorure d’antimoine, on obtient un corps isomère de l'acide antimonique, mais qui en diffère en ce qu'il renferme 2 é(}uivalents d’eau et sature toujours 2 équivalents de base. Un le désigne sous le nom d'acide méla-antimaniijuc Calcinés eu vase

CHAPITBE VII. — MÉTAIX ET LEURS COMBINAISONS. 189

clos, ces deu.x acides perdent leur eau, et régénèrent l’iin et l’autre l’acide anhydre. Calcinés au contact de l’air, ils forment l’acide antimonieux , SbO*, qu’on considère quelquefois comme un antimoniale d'oxyde d’antimoine, Sb‘0' = Sb’0’, Sb’O’.

L’acide méta-antimonique, combiné à la potasse, forme un réact if précieux poui- déceler la présence de la soude. 11 donne, en effet, dans la dissolution des sels de cette base, un précipité cristallisé caractéristique d’antimoniate de soude insoluble.

On prépare le méla-antirnoniate de potasse en calcinant im mélange d’une partie d’antimoine en poudre et de 4 parties de nitre. La masse obtenue est pulvérisée, puis lavée à l’eau tiède, afin d’enlever l’excès de nitre employé. On fait bouiUir quelque temps cet antimoniale anhydre avec de l’eau distillée ; il s'hydrate alors et SC dissout. La liqueur est évaporée, et quand elle est très-concentrée, on y ajoute des fragments de potasse caustique, qui transforment l’anliinoniate enméta-anlimoniatequel’on fait cristalliser.

OXYDE d’antimoine. — A côté de ces deux acides, se place l’oxyde d’antimoine, Sb’O", base faible, qui peut cependant s’imir avec, les acides.

sfLFLREs d’antimoine. — Le sulfure (Sb*S») se trouve en grande quantité dans la nature. Il est gris, brillant, cristallisé. Sa densilé=:4,62. 11 fond au rouge et se volatise à la chaleur blanche.

Le persulfure d'antimoine, Sb’S‘, s’obtient en faisant passer un courant d’acide sulfliydrique dans une dissolution de perchlorure d’antimoine. Le sulfure formé est jaune et soluble dans les sulfures alcalins.

Enfin, en traitant à l’élmlUtion du sulfure d’antimoine en poudre fine par une solution d’un carbonate alcalin, on le transforme en une poudre jaune-brun, qu’on nomme le kermès, qu’on considère comme un o.xysulfuie d’antimoine, et qui constitue un médicament fort usité.

CHLORURES d’antimoine. — Les chlorures d’antimoine correspondent aux oxydes. Ils sont représentés par les formules Sb'Cl" et Sb’ Cl’. On les obtient tous deux en traitant l’antimoine par le chlore. Le chlorure Sb’ Cl’ était coimu des anciens chimistes, qui l’appelaient beurre d'antimoine.

Page 1