‹ Introduction au dogme catholiqueChapitre 24 sur 80 · III · texte numérisé non relu

III

miner consciencieusement tous les prodiges qu'on nous propose comme des preuves certaines de l'intervention divine. Mais nos adversaires n'ont pas toutes nos délicatesses; dans leurs démonstrations, les affirmations font preuve. Pascal, pour qui je ne puis m'em pêcher d'avoir des préférences, quand je le compare à tous ces beaux raisonneurs, Pascal s'y prend d'une tout autre manière. « Lorsque j'ai considéré, dit-il, d'où vient qu'on ajoute tant de foi à tant d'imposteurs qui disent qu'ils ont des remèdes, jusqu'à mettre souvent sa vie entre leurs mains, il m'a paru que la véritable cause est qu'il y a de vrais remèdes... Ainsi il me paraît aussi évidemment qu'il n'y a tant de faux miracles... que parce qu'il y en a de vrais... : car, s'il n'y avait jamais eu rien de tout cela, il est comme impossible que les hommes se le fussent imaginé, et encore plus impossible que d'autres l'eussent cru... Et aussi, au lieu de conclure qu'il n'y a point de vrais miracles, puisqu'il y en a de faux, il faut dire, au contraire, qu'il y a de vrais miracles, puisqu'il y en a tant de faux '. »

Partant de celte conclusion si pleine de bon sens, nous pouvons, Messieurs, procéder au discernement des miracles; mais, afin d'éviter les redites, il importe

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