Act., cap. xx
OEUVRE DES APÔTHL23 307
trahisons d'autrefois. Faibles en eux-mêmes, ils s'affaiblissent encore par des aveux qui les déconsidèrent, comme s'ils pouvaient braver impunément les difficultés qu'ils se créent, avec un inconcevable oubli de toute sagesse et de toute prudence.
Quelle stratégie, Messieurs! Quelle est donc la force de leurs armes, pour qu'ils puissent compter encore sur la victoire? Rêves charmants, fables gracieuses, élégantes fantaisies qui bercent doucement l'imagination des peuples, promesses flatteuses qui réjouissent les passions, ce n'est pas ce que l'on doit attendre de leur bienvenue, mais une doctrine incompréhensible, exclusive et impérieuse, une loi ennemie de tous les penchants dépravés que les hommes ont trop facilement et trop longtemps écoutés. Un Dieu unique et trois personnes dans une même nature, un Dieu pur esprit et né cependant d'une femme inviolée, un Dieu immortel et mortel, un Dieu mort pour le genre humain déchu dans la personne d'un seul homme; la justice divine satisfaite par un Juif maudit et expirant parmi les scélérats, la grâce par des signes infirmes; la résurrection d'une chair qu'on voit se pourrir et se disperser; la vision de Dieu, pendant des siècles qui n'auront jamais de tin : peuples et rois, ignorants et savants, petits et grands, voilà ce qu'il faut croire! Mais, pre-
nez-y garde : ces dogmes immaculés ne peuvent habiter avec les vaines croyances qui ont profané jusqu'ici votre esprit; ce n'est pas l'hospitalité dans un coin de votre âme, que nous demandons pour eux ; ce n'est pas une place dans ce Panthéon toujours ouvert, où viennent se réfugier, en passant, les erreurs qui cheminent à travers le monde. Pas de mariages sacrilèges! pas de mélanges infâmes! A la porte les dieux d'hier, à la porte les fables, à la porte les mensonges, à la porte tout ce qui n'est pas la doctrine que vous venez d'entendre! Et, quand le temple sera prêt, quand le Dieu inconnu que nous vous prêchons en sera devenu l'hôte sans partage, quand il aura parlé à votre cœur, quand votre cœur aura répondu oui à toutes ses paroles, souvenez- vous que vous devez être fidèles, et que, s'il faut mourir plutôt que de renoncer à votre foi, vous mourrez avec joie, en bénissant le Dieu jaloux qui vous demande, avec tant d'empire, un si rude sacrifice. C'est le dernier qu'il exige, mais ce n'est pas le seul : la vie chrétienne, car vous allez vous appeler chrétiens, la vie chrétienne n'est qu'une trame austère où revient sans cesse ce mot lugubre : Sacrifice! Sacrifice de votre orgueil, par des humiliations généreusement consenties et acceptées, si elles ne sont pas librement recherchées; sacrifice de vos mœurs
faciles, par la pénitence; sacrifice de vos plaisirs, parla mortification; sacrifice de votre cupidité, par le désintéressement et la pauvreté d'esprit; sacrifice de votre égoïsme, par les épanchements sublimes de la charité; sacrifice de vos haines, par de généreux pardons... Sacrifice! sacrifice! à l'exemple du Dieu pauvre, humilié et martyrisé, dont voici la croix.
La croix! vous attendiez, Messieurs, ce signe terrible. N'est-ce pas, en effet, l'arme des apôtres? Tous les mystères qui épouvantent l'esprit humain, toutes les 'menaces faites aux passions dépravées du cœur et de la chair, tout est là. La croix est le triste et sombre résumé de la doctrine et de la loi chrétiennes. C'est ce bois odieux et abhorré des hommes, qu'on veut planter dans leur âme, comme sur un nouveau Golgotha. C'est avec cette étrange machine de guerre, ce bélier de nouvelle espèce, qu'on prétend ébranler les portes sublimes par où Jésus-Christ doit entrer triomphalement, et prendre possession de son empire.
Quels coups, grand Dieu, et quels cris! — Ouvrez, princes, ouvrez vos portes! Enlevez-vous, portes immortelles, et le Roi de gloire entrera : A ttollite portas, principes, vestras, et eletamini, portx xternales, et introibit Hex gloriœ '- Mais quel est ce Roi de