‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 29 sur 91 · Isai., cap. xm, v · texte numérisé non relu

Isai., cap. xm, v

ment d une inaison; mais tu seras 6ternellement perdue, dit ie Seigneur : Et non tollent de te lapidem in anguluin, et lapidem in fundamenta, sed perditus in xternum eri& 9 dicit Dominus 1 1

Messieurs, se pcut-ilune rencontre plus frappante de la prophetic et, de Phistoire? Voyez comme riristoire continue la prophetic, et comme la prophtie illumine Hiistoire, en rtfpandant sur les ev6nements cette teinte lugubre et tragique qui convient aux grandes catastrophes. Tons les oracles temporels ont eu le memo sort, S part quelques-uns dont on ne pent preciscr Tissue, ci cause de Tincertitude des annales cles peuples obscurs auxquels ils s adressent. Partant de la, je me demande pourquoi Dieu ne s est pas contente des oracles messianiques; pourquoi il a permis qu un mouvement proph^tique s accomplii dans un ordre purement temporel, parallelement a celui qu il devait conduire jusqu a 1 ere nouvelle du monde. Cette question est plus importante que vous ne le pensez, Messieurs; elle vous eleve jusqu a la consideration du gouvernement providentiel dans ses lois les plus hautes et les plus saintes, et sert, en meme temps, la force de monstrative des oracles spirituels.

1. Isai., cap. xm, v. 19, 20, 2i, 22; cap. xiv, v. 23. Jerern., cap. L, v. 39^ 40 ; cap. LI, v. 2t>.

140 OBJET ET DEVELOPPEMENT DES PROPflETIES

Dieu, ayant retir6 son peuple du sein des nations perdues d erreurs et de vices, s etait engage a son egard par des promesses temporelles, qui, a chaque instant, lui rappelaient une auguste alliance. II abandonnait les Gentils a leur propre conduite mesure par les lois gi/6ralss de sa providence, ne s etant point commis & leur gard, et n etant point tenu, par un pacte sacr6, de leur rendre compte de leur fortune; mais il n en pouvait tre ainsi du peu ple juif. Du haut du Sinai, Dieu 1 avait appe!6 son peuple. Ayant pris en ses mains le gouvernement de ses affaires temporelles, et devant donner & sa loi une sanction conforme a la maniere dont elle 6tait observee, ilfallait qu il d^gageat sa parole et justifiat sa supreme administration. A cette fin, il met en ceuvre un moyen qui repr6sente au vif les deux eternelles perfections entre lesquellessetrouve prise la vie de ceux que le Seigneur aime : la justice et la misericorde. Les prophetes se succedent aupres du peuple comme les personnifications de Jehovah, son maitre et son pere. Au nom de 1 alliance contractee et fondle sur des promesses temporelles, ils b6nissent, menacent, encouragent, consolent, selon que les serviteurs et enfants du Seigneur se montrent pieux, infideles ou repentants. De cette maniere, le peuple, en toutes les peripeties de son existence, ne

peut s empcher de reconnaitre la main de Gelui qui, tout en etant le Dieu de 1 univers, se montre plus particulierement le Dieu d Israel. Dans ses plus grands bonheurs, comme au plus fort de ses maux, il faut qu il s ecrie : Nous sommes son peuple et les brebis de ses paturages bfinis : Nos autem populus ejus et ov&s pascux ejus i . Les oracles temporels ont cet avantage immense que Juda, meme lorsqu il est vaincu, est certain de ne pas 1 etre par les dieux etrangers, mais par un juste cMtiment de celui qu il appelle son Dieu. Appuy sur la pa role r6vlatrice des envoy^s du Tres-Haut, il est convaincu que tout lui arrive conform6ment aux termes expres de Talliance anciennement contractee et solennellement juree par ses anc6tres, aux pieds de Mo ise, le plus illustre des representants de la divinite. Tous les oracles peuvent se terminer par cette conclusion inspiree jadis au fondateur de la republique hebraique : a Voyez, maintenant, que c est moi, moi qui suis, et il n y a point de Dieu avec moi... Je fais mourir, et je fais vivre; je blesse, et je gueris; personne ne se peut dSlivrer de ma main 2 .

Jehovah est le Dieu d Israel, et toute alliance de

. Ps. xciv.

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