‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 67 sur 91 · Ps. u · texte numérisé non relu

Ps. u

VIE. MORT. RtiGNE DE JESUS-CaRIST

quelque chose? Non, Messieurs, non, Dieu ne refuse rien au grand mourant qui [ implore. II lui donne les &mes, dont il a soif; les ames, car son royaume n est pas de ce monde; il est venu pour rendre te= moignage a la verite, qui, desormais, sera le signe auquel se reconnaitront ses sujets : son empire est pacifique et spirituel. Et cependant il y aura, sur ses fondements, des cadavres et du sang : Oui, mais le cadavre et le sang du roi, les cadavres et le sang de ses guerriers, dont 1 armure est la foi, et le glaive, la parole. Us tombent moissonnes par la fureur des tyrans, et chaque trepas est un triomphe nouveau, quiaffermit Tempire du roi Jesus.

Je vous entends, Messieurs : vous deniandez a voir ce roi et cet empire. Eh bien! allez a Rome, frappez a la porte du Vatican : Jesus est la, sous la figure d un vieillard qui meurt et renait sans cesse, depuis dix-huit cents ans, dans les memes honneurs et la mme puissance. Aujourd hui, nous Tappelons Pie IX. Mais, au-dessus de ce nom qui passe, il y en a deux autres qui ne passent pas : Pierre et Jesus; Pierre, ici-bas, representant de Jesus, qui le benit du haut des cieux et ranime, dans sa poitrine, a chaque coup de la mort, le souffle d immortalite qu il a promis. Autour de ce premier prodige, il en est un second, vaste comme le monde. Prenez d une

main un globe terrestre, et, de 1 autre, une histoire de FEglise. Suivez, sur tousles meridiens, le mouvement gigantesque de la societe etablie par le Christ : partout vous la verrez annongant aux continents et aux lies le nom du Dieu qu ils ne connaissaient pas, renversant dans la poussiere les idoles cheres a 1 ignorance et aux passions, enseignant et paissant les nations dans la paix. La parole du Sauveur, emporteesurdeslevres devouees, retentit sur toutes les plages, et, parce qu on la repousse, elle n abdique pas ses esperances; mais, d autant plus intrepide, elle fait le siege des peuples, qui auront un jour a rendre compte de leurs resistances et a s accuser publiquement de n avoir pas baise le sceptre du roi Jesus.

Dix-huit siecles ont passe, et Jesus regne encore. Pourquoi auriez-vous peur des blaspbemes et des menaces de ses ennemis? Je les entends aussi bien que vous. Nous ne voulons point, disent-iis, qu il regne sur nous : Nolumus hunc regnare super nos. Nous n avons pas d autre roi que Cesar : Non habemus regem nisi Csesarem; et Cesar, c est la pas sion gloritiee par la pourpre, Fesperance couronnee de tous les ambitieux qui ne voient Dieu qu en euxmemes. Mais, malgre cela, mon ame est tranquille. On ne conspire que contre les pouvoirs etablis. Celui

que tourmente le luneste desir de la supreme gran deur laisse passer, sans le maudire, Fouvrier qu il coudoie dans la rue, et reserve ses imprecations aux vies fortunees qui dominent la sienne. Plus un trone est ferme, plus est violent autour de lui 1 orage des convoitises. Je ne m etonne done pas des blasphemes et des menaces de Firnpie contre la royaute de Jesus-Christ; mais plutot j y vois une preuve de sa perpetuite; car il regnera, dit FApotre, jusqu a ce que Dieu ait fait de ses ennemis Fescabeau de ses pieds *. Regnez done, 6 mon Maitre! le passe me rassure sur Favenir de votre domination, et la vigueurdes coups qu on vous porte en accuse Findestructible vitalite.

Messieurs, j ai fini le parallele que je vous avais promis; mais je ne Fai pas epuise. Bien des details ont ete omis, qui n auraient rien ajoute a Finteret de mes investigations, non plus qu a la puissance de cette affirmation que je repete : Jesus- Christ est dans les propheties comme dans Fhistoire; il est dans Fhistoire comme il est dans les propheties. Maintenant, il vous faut une conclusion. Je la demande a une derniere comparaison, que je formule ainsi : LeMessie est Dieu, Jesus-Christ est Dieu.

i. I Cor., cap. xv, v. 15.

228 LES PROPI1ETIES ET LES FAITS

LeMcssieest Dieu. Tel est le litre sureminent qui le distingue entre tous les entants de la race hu~ maine, et par lequel s explique tout ce qu il est, tout ce qu il fait. Sa vertu, sa doctrine, ses miracles, Tincomparable grandeur de son r6gne, 1 universalite et 1 indefeetible persistance de son action sur 1 humanit6, tout cela prend vie dans les profondeurs d une nature infinie; tout cela manifeste la puis sance, la sagesse et Tamour de Gelui qui, pouvant seul creer le monde, pouvait seul le restaurer. En reunissant en faisceaux les oracles sacres qui ont pour objet la personne du Messie, il m a toujours semble qu il 6tait impossible de leur donner une ferme adherence entre eux, sans introduire une 6nergie divine, qui les pfinetre et les fait se tenir dans une admirable unite. Independamment desprophSties qui nous rSvelent la nature du liberateur promis au monde, il est impossible d expliquer les magnifiques caracteres qui s accumulent sur sa per sonne, Fattente du genre humain, sa d^livrance dans 1 ordre moral, ses rapports intimes avec Dieu, le retablissement universe! de la justice, et la perpetuit de son regne ici-bas, sans que nous supposions une force de cohesion dont la nature humaine ne peut 6tre ni le centre ni le foyer. La divinite du Messie se cache done, toiUe vivante, au sein

des propMties qui n en font pas une mention expresse. Mais, Messieurs, Dieu devait a la grandeur de son Promis, aussi bien qu a la foi de son peuple, de lever toute Equivoque a cet gard, et de nous faire voir la divinite du Messie proph6tis6e comme tout le reste,

David, au commencement de son second psaume, s ecriait : Pourquoi les nations ont-elles fremi? Pourquoi les peuples ont-ils m6dite des nSants? Les rois se sont mis debout, et les princes ont conspire contre le Seigneur et son Christ *. Est-ce de luimme que parle David? Mais, en supposant qu^ii ait le droit de peindre en cet energique langage les tribulations qui 1 assiegent, comment pourrait-il dire : J ai te 6tabli roi par Dieu, sur sa montagne sainte, pour precher sa loi. Le Seigneur m a dit : Tu es mon flls, et je t ai engendre aujourd hui; demande-moi, je te donnerai les nations pour heri tage 2 . fividemment, le prophete-roi a passe de la figure presente a la realitS qui doit venir; ou plu-

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