Dissertation sur les propheties, ch. n, n
2. Deus ille tantorum bonorum auctor, divinae scientiae futurum intuitus, singular! egit providentia, ut quee de ven ture paulo post generis humani servatore... praedicta jam
les Livres saints 6taient a 1 abri des perfidies judalques; de telle sorte qu on pent penser et dire, avec saint Augustin, que la version des Septante n a pas t6 faite en faveur des Juifs, mais bien en notre faveur 1 .
La supposition d une interpolation devenant im possible, grace a la traduction des Livres saints, ii faut convenir, Messieurs, que toutes nos propheties sont, de trois cents ans au moins, anterieures a 1 avenement de Jesus-Christ, puisque la version des Sep tante remontea cetteepoque. Est-il besoin de pousser plus avant la discussion, et, du fait meme de cette anteriorite deja si respectable, ne resulte-t-ii pas, pour tout hommede bon sens, 1 obligation de laisser chaue prophetic a la place chronologique qu elle occupe dans 1 Ancien Testament? Les chicanes ne les rapprocheront pas a une distance moins infranchissable, qui livre Fensemble des evenements aux pre visions naturelles de I esprit humain.
olim essent, ea demum accurafa explicatione patefacta, et publicis in bibliothecis collocanda, cunctoram in iucem venirent : imraissa hac Ptolomseo regi divinitus, nimirum ut qusedam quasi penus esset; unde ilia post modum in populorum omnium usum fructumque promeretur I... Aut enim post Salvatoris nostri tempora nonhabuissemus, Judaeis ex invidia occultantibus, aut corruptiores nobis dedissent, aut si recta habere potuissent, in suspicionem facile traductores vocarentur. (Euseb., Prceparatio Evang., lib. VIII, cap. I.) i. Cite de Dieu, liv. XVIII, ch. XLII, XLIII.
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Je ne pense pas, Messieurs, que vous puissiez rei uter, avec quelque succes, les arguments que vous venez d entendre; cependant, si, par ignorance ou maladresse, j en avais attenue la force, voici qui Taugmente singulierement.
Dieu aurait pu dStruire les plans prophetiques de Tedifice Chretien, apres son achevement, et ne laisser subsister du passe qu un souvenir inalterable; mais sa Providence attentive a voulu donner, aux siecles les plus recules, une preuve vivante et sans replique de la divinite de son oeuvre. Gette preuve, c est le peuple juif, toujours maudit, toujours aveugle et toujours penche vers les ages futurs. Autrefois, il vivait de la vie de tous les peuples, plus stable, dans sa faiblesse, que les fortes nations qui 1 entouraient et se disputaient ses lambeaux. Ni les persecutions ni les revers ne pouvaient entamer son existence nationale. Au jour de lacaptivite, la harpe qui chantait ses gloires et ses esp6rances n etait que suspendue aux saules de 1 Euphrate : elle n etait pas brisee; ses cordes fremirent encore, pour celebrer les tra-
vaux d une restauration longtemps attendue, les luttes des Machabees, et fair6 entendre les derniers oracles. Mais, depuis la mort de la grande victime dont il a appele le sang sur lui et sur ses enfants, le peuple juif n est plus; il ne reste de son passe que
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le judaisme, c est-a-dire une secte inexterminable. Vous avez vu, Messieurs, sur nos places publiqucs et chezles gensdes campagnes, une naive complainte surmontee d une grossiere enluminure, dontlaprincipale figure s appelle Isaac Laqutfdem, le Juif errant ; c est la personnification populaire des restes broyes et toujours errants du peuple juif. Le Seigneur, qu il a pousse sur les pentes douloureuses du Galvaire, lui a dit : Marche ! et il marche ; il marche pendant plus de mille ans; car il ne s est pas encore arrete. Partout on le rencontre, au septentrion et au midi, au levant et au couchant, au milieu des mers, dans les lies et sur les continents. II ne voit que deux choses : Tor des peuples, dont il s est enrichi, et ses cheres propheties qui ne le quittent jamais, et dont il attend chaque jour raccomplissement. Avec son historien Josephe, il dit a qui veut 1 entendre : II ne peut y avoir rien de plus certain que les livres autorises par nous; car ils ne sauraient tre sujets ft aucune contrariety, puisque Ton n approuve que ce que les prophetes ont 6crit, il y a plusieurs siecles... On conserve pour ces livresun tel respect, que personne n a jamais 6t6 assez hardi pour entreprendre d en 6ter, d y ajouter ou d y changer la moindre chose. Nous les considerons comme divins, nous les nommons ainsi, nous faisons profession de les ob-
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server inviolablement et de mourir avec joie, s il en est besoin, pour les rnaintenir 4 . Or, Messieurs, ces livres sont a nous, le trsor qu ils contiennent nous revient ; il nous revient, gross! de la plus puissante demonstration qui se puisse imaginer.
Jean- Jacques Rousseau ne consentait a subir Pautorite des propheties qu a la condition d en tre temoin et d etre galement t6moin de 1 evenement 2 . Gette exigence est puerile, puisqu elle reduit la dis tance qui separe les oracles deleur accomplissernent, aux 6troites limites de la vie humaine, et amoindrit la preuve en la voulant plus forte. II n est aucun homme sens6 qui ne s en rapporte a Tanteriorite historiquement constatee des propheties. Mais Dieu a eu piti6 des caprices de Fincredulite et lui a donne, dans Texistence mme du juda isme, une refutation victorieuse de ses sophismes. En effet, Messieurs, qu*est-ce que le judai sme? Une secte qui croit a la verite des propheties, a leur authenticity, a leur origine divine, mais non & leur accomplissement. Par consequent, c est le passe vivant se promenant a travers les siecles, c est la prophetic virtuellement inaccomplie et toujours suspendue sur la tte des generations. Nous pouvons Texaminer a loisir, con-