‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 43 sur 110 · L’AVÈNEMENT MESSIANIQUE · texte numérisé non relu

L’AVÈNEMENT MESSIANIQUE

Le commencement du livre est étrange et sans exemple ; c'est comme une exclamation : (Commencement de la prédication de la bonne nouvelle» (qui est maintenant arrivée jusqu’à vous, lecteurs de cet écrit)! Le mot xpyr, commencement, me paraît être grammaticalement l’apposition anticipée du fait mentionné v. 4 : Jean parut. Le mimstère de Jean a été, en effet, l'ouverture de la prédication de la bonne nouvelle dans le monde entier. Ce terme : «commencement de la prédication évangélique, » est appliqué par plusieurs, entre autres Klostermann et Zuahn, non au ministère de Jean-Baptiste, dont la mention suit immédiatement, mais à la prédication de Jésus, telle qu’elle est renfermée dans ce livre entier, en ce sens que Jésus n’a fait que commencer cette œuvre de la pré-

dication évangélique, continuée ensuite par les apôtres; comp.le ñpéaro (AeL. I, 1)etle &oyav haBoïca (Hébr. If, 3). Contre l'application du mot commencement au ministère de Jean-Baptiste, Zahn cite Act. X, 37, passage d’après lequel la prédication évangélique n’aurait pas commencé avec, mais après le baptême de Jean. Mais le baptême de Jésus par Jean-Baptiste, point de départ de son œuvre, fait certainement encore partie du ministère de Jean; 1l y a précisément en ce point simullanéité autant que succession. [l me parait bien plus naturel d'appliquer le terme de commencement à ce qui suit immédiatement, c'est-à-dire au récit du ministère de Jean-Baptiste, qu’au livre entier. Comment les lecteurs auraient-ils pensé à la continuation de l’œuvre de Jésus par les apôtres! C'est ce que confirment les deux prophéties qui sont immédiatement après alléguées par Marc et qui toutes deux se rapportent au ministère de Jean-Baptiste, et nullement à celui de Jésus. Elles signalent l’apparition du précurseur comme un fait perçu à l’avance par l'œil prophétique, par conséquent comme divinement ordonné et souverainement important. De ces deux prophéties Jean s'était publiquement appliqué lui-même l’une (Jean 1, 25; comp. Matth. IL, 3); l’autre lui avait été, non moins publiquement, appliquée par Jésus-Christ (Matth. XF, 10; Luc VIF, 27). On comprend donc facilement qu’elles aient été réunies dés le commencement pour faire partie, selon l'expression de Weizsæcker (Unters., p. 24, note), « du procédé de démonstration messianique (messianisches Beweisverfahren)» usité dans la prédication apostolique. On les citait sans doute ensemble, puisque, comme l’a bien montré Alostermann, la voix qui crie dans le désert (v. 3) n’est autre que le messager divin lui-même annoncé au v. 2, et Marc les a réunies, comme si elles n’en formaient qu’une seule,

soit par mégarde, soit qu’il jugeât inutile de nommer spécialement le moins connu des deux prophètes !. Cette cita: tion prophétique est la seule qui se trouve dans l'évangile de Marc (celle d’Esaïe LIT dans le passage XV, 98 est inauthentique), circonstance qui ne provient pas seulement de ce que cet évangile était destiné à des paiens, étrangers aux Ecritures, mais peut-être tout autant de ce que dans le sentiment de l’auteur Jésus n'avait pas besoin d'autre signalement que sa propre personne. Pour que Jésus soit reconnu comme ce qu'il est, il suffit qu'il soit montré. Cette pensée est à elle seule tout l'écrit de Marc.

L’avènement de Jésus au sein de son peuple s’est accompli par trois faits qui forment le contenu de cette première partie. 1° Le ministère de Jean-Baptiste qui, en appelant le peuple à la repentance et au baptême d’eau, s’eflorce d’éveiller chez lui le besoin d’un salut spirituel, tel que celui que Jésus va lui apporter (v. 4 à 8) ; 2° Le baplême de Jésus qui, par les signes extraordinaires qui l’accompagnent, sert à signaler Jésus à Jean et, par le témoignage de Jean, à tout le peuple, comme le Messie (v. 9 à 11); 30 La lentalion, racontée par Marc sous une forme très abrégée, mais en ajoulant cependant aux récits des deux autres synopliques un trait particulier, le respect des animaux du désert pour la personne sacrée de Jésus (v. 12 et 13).

1 Le vrai texte est certainement : « dans Esaïe le prophète, » et non «dans les prophètes. »

te LE MINISTÈRE GALILÉEN (1, 44-IX, 50).

Marc commet ici la même inexactitude que Matthieu, en faisant de l’emprisonnement de Jean-Baptiste la raison du retour de Jésus en Galilée et du commencement de son activité publique. Il signale d’un mot le contenu essentiel de la prédication initiale de Jésus; c'était une simple continuation et confirmation de la prédication de Jean (v. 15); puis il montre Jésus commençant sa propre œuvre en appelant quelques disciples, destinés à l’accompagner habituellement et à former le noyau du peuple particulier qui devait dès ce moment se grouper autour de sa personne (v. 16-20). L’exposé suivant du ministère galiléen se présente chez Marc sous la forme d’une succession de courses d’évangélisation, qui ont chaque fois pour point de départ et de retour la ville de Capernaüm.

A. Premier séjour à Capernaüm (1, 21-38).

Ce moment correspond à Matth. IV, 12 et suiv., où Jésus quitte Nazareth pour venir fixer son domicile à Capernaüm. Au jour du sabbat a lieu une scène importante, omise dans Matthieu, la première prédication dans la synagogue et la guérison d’un démoniaque, qui produit

une sensation immense. Suit la guérison de la belle-mère

de Pierre dans la maison de celui-ci et le tableau des nombreuses guérisons opérées le soir même après la clôture du sabbat. Le lendemain matin, retraite de Jésus dans la solitude; Pierre et les disciples le cherchent et le rappellent auprès de la foule déjà assemblée. Jésus leur

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déclare son intention d’évangéliser aussi la contrée d’alentour. Ces détails simples et précis proviennent certainement d’un témoin de ces premiers jours, par lesquels s’est

- ouvert le ministère de Jésus.

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B. Première excursion el premier relour à Capernaüm

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