‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 65 sur 110 · LE PRÉAMBULE · texte numérisé non relu

LE PRÉAMBULE

En commençant par une explication sur la composition de son écrit, Luc se conforme à lusage des grands historiens grecs. Hérodote ouvrait son histoire en indiquant son nom, son origine et le dessein qu’il avait formé de conserver le souvenir des exploits accomplis dans les guerres entre son peuple et les barbares. Thucydide disait comment, en prévision des graves conséquences de la guerre allumée entre les deux plus puissantes tribus hellènes, il avait jugé utile, dès le commencement de cette lutte, d’en rechercher les premières causes. Polybe expliquait son

dessein de retracer l’accroissement extraordinaire de la puissance romaine par le désir qu'éprouve tout homme cultivé de se rendre compte des choses passées. Quant à Luc, ce qui le préoccupe, c’est la grandeur de son sujet ; au moment d'aborder ce récit, 1l sent le besoin de se jusufier de sa hardiesse par l’exemple de plusieurs devanciers qui ont déjà tenté de le traiter; puis il expose le soin tout particulier qu'il a mis à recueillir, sur l’histoire qu’il va raconter, les informations les plus complètes et les plus exactes ; enfin il indique le nom de l’homme haut placé auquel il destine son ouvrage.

Cet avant-propos frappe par les caractères classiques que l’on y reconnaît sans peine. Son existence même est, comme nous venons de le voir, conforme aux usages grecs ; de plus, 1l renferme plusieurs termes propres au grec classique qui ne se retrouvent nulle part ailleurs dans le N. T. Enfin nous rencontrons, dans ce morceau d’un genre exceptionnel, la belle construction syntactique: grecque, remplaçant la simple juxtaposition des membres. de phrase, familière au style hébraïque. Le préambule de Luc se compose d’une période bien articulée, comprenant une proposition dépendante, liée à la principale par la conjonction puisque (ëradnreo), proposition de laquelle en dépend une seconde, liée à l’autre par la conjonction selon que (xatws) ; enfin suit une seconde subordonnée, dépendant de la principale par afin que (iva). Je ne pense pas qu’une pareille construction se retrouve nulle part dans le ACT

Ce qui rend plus frappant encore le caractère classique de ce préambule, c’est son contraste absolu avec le style du morceau suivant où nous nous trouvons, sans transition aucune, en face des expressions et des tournures du style hébraïque le plus caractérisé.

Nous ignorons quels sont les nombreux écrits évangéliques dont parle Luce, qui avaient précédé le sien ; mais lui-même nous fait entrevoir quelque chose de leur nature par le terme avarééactor dinynow, arranger un récil, qu'il emploie en parlant de ces travaux ; ce terme paraît en effet désigner un arrangement de matériaux préexistants, plutôt qu’une composition originale. Schleiermacher a cependant été trop loin en concluant de cette expression que ces ouvrages n'étaient que des recueils de petits récits anecdotiques et en cherchant à retrouver dans notre évangile les traces du même mode de composition. L'expression de Luc dit simplement que ses devanciers s'étaient efforcés de composer un récit suivi (duynouc) des faits multiples renfermés dans la vie du Seigneur. Quant à la valeur que Luc attribuait à ces écrits, elle ressort du mot éreyetonoav, ils ont entrepris, terme dans lequel il ne faut pas voir, comme Origène et Eusèbe, un blâme, puisque Luc lui-même se couvre de l'exemple de leurs auteurs, mais qui dit pourtant que ces travaux ont été des essais, des tentatives plus ou moins heureuses, plutôt que des œuvres complètement satisfaisantes.

Luc a-t-il puisé dans ces écrits? Il ne dit rien qui le fasse supposer. Cependant, il serait difficile de croire qu'il n'en alt pas tiré paru quand l’occasion s’en est présentée. La question la plus intéressante pour nous, sur ce point, serait de savoir si l’un de nos deux premiers évangiles ou tous deux se trouvaient parmi ces écrits. Il me parait que, quant à Matthieu, généralement tenu pour écrit apostolique, l’opposition établie par le v. 2, entre leurs auteurs et les {émoins oculaires des faits qui y sont racontés, tranche la question dans le sens négatif. Il n’en est pas de même à l'égard de Marc; mais si l’on réfléchit au Jugement peu favorable impliqué dans les termes

de Luc sur la valeur de ces écrits, on peut difficilement supposer qu'il eût parlé ainsi d’un ouvrage qui passait pour procéder plus ou moins directement de l’apôtre Pierre. Quant aux Logia de Matthieu, si cet écrit était ce que nous avons supposé en traitant de l’évangile de Matthieu : une simple collection de discours, dénuée de narration historique, il ne rentrerait pas dans la catégorie des ouvrages dont parle Luc.

Il ne peut pas non plus être question ici de lévangile des Hébreux ou de celui de Marcion; car tous deux sont postérieurs à nos synoptiques, le premier à Matthieu (voir p. 312-516), le second à Luc (voir la suite). Les écrits dont parle Luc étaient, comme dit Hase, semblables aux plantes fossiles qui ont fait place à la végétation de l’ère actuelle, où mieux, à ces feuilles radicales de la plante,

qui se dessèchent bien vite pour être remplacées par le

feuillage permanent qui s'étage autour de la tige.

Les faits qui seront l’objet de la narration sont désignés par Luc comme +4 memAnoovoonuéva ëv nuiv rodyuata, les événements qui ont été consommés parmi nous. Il veut évidemment parler avant tout des grands faits du salut accomplis en Jésus par sa vie, sa mort et sa résurrection. Plusieurs, en particulier Zahn, veulent en outre comprendre dans cette expression le contenu du livre des Actes. Mais d’abord, l’histoire renfermée dans ce second

écrit ne faisait que commencer et ne pouvait être appelée

un événement pleinement accomph, et, de plus, l’histoire de l’église primitive n’a jamais fait l’objet d’une tradition apostolique, comme celle dont parle le v. 2. Il s’agit donc uniquement ici de l’œuvre de Jésus pour le salut du monde, œuvre consommée une fois pour toutes et qui n’a plus besoin que d’être annoncée. Par conséquent, ce prologue est celui de l’évangile seulement, non des Actes.

Tout au plus pourrait-on renfermer de plus dans l'expression de Luc la fondation de l'Eglise à la Pentecôte qui, elle aussi, a eu lieu une fois pour toutes.

Le mot zAnpooopeiv désigne proprement l'acte de remplir un vase jusqu'au bord; de là, accomplir pleinement une tâche (2 Tim. IV, 5 et 17); comp. aussi Le mot zAnooùy Act. XII, 25 et XIX, 21. Plusieurs interprètes, partant de certains passages comme Rom. [V, 21, où ce mot est appliqué, dans le sens moral, à une plénitude de conviction, de foi, ont expliqué ici ce mot dans ce sens : « Les choses dont la conviction est pleinement établie parmi nous » («eine Erzählung von den bei uns beglaubigten Begebenheiten, » comme dit Weszsaecker dans sa traduction du N.T.), Ce sens est certainement inadmissible, car la notion de foi ne peut s'attacher au mot rhnpovooeiv que quand ce verbe a un sujet personnel. Lorsque, comme ici, il s'applique à une chose (rpxyuara),le premier sens seul est possible. Nôsgen a essayé de tourner la difficulté en donnant à ce verbe le sens de confirmer, établir fermement, mais le N. T. a pour cela le terme de fBeBœoüy, et l’on ne peut justifier logiquement ce sens qui flotte entre les deux seuls possibles.

Le nous, dans les év auiv des v. 4 et 2, a à peu près le même sens dans les deux cas; il désigne en général le cercle des croyants dans son ensemble; seulement, au v. 1, ce cercle est représenté uniquement par ceux qui ont entouré de plus près Jésus-Christ et qui ont été les témoins immédiats de sa vie, de sa mort et de sa résurrection — cette expression rappelle celle de Jean XX, 30: «les miracles que Jésus a faits en présence de ses disciples » —et, au v. 2, par ceux qui ont reçu le témoignage des premiers. Ces deux cercles étaient si étroitement unis dans la pensée de Luc, qu’ils n’en formaient qu'un seul à ses yeux. |

Le xaûws, selon que ou conformément à ce que, renferme un hommage à la fidélité des devanciers de Luce, qui ont, les premiers, mis par écrit l’histoire évangélique ; ils l’ont racontée telle qu’ils l'avaient reçue des témoins oculaires et premiers prédicateurs. Il me paraît évident que le terme de transmeltre, rapadiJôvu, opposé, comme il l’est ici, à l’acte de mettre par écrit, ne peut, quoi qu’en disent Weiss et Holizmann, s'appliquer qu’à une transmission orale.

Le lien logique indiqué par le éradnrso est celui-ci : Puisque, comme chacun peut s’en convaincre (xep), ces premiers rédacteurs ont entrepris une telle œuvre, et qu’ils n’en ont pas été blâmés, il m'a paru que je pouvais, sans témérité, renouveler cette tentative, et cela d’autant plus, ajoute Luc, qu’il m’a été possible de m’entourer de ressources plus complètes que celles dont mes devanciers avaient disposé. Le mot raozxodouleiv, accompagner, suivre, est employé dans le grec classique pour désigner l'étude attentive d’une affaire dans tout son cours; ainsi, dans le De corond (53) de Démosthène: raoaxokoubnxôta rois Rod-/aow ar 'apyñs (ayant suivi ces affaires dès le commencement). Luc met ici le participe au datif plutôt qu’à Paccusalif, parce qu'il veut non pas seulement indiquer Pacte, mais se qualifier lui-même comme devenu apte à ce travail.

Les renseignements qu'il a recueillis personnellement ont porté principalement sur quatre points à l’égard desqueis les ouvrages précédents ne l’avaient pas satisfait. En premier lieu, ils ne remontaient pas assez haut. Nous pouvons constater, par l’évangile de Marc, qui rend certainement la tradition orale primitive sous sa forme la plus simple, que cette narration prenait pour point de départ le ministère de Jean-Baptiste. Luc a désiré la com-

pléter en remontant jusqu’à l’origine des choses, jusqu'aux premiers faits par lesquels le grand drame avait commencé, et 1l a réussi par ses informations à se renseigner non seulement sur la naissance de Jésus, mais même à remonter jusqu’à celle de Jean-Baptiste, qui a été comme la réouverture de la communication vivante entre le ciel et la terre, après l'interruption de la prophétie depuis Malachie. Cest à ce premier trait de supériorité du récit de Luc que se rapporte le ävobey, de tout en haut. — En second lieu, Luc avait été frappé de certaines lacunes dans les documents antérieurs ; les renseignements qu’il avait pris l'avaient amené à la connaissance d’un grand nombre de faits et de paroles de Jésus, non encore consignés, paraît-il, et aussi à la constalation de lacunes importantes, dans ces écrits antérieurs au sien. Or, 1l croyait avoir réussi à obtenir la connaissance de la totalité de cette histoire (räow, loutes les choses). Et, de fait, nous pouvons constater que, si le récit de Luc nous manquait, nous serions privés de la connaissance de près d’un tiers de l’histoire de Jésus, telle que la racontent nos synoptiques. Sur les 172 sections dans lesquelles peut se diviser la matière de nos trois évangiles, il en est jusqu’à 48 qui sont la propriété particulière de Luc!.— En troisième lieu, Luc a visé à l'exactitude (xxp:O&x<), soit quant à la teneur précise des paroles de Jésus, soit quant à l’occasion qui y avait donné lieu et à la situation dans laquelle elles avaient été prononcées. C’est en effet à leur à-propos qu’elles doivent, chez Luc, une partie de leur charme, et les exemples sont nombreux dans lesquels nous devons à Luc de pouvoir apprécier, non seulement la vérité, mais la grâce des entretiens de Jésus. — Enfin, quant aux faits, 1l

1 M. Sabatier compte, sur les 4310 versets qui renferment toute la matière synoptique, 541 verseis propres à Luc.

s’est efforcé de les raconter dans leur ordre véritable (xale%c) en les replaçant, autant qu’il lui a été possible, dans leur succession naturelle. C'est ce que l'on remarque surtout dans la partie qui lui est entièrement propre, où il comble la lacune entre le ministère galiléen et le séjour à Jérusalem, et se rapproche par là de Jean.

Luc destine son ouvrage à un personnage déterminé, nommé Théophile. Ge nom, d’origine grecque, était cependant assez répandu chez les Juifs, de sorte qu’à lui seul il ne pourrait rien prouver quant à l’origine de celui qui le portait. Mais le livre entier étant évidemment destiné à des lecteurs d’origine paienne, nous pouvons en conclure que Théophile était aussi de ce nombre. Epiphane, vu le sens du nom @ecœuoc fami de Dieu), a vu en lui un représentant fictif de la commuñauté chrétienne en général, et Renan pense que ce nom peut n'être qu'une fiction ou bien encore un pseudonyme désignant quelqu'un des adeptes puissants de l’église de Rome (Les Evangiles, p. 256). Cette seconde opinion est absolument arbitraire; la première est incompatible avec le titre de xpdriotos, (rès puissant, très excellent, que Luc donne à Théophile et qui ne peut convenir qu'à un personnage réel. Îl est appliqué, dans les Actes, à deux gouverneurs de Judée, Félix et Festus (XXII, 26; XXIV, 5 ; XXVI, 25) ; 1l l’est également, dans le prologue de Josèphe, à Epaphrodite, procurateur sous Trajan, et, dans l'épitre à Diognète, à Diognète lui-même. Nous ne savons quelle haute magistrature Théophile avait exercée. Nôsgen croit pouvoir conclure de certains indices qu’il était trésorier royal dans les provinces du royaume d’Agrippa IL. Les preuves qu’il avance ne paraissent pas concluantes. Grotèus dit : « Pour moi, je pense qu’il avait rempli une magistrature dans quelqu’une des villes d’Achaïe; » mais ce nom de province paraît bien

arbitrairement choisi, et ce qui l’est plus encore, c’est ce

qu’ajoute ce savant : « Et qu'il avait été baptisé par Luc. » Weiss ne pense pas qu’on doive attacher à ce litre une importance considérable, par la raison qu’il n’est pas répété en tête du livre des Actes ; mais dans une relation un peu intime entre un supérieur et son inférieur, il suffit que celui-ci ait, en commençant, reconnu la position par l’emploi du titre officiel, pour qu’il ne soit pas nécessaire de le répéter plus tard. Nous avons vu plus haut (p. 449) que Théophile était probablement un des citoyens les plus riches et les plus considérés d’Antioche, la capitale de la Syrie. Il occupait sans doute une place dans la baute administration romaine de cette province. Hug, Ewald et d’autres pensent qu’il devait habiter Rome par la raison que, dans le dernier chapitre du livre des Actes, sont nommées, comme parfaitement connues, plusieurs localités italiennes (Rhège, Pouzzoles, le Marché d’Appius, les Trois-Tavernes). Mais cette preuve est insuffisante, puisqu'un riche citoyen syrien, comme Théophile, n'avait guêre pu manquer de visiter Rome et Pitalie; peut-être même était-il accompagné de Luc, car la fin des Actes renferme bien des détails sous lesquels paraissent se cacher des souvenirs communs (XXVIIL, 11).

Le but que s’est proposé Luc en écrivant le récit du ministère de Jésus est indiqué par lui à la fin du prologue. Tout dépend ici de ce qu'il faut entendre par Îles enseignements que Théophile avait déjà reçus, et dont Luc désire lui faire sentir l’inébranlable solidité. S'agit-il des faits historiques de la vie de Jésus, dont Théophile n'aurait reçu qu'une connaissance imparfaite et fragmentaire et à l’égard desquels, surtout en raison de leur caractère surnaturel, il pouvait s'élever bien des doutes dans son esprit? Dans ce cas, Luc voudrait dire que par un récit

suivi et plus complet, reposant sur des informations précises et faisant ressortir l’enchainement historique des choses, la réalité de toute cette histoire apparaîtra plus clairement à ses yeux et prendra pour lui le caractère de la certitude !. Ou bien le contenu de ces enseignements était-il ‘plutôt de nature religieuse, se rapportant aux questions de la foi et du salut? Dans ce cas, il s'agissait, pour Luc, de raconter à Théophile les discours et les enseignements de Jésus, de manière à lui donner l’assurance que la doctrine paulinienne, telle qu’il lavait entendue exposer à Antioche, n’était pas une innovation due au génie de Paul, mais que cet apôtre n'avait fait autre chose que de dégager de l’ensemble du rhinistère de Jésus la pensée authentique du Maitre sur l’universalité et la gratuité du salut, ces deux points essentiels de la doctrine de Paul.

Je n'ose me prononcer entre ces deux interprétations qui, du reste, ne sont point opposées, mais rentrent aisément l’une dans l’autre. Si Nôsgen a conclu des dermiers mots du prologue que Théophile avait été fortement ébranlé dans sa foi par les fausses doctrines qui agitaient l'église de Syrie, c’est-à-dire surtout l’hérésie judéo-chrétienne, c’est sans doute aller trop loin ; il suffit de penser à une foi non encore complètement éclairée, qui avait besoin d’être affermie par un exposé plus complet et plus sérieusement garanti de l’histoire et des enseignements du Seigneur.

1 Dans leur Voyage en Tartarie {t. I, p. 138), les missionnaires catholiques Huc et Gabet racontent « qu’ils avaient adopté auprès des prêtres bouddhistes, au milieu desquels ils séjournaient, un mode d'enseignement tout à fait historique. Des noms propres, des dates précises, leur faisaient plus d'impression que les raisonnements les plus logiques. L’enchainement qu’ils remarquaient dans l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament était pour eux une démonstration. »

Lors même que l'écrit de Luc était destiné, en premier lieu, à un personnage particulier, il ne faudrait pas croire qu’il ne l’eût composé qu’en vue de lui seul. L'orientation historique tout à fait générale, donnée III, 1 et 2, en tête du récit, le nous, dans les v. À et 2 du prologue, qui compreud tous les croyants en général, enfin la tenue du livre entier prouvent que Luc avait en vue, en écrivant, pour le moins tout le public chrétien. La dédicace renfermée dans le prologue était, en réalité, plus qu’un simple hommage à Théophile. Avant la découverte de l’imprimerie, la publication d’un livre était une affaire plus considérable qu'aujourd'hui et fort coûteuse. Les auteurs avaient coutume de dédier leur écrit à quelque riche personnage qui, s’il acceptait cette offrande, était tenu, comme patronus libri, en quelque sorte parrain du livre, de frayer à ce nouveau venu le chemin de la publicité. Pour cela, il procurait d’abord à l’auteur l’occasion de faire lecture de son écrit devant une assemblée de personnes choisies qui s’engageaient par là à en favoriser la diffusion; après quoi ce protecteur attitré faisait confectionner les premières copies qui étaient mises en vente. Voilà sans doute quels services Théophile devait rendre à l’ouvrage de Luc; 1l devait en être l’introducteur auprès du monde grec, chrétien ou même aussi non chrétien.

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