‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 118 sur 144 · LA QUESTION DE PRIORITÉ · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE PRIORITÉ

pre main, à moi, Paul. » Cette différence s'explique au contraire tout naturellement si lune de ces lettres était adressée directement par Paul à une église particulière, tandis que les exemplaires de l’autre devaient être copiés, et cela peut-être à distance de l’auteur. Enfin il n’est pas aisé de comprendre comment un écrit composé à l’une des époques postérieures supposées ne ferait aucune allusion aux souffrances des chrétiens et au drame sanglant des persécutions impériales inauguré par Néron.

Le résultat de toutes ces considérations ne nous paraît ! pas douteux. Les raisons en faveur de lauthenticité, maloré les quelques difficultés que nous avons reconnues, sont à nos yeux non seulement prépondérantes, mais décisives.

La question de priorité.

Ilne nous reste plus qu'à examiner brièvement une question qui, en comparaison de celle que nous venons d'étudier, paraît de bien peu d'importance : celle de la priorilé de l’une ou de l’autre des deux épitres expédiées à ce moment de la vie de lapôtre par le même messager. Je ne puis croire avec Æichhorn, Credner, Hug, Anger, Mayerhoff, Reuss, Hofmann, etc., que l’épitre aux Éphésiens ait été écrite la première. Il est plus naturel de penser, avec Néander, Harless, Olshausen, Meyer, Schenkel, Sabatier, etc., que des deux lettres complémentaires l’une de l’autre, celle qui a été provoquée par une demande po: | silive et par un besoin déterminé, a précédé, et que lau- | tre, non pas plus générale, comme on le dit souvent à tort, mais consacrée à un sujet en rapport étroit avec celui de la première, a élé due à la préoccupation plus

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étendue qu'avait évoquée la composition de celle-ci. Il me parait qu’en dehors de celte raison décisive, celles que l’on à données en faveur de l’une ou de l’autre manière de voir sont bien insoutenables. Les défenseurs de la priorité de la lettre aux Colossiens ne cessent d’alléguer le za dust, vous aussi, d'Éph. VI, 21 (comme si Paul voulait dire : vous, aussi bien que les Colossiens auxquels je viens d’adresser une lettre); tandis que les partisans de l'opinion contraire allèguent Col. IV,16, en ce sens que la commission donnée aux Colossiens de faire venir de Laodicée lPépitre arrivée à cette église (celle aux Éphésiens), prouve que celle-ci existait déjà. Ces deux raisons me paraissent aussi peu solides l’une que lautre. La première tombe par le fait que l’allusion supposée à l’épitre aux Colossiens est impossible, puisque les lecteurs ne pouvaient se douter sans explication de lexistence de cette lettre. Ce zut dueic, vous aussi, devait, au contraire, être parfaite-

ment compréhensible pour eux, dès qu'ils connaissaient

la destination à un plus grand cercle d'églises de la lettre qu'ils avaient sous les yeux. La raison opposée, tirée de Col. IV, 16, n’a pas plus de valeur; car lapôtre pouvait parfaitement parler à l'avance de cette lettre circulaire qu'il élait sur le point d'écrire, ou bien il peut avoir ajouté cette commission dans la lettre aux Colossiens après que celle-ci était déjà rédigée. — Quant aux moufs tirés des passages parallèles pour l’une ou l’autre opinion, je me contente d’ajouter ce mot de Weiss : «Ils sont dénués de toute valeur, dès qu'on attribue les deux lettres au même auteur. »

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Conclusions.

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