‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 120 sur 144 · A SE · texte numérisé non relu

A SE

ea te ÉPRE REA ME Ve Ces trois épitres sont comme le déploiement sous tot ses faces de la it se renfermée dans ce mot de Jés

ÉPITRE AUX PHILIPPIENS"

La fondation de l’église.

La ville de Philippes devait son nom à Philippe, roi de

. Macédoine, le père d’Alexandre-le-Grand, qui l'avait rebâ-

tie pour servir de forteresse frontière entre son royaume et la Thrace. Elle se nommait précédemment Crénides, «les sources, » à cause des ruisseaux nombreux qui arrosent la plaine haute où elle est située, et spécialement du cours d’eau principal, nommé Gangitès, qui va se Jeter dans le

1 Commentaires spéciaux :

Rheinwald, 1827. — Matthies, 1835. — Hôlemann, 1839. — Rilhet, 1841. — Jatho. 1857. — Weiss, 1859. — Bisping, 1866. — Schnedermann, dans le Kurzgef. Comm., 1888. — Lightfoot, 1868 ; 6me éd., 1881. — Eadie, 1884. — Ellicot, 1888. — Moule, 1889. — Lipsius, dans le Hand-Commentar, 1894.

Travaux particuliers :

Lünemann, Pauli ad Phil. Ep., 1847. — KErnesti, dans Stud. u. Krit., 848. — Grimm, Litter.-Blatt. de l'Allg. K. Zeit., 1850, 1851. — Resch, de l’Auth. de l’Ép. aux Phil., 1850. — Schenkel, dans Bib.-Lexik., 1872. — Hilgenfeld, Zeitsch. für wiss. Theol.. 1871, 1873, 1875 et 1877. — P. Schmidt, Neutest. Hyperkritik, 1880. — Holsten, dans Jahrb. f. prot. Theol., 1885 et 1886. — Weïiffenbach, Zur Ausleg. von Phil. IT, 5-11, 1884. — Zahn, Zeitschr. f. khirchl. theolog. Wiss., 1885.

588 ÉPITRE AUX PHILIPPIENS.

Strymon, à une lieue plus à l’ouest. Elle avait pour port Datos ou Néapolis, située à trois lieues au sud, sur la mer Égée. C'était dans la plaine de Philippes que s'était décidé, peu de temps auparavant, le sort du monde, par la victoire d'Octave et d'Antoine sur les derniers défenseurs de la république, Brutus et Cassius. Après la défaite d’Antoine qui suivit bientôt, Octave assigna la ville de Philippes, comme résidence, au reste des soldats de son rival vaincu. Philippes devint ainsi une colonie romaine avec droit de cité italienne. Elle était administrée, comme toutes les colonies de ce genre, par des magistrats nommés Duumvirs. [l sv trouvait un certain nombre de Juifs, mais non, paraît-il, en nombre suffisant pour posséder une synagogue proprement dite, de sorte qu’ils se rassemblaient le jour du sabbat au bord de la rivière pour y faire leurs ablutions et leurs prières.

En automne de l’an 52, Paul, dans son second vovage, élait arrivé avec Silas et Timothée à Troas, sur la rive asiatique de la mer Égée, à la suite d’un arrêt mystérieux qui les avait empêchés d’exercer leur mission en Asie- Mineure. Paul fut üré de la perplexité dans laquelle cette dispensation l'avait plongé, lui et ses compagnons de voyage, par la vision que l’on sait; et aussitôt, avec Silas, Timothée et l’auteur du récit des Actes, Luc, sans doute une ancienne connaissance datant du séjour à Antioche, 1} par- Ut pour la Macédoine, franchissant l'intervalle qui sépare PAsie de l’Europe. Le récit de la fondation de l'église de Philippes est connu; voir Act. XVI. [ei, comme ailleurs, ce fut par la synagogue ou ce qui en tenait heu, qu'il pénétra dans la place. La première personne baptisée fut une prosélyte venue d’Asie-Mineure, dont la maison devint la demeure des missionnaires. 1l serait superflu d'entrer dans le détail des scènes qui suivirent. Quand Paul, après

avoir tiré parti de sa qualité de citoyen romain, quitta Philippes, il put prendre congé d’un groupe de frères en Christ qu’il laissait sous la direction de Luc, comme le noyau d’une église vivante (v. 40). Cela se passait vers la fin de Pan 52. Il ne revit point celte jeune église jusqu’à la fin de son séjour à Éphèse; il se rendit alors en Achaïe, d’abord, puis en Macédoine; c'était le moment le plus critique du conflit qui s'était élevé entre lui et léelise de Corinthe (en 57). Revenu à Éphèse, il en repartit, après le tumulte excité par Démétrius, pour la Macédoine (2 Cor. IT, 12.13). Il s’occupait alors particulièrement de la collecte projetée pour les pauvres de Jérusalem; il trouva les chrétiens de Philippes, de Thessalonique et des autres villes de Macédoine prêts non seulement à donner leurs biens, mais aussi à se donner eux-mêmes (2 Cor. VIT, 1-5) pour l’œuvre du Seigneur; c'était en 98. Enfin au printemps de l’année suivante, en se rendant à Jérusalem pour accompagner ceux qui y portaient la somme collectée, 1l passa la semaine de Pâques à Philippes. Durant les mtervalles plus ou moins longs qui séparèrent ces quatre séjours, les relations de l’apôtre avec l’église ne paraissent pas avoir jamais complétement cessé. Les Philippiens avaient à cœur de le soulager dans sa vie si laborieuse; ils le soutenaient de temps en temps par des envois d’argent, et Paul, qui connaissait leurs sentiments élevés, ne craignait pas d'accepter d'eux un service qu’il aurait refusé de la part d’autres églises; c'était naturellement à chaque fois l’occasion pour lui de leur envoyer des remerciements auxquels se joignaient les autres communications qu'il pouvait avoir à leur faire.

Telles étaient les relations qui existaient entre Paul et celte église, bien-aimée entre toutes, qu'il appelle (Phil. IV, 1) «sa joie et sa couronne. »

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