‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 121 sur 144 · RATE ARTE · texte numérisé non relu

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4 4 L] Pal

590 “ÉPITRE AUX PHILIPPIENS.

Contenu de l'épitre.

Gette lettre, que l’on a appelée « la plus épistolaire entre les épitres, » ne traite pas un sujet particulier. Son objet proprement dit est un remerciement auquel l’apôtre joint, comme le ferait un pêre qui écrirait à sa famille pour la remercier d’une marque d'affection, des nouvelles et des exhortations. Ces deux derniers éléments alternent dans le cours de l’épitre; le remerciement la termine. Quand on écrit à l’occasion d’une circonstance particulière, on peut traiter de cette circonstance soil en commençant, soit en finissant. Il est facile de comprendre que, comme il s'agissait ici d’une affaire d'argent, Paul ait préféré ne pas commencer par là. Comme d'ordinaire, cette lettre comprend trois parles :

1° Le préambule, renfermant adresse, action de grâces

et prière d’intercession (1, 1-11);

20 Le corps de la lettre (v. 12-IV,9), comprenant des nouvelles entremêlées d’exhortations;

90 La conclusion, consacrée à des communications particulières (v. 10-23).

On voit qu’à certains égards et par son contenu très personnel, cette lettre se rapproche du billet envoyé à Philémon ; mais, comme celui-ci, elle n’en présente pas moins le même arrangement logique que toutes les autres épitres.

LE PRÉAMBULE Gi, 1-17).

L'adresse renferme quelques particularités intéressantes. À son nom lapôtre associe ici celui de Timothée. Iltient à

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lui donner cette place d'honneur, car il n’oublie pas qu'il avait été son collaborateur dans la fondation des églises de Macédoine. C’est aimsi qu'il agit également dans lPadresse des deux épitres aux Corinthiens envers lui et Silas. Les procédés de l’apôtre envers ses compagnons d'œuvre sont toujours empreints de la plus parfaite courtoisie. Cette manière de faire ne lempêchera pas de parler plus loin de Timothée à la 3° personne et de lui-même à la 1re, comme s’il n’éerivait qu’en son propre nom. — Il ne prend pas dans l'adresse le titre d’apôtre, mais seulement celui plus général de servileur de Jésus-Christ; c’est encore un procédé délicat, dont le but est de pouvoir se réunir avec son jeune compagnon d'œuvre sous un tre commun. — Le terme de éaints en Jésus, par lequel il désigne les membres de l’église, indique leur consécration à Dieu par la foi en Gelui qui a formé le lien entre l'église et ces deux hommes. |

Enfin dans l'adresse sont mentionnés pour la première fois, comme personnages spéciaux, deux ordres de fonctionnaires : les évêques, que nous croyons pouvoir identifier avec les presbytres, d’après Act. XX, 17 et 28. Cest l'office le plus élevé, celui qui était chargé de tous les soins de ladmimistration temporelle et spirituelle de la communauté (comp. 1 Cor. XII, 28, xubeovnoer), mais non point encore officiellement du ministère d'enseignement, car les dons, et parmi eux celui d'enseignement, s’'exerçaient encore à cette époque avec une entière liberté (comp. Rom. XII, 7). Puis les diacres, appelés à secourir au nom de léglise les personnes qui sont dans la détresse, les veuves et les orphelins, les malades, les frères en passage, etc.; comp. 1 Cor. XIF, 28 (avriibex). Il est assez naturel que ce soit dans cette église, la plus ancienne d'Europe,

qu’apparaissent pour la première fois réunis et constitués

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592 ÉPITRE AUX PHILIPPIENS.

ces deux éléments essentiels de l’organisation ecclésiastique. Mais peut-être l’apôtre avait-il une raison plus particulière de les mentionner ici, si c’étaient eux qui avaient provoqué la démarche dont il remercie l’église en terminant.

L'action de grâces exprime avec vivacité la satisfaction que fait éprouver à l’apôtre l'intérêt actif témoigné par les Philippiens, dès le moment de leur conversion jusqu’à cette heure, pour la cause de la prédication évangélique. Paul espère que l'œuvre de Dieu commencée en eux ira se perfectionnant jusqu’au jour de Christ. Il ne saurait penser autrement à leur égard; cette bonne espérance lui est imposée par l'affection dont il est rempli envers des êtres qui n’ont cessé de sympathiser à ses souffrances et à ses travaux pour la cause du Seigneur. Aussi demande-t-1} constamment à Dieu que leur amour se déploie en dons de connaissance chrétienne, en tact spirituel, en pureté, en édification mutuelle, en fruits de justice, à la louange de Dieu (v. 9-11).

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