‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 127 sur 144 · Enfin, l’épitre aux Philippiens à une importance ca · texte numérisé non relu

Enfin, l’épitre aux Philippiens à une importance ca

me Ü “ 4

RE Le PE : PAYS OR AE EN re AVE RE CR AUX OR SR |

621 EPITRE AUX PHILIPPIENS.

pitale à un troisième point de vue, La conception christologique de l’apôtre. Le passage saillant I, 6 et suiv. n’a pas la prétention d'enseigner aux lecteurs une vérité nouvelle pour eux; au contraire — et c’est précisément ce qui en fait l'importance — il en appelle à ce qu’ils savent eux-mêmes, pour les presser d'en tirer dans leur vie les conséquences pratiques. On voit par là que ce Christ dont l’apôtre leur rappelle l’abaissement volontaire, était celui qu'il leur avait enseigné de vive voix, le même qu'il enseignait aux Corinthiens à peu près dans le même temps, comme il le leur rappelle 2 Cor. VII, 9 : « Fous connaissez la charité du Seigneur Jésus qui, étant riche (Phil. : en forme de Dieu), s’est fait pauvre (Phil. : s’est dépouillé lui-même — s’est abaissé jusqu’à la mort de la croix), afin que par sa pauvreté vous soyez rendus riches (Phil. : ne cherchant point son intérêt, mais celui des autres, \. 4). » Ce Christ, Paul lavait emporté avec lui en partant pour sa mission. Ge n'était point pour lui ou pour ses lecteurs une nouvelle découverte : il avait été dès le début l'âme de son travail missionnaire (Gal. 1, 16; IF, 20). Paul savait, par sa propre expérience, que le seul moyen de détrôner le moi dans le cœur naturel de lhonime, c’est de le mettre en face de ce Fils de Dieu, qui est descendu volontairement du trône divin au plus profond de notre abime, et qui nous en fait sortir avec lui en nous associant à sa résurrection par la foi et en nous élevant avec lui sur le trône par une ascension spirituelle, effet de la sienne. Cette conception christologique de Paul est d'autant plus frappante qu’elle est absolument celle de Jean. L’expression : (étant en forme de Dieu, » de Paul répond à celle de Jean : « Et la Parole était Dieu.» Le : QIl s’est dépouillé lui-même, ayant pris la forme de serviteur et s’étant fait semblable aux hommes, » de Paul, n’est autre

chose que le : « La Parole a été faite chair, » de Jean ; dans les mots suivants de Paul : «C’est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé,» nous retrouvons la pensée de celte prière de Jésus dans Jean : « Père, rends-moi la oloire que j'ai eue auprès de toi, avant que le monde füt fait. »

M. Sabatier prétend /L’apôtre Paul, p. 238), à loccasion de notre épitre, que la conception christologique de Jean est «une christologie construite au point de vue de Dieu » et que c’est pourquoi «le Christ de Jean ne parvient point à être pleinement et simplement homme, » tandis que « la christologie de Paul est construite au point de vue de l’homme » et que c’est là la raison pour Îaquelle «le Christ de Paul n'arrive pas à être simplement et purement Dieu. » L’anthithèse est bien tournée et propre à éblouir des lecteurs superficiels. Si, après avoir écarté l’ambiguité qu’introduisent les adverbes pleinement, purement, simplement, nous ramenons la pensée à son sens clair, elle revient à ceci : Le Christ-Dieu de Jean ne devient point réellement homme et le Christ-homme de Paul ne devient point réellement Dieu. Or, ainsi formulée, il est aisé d’en démontrer la fausseté.

Et d’abord, quoi qu’on pense de l’auteur du IVe évangile, on doit reconnaître que la tradition évangélique, dont ce livre est le dépositaire, procède de loin ou de près de l’apôtre Jean. Or, il serait bien étrange que la conception christologique d’un homme qui avait vécu pendant rois ans dans une relation personnelle si intime, dans la relation d'ami avec Jésus-Christ, fût construite au point de vue de Dieu, plutôt qu’à celui de l’homme; et, d’autre part, 1] ne serait pas moins étrange que la christologie de l’apôtre qui avait été étranger à la vie terrestre du Christ et qui n'avait appris à le connaître que dans son appari-

626 ÉPITRE AUX PHILIPPIENS.

ton foudroyante de Fils de Dieu, fût construite au point de vue de l'homme, plutôt qu’à celui de Dieu. Et, en effet, que disent les faits sur ce point? Être exténué de soif et de fatigue à la suite d’un jour de marche, pleurer en face de la tombe d’un ami, frissonner au contact de la perversité diabolique, avoir l'âme troublée à la perspective d’une mort cruelle, ne sont-ce pas les traits d'une vraie humanité? C’est Jean qui nous les a conservés. Participer originairement à l’état divin, être associé à l’acte créateur, choisir librement entre une apparition glorieuse ici-bas telle que celle d'un Dieu, ou une venue dans l'état d'un serviteur obéissant jusqu’à la mort; puis être élevé à la position de Seigneur des seigneurs, du Fils dans lequel habite la plénitude de la divinité, ne sont-ce pas là les traits de la. divinité? Cest Paul qui les constate en Jésus. On cherche après cela ce qui reste de l’antithèse de M. Sabatier. Il objectera sans doute la subordination du Christ à Dieu, qui ressort si constamment chez Paul. Assurément; mais tout autant chez Jean : Le terme de Parole chez lui ne l'implique pas moins que celui d'image, eixov, chez Paul. Cest Jean qui dit de la Parole qu'elle était auprès de Dieu; du Fils, qu'il était dans le sein du Père; qui fait par. ler Jésus de « la gloire que le Père lus a donnée avant que le monde füt fait» (f, 1-18; XVIF, 24), expressions qui toutes impliquent la notion de la subordination. Si le Christ de Paul n’est pas réellement Dieu parce qu'il est subordonné au Père, le Christ de Jean ne l’est pas davantage ; ou plutôt reconnaissons que chez tous deux la divinité du Fils est présentée comme une participation à la divinité du Père; c’est pourquoi le Fils, dans la conception de tous deux, a pu, en entrant volontairement dans l’état humain, renoncer à l’état divin, puis le recouvrer comme homme et le communiquer aux siens.

Le double témoignage parfaitement concordant des deux serviteurs ne peut reposer que sur celui du Maître, qui se connaissait seul complétement dans la communion du Père : « Nul ne connait le Fils que le Père. »

Se M Fe

D NC PR DE EP ET NE CO PR RCE a E 4

F. La et |

Les derniers jours et la mort de Paul.

Les questions relatives à la composition des épitres Pastorales sont étroitement liées à celles qui font le sujet de ce chapitre. Malheureusement, dès que nous sortons du

1 Commentaires particuliers:

Mosheim {4 et 2 Tim.),1755.— A -D. Michaëlis, Paraphr., 1769. — Wegscheider {4 Tim.), 1810. — Heydenreich, 1826. — Mack, 1836. — Léo, 1837 et 1850. — Matthies, 1840 — Wiesinger (Comm. d'Olsh.). 1850. — Ellicot, 4865. — Fairbairn, 4874. — Pfleiderer (dans Protestanten-Bibel), 1874. — Bahnsen (2 Tim.), 1876. — Beck {1 et 2 Tim.), 4879. — Kôlling (1 Tim.), 1882. — B. Weiss (dans Meyer, 5e éd.\, 1886. — Knoke, Praktisch. theol. Komm , 1889

Travaux spéciaux :

Schleiermacher, Der sogen. Br.des Paulos an den Timotheos, 1807. — Planck, Bemerk. üb. d. 100 paul. Br. an Tim., 1808. — Baur, Die sogen. Pastoralbr. des Ap. P., 1835. — Baumgarten, Die Echtheit der Pastoralbr., 1837. — Delitzsch. dans Zeitschr. f. luth. Th., 1851. — Saintes. Étud. critique sur les ép. pastor., 1852. — Mangold. Die Irrlehrer der Pastoralbr., 1856. — Otto, Die gesch. Verhältnisse der Pastoral-B'., 1860.—— Ruffet, S. Paul, sa double captivité à Rome, 1860. — Ginella, De authent. ep. P. pastor:, 1865. — Plitt. Die Pastoralbr., 1872. — Herzog, Ueber die Abfassungszeit der Pastoralbr., 1872. — Pierre Bordier, les Ép. Pastor.. 1872. — Gess, dans Christi Person u. Werk (Hb), 1879. — Holtzmann, Die Pastoralbriefe, kritisch und exegetisch behandelt, 1880. — Lemme, Das echte Ermahnungsschr. d. Ap. P. an Tim., 1882. — Eylau, Zur Chronol. der Pastoralbr., 1884. — Bertrand, Essai crit. sur l'authenticité des ép. Pastor., A887T. — Hesse, Die Entstehung der neutest. Hirtenbriefe, 1889. — El beaucoup d'autres.

Page 1