‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 130 sur 144 · PLATS RE OR AN · texte numérisé non relu

PLATS RE OR AN

1-15. Cette partie se termine par un coup d'œil (v. 14-16) sur la beauté et la grandeur du rôle de l'Église au milieu du monde. |

4. Ch. I. La loi et l'Évangile. — L'apôtre a remis à Timothée la tâche de lutter à Éphèse contre la propagation d'un enseignement futile et malfaisant qui fausse le rapport entre la loi et l'Évangile.

La première phrase est étrange, soit que lon prenne expression tva mapaxyyeins comme verbe principal, l’équivalent d’un impératif, ou, ce qui est le plus naturel, que l’on fasse dépendre le ivx, afin que, de rapexdhecs, je l'ai exhorlé, en admettant l’ellipse du verbe sous-entendu : Je t’exhorte maintenant de nouveau de la même maniere.

L’enseisnement auquel doit s'opposer Timothée est caractérisé d’abord comme différent de celui de Papôtre (étecodidaoudeïv), expression moins forte que s'il s’agissait d’une doctrine entièrement opposée à l'Évangile: puis il est désigné sous le nom de mythes et de généaloges interminables. Le premier de ces termes pourrait désigner des légendes parennes associées à l'Évangile ; mais, d’après ce qui suit, ces mythes font partie d’un enseignement judaique, de caractère légal, ce qui s'accorde avec l’expression de mythes judaiques (Tite À, 14). I sagit donc de ces subtiles légendes rabbiniques par lesquelles l'imagination cherchait à éclaircir certains faits obscurs de l’histoire sacrée, ainsi la lutte de l’archange Michel avec Satan au sujet du corps de Moïse, ou la dispute entre les pierres dont Jacob avait fait le soir son chevet et qu'il met d'accord la nuil en les fondant en une seule (ce qui doit expliquer la substitution du pluriel au singulier, Gen. XXVIIF, 11 et 18), etc., etc. Le second lerme est en relation trop étroite avec le premier pour désigner, comme on l’a cru, les séries d’émanations divines dans les systèmes

CONTENU. — 1re ÉPITRE A TIMOTHEE 641

gnostiques. Nous sommes dans le domaine juif; il s’agit donc de filiations angéliques. Nous savons que les livres secrets des Esséniens renfermaient des révélations sur les mystères du monde céleste et particulièrement sur les noms des anges. L’épithète d'interminables ne permet pas de penser avec plusieurs aux généalogies de la Genèse, que les faux-docteurs auraient allégorisées à la façon de Philon; elle s'applique naturellement à un domaine supérieur, où l'imagination pouvait s’ébattre sans limites. Nous rencontrons ici un Judéo-christianisme semblable à celui des faux docteurs de Golosses, mais le dépassant évidemment. Bien loin de contribuer à développer la vraie foi dans l’Église, ces enseignements ne font que soulever - des discussions stériles (v. 3-5).

Dans le passage suivant, les faux-docteurs sont appelés soi-disant docteurs de la loi (£hovres eivar vouodidécxxlo), qui ne comprennent pas eux-mêmes le sujet sur lequel ils prétendent enseigner les autres: ils veulent faire de la loi le soutien de la vie chrétienne, et ne comprennent pas qu’elle est à l’usage des vicieux, pour leur faire mettre le doigt sur leur péché que l'Évangile seul peut guérir (v. 6-10).

Ce salut, dont Paul a reçu d’en-haut la connaissance, il en est lui-même l’exemple en quelque sorte prototypique; ayant été, lui, le plus grand des pécheurs, 1l est appelé à fournir, pour les croyants de tous les temps, l'exemple le plus éclatant de la miséricorde divine, à la gloire du Dieu éternél (v.. 11-17).

Cest là l’enseignement que Timothée à reçu de Paul et qu'il doit transmettre à l'Église, conformément aux prophéties par lesquelles il a été introduit dans sa mission, se gardant d’imiter deux hommes connus de lui, Hyménée et Alexandre, que l'apôtre a dà livrer au pouvoir de Sa-

tan pour faire cesser leurs blasphèmes (v. 18-19). Il ne faut pas confondre ces deux hommes avec les faux-docteurs que Timothée doit combattre à Éphése et” à qui l’apôtre a reproché simplement l’inanité de leurs discours.

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