‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 17 sur 144 · L'apparilion de Jésus · texte numérisé non relu

L'apparilion de Jésus

Comment s’opéra la transformation de Saul en Paul? Comment le nouveau Maître, Jésus-Christ, se substitua-t-il à l’ancien, la loi? La critique qui prétend écarter de lhistoire loute intervention surnaturelle, à épuisé son art pour résoudre ce problème. Deux hommes surtout ont fait dans ce but des prodiges de sagacité: Holsten et Pfleiderer*.

Voici leur solution, plus paruculiérement sous la forme où l’a présentée le second. |

Le souvenir de la mort d’Etienne, de son calme, de sa douceur, de sa glorieuse espérance jeta dans le cœur de Saul les premiers germes du doute, à l'égard du jugement

! « Afin que je gagne Christ et que je sois trouvé en lui, ayant la justice qui vient de ia foi en Christ... pour le connaître lui et l’efficace de sa résurrection et la communion de sa mort. »

2 «Ce que je vis, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé...»

3 Le premier dans Zvangelium des Petrus und Paulus ; le second dans Urchristenthum et dans Paulinismus (2e éd. p. 4-16).

de réprobation dont il frappait les chrétiens. Dans ses discussions avec ceux qu’il avait fait arrêter et qu'il avait mission d'interroger, 1l fut frappé de lPexplication qu'ils donnaient de la mort de Jésus, en appliquant à ce fait le tableau prophétique des souffrances du Serviteur de PEternel (Esaie LIT); en même temps le témoignage plein de force, qu'ils rendaient à la glorification de leur Maitre par la résurrection, lé frappa d'étonnement. Convaineu, comme il l'était déjà alors, de l’insuffisance de sa justice propre, il ne put s'empêcher de se demander si dans la mort de ce crucifié 1! ne trouverait point ce qu’il avait en vain cherché dans l’observation de la loi, la justice devant Dieu, et le salut messianique, objet de ses vœux. Au moment où il approchait de Damas et où il se voyait sur le point de déchainer toutes les rigueurs de la loi contre les chrétiens, ces impressions favorables se réveillèrent chez lui avec une puissance extraordinaire el déterminèrent dans son âme une lutte terrible, au terme de laquelle la décision, déjà prise intérieurement, revêtit la forme d’une apparition sensible, et le cri de sa conscience se fil entendre à lui comme la voix de reproche du Messie présent. Avec cela, Pfleiderer croit aujourd’hui pouvoir se passer du moyen extérieur dont il usait encore précédemment : l’ardeur brûlante du désert à Pheure de midi. On sait qu'il en est autrement de M. Renan, qui fait intervenir soit un éclair et un coup de foudre éclatant sur le Liban, soit un accès violent de fièvre ophthalmique en relation avec une insolation.

Pfleiderer paraît senlir que ces moyens physiques sont hors de toute proportion avec la nature et la profondeur du fait moral qu’il s’agit d'expliquer. Mais lui-même cependant ne semble pas entièrement tranquillisé par sa déduction psychologique ; car il en appelle en terminant à

RM rte

Page 1