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par saint Paul, c’est ce dont 1l est impossible de douter. L’apôtre lui-même parle d’une lettre qu'il avait écrite aux Corinthiens avant celle que nous appelons {4 première (1 Cor. V, 9) et à laquelle les Corinthiens avaient répondu. On a cru, il est vrai, avoir découvert celte correspondance, antérieure à celle qui nous reste, dans deux lettres, l’une des Corinthiens à Paul, l’autre de Paul aux Corinthiens, qu’on a trouvées dans la version arménienne du N. T., puis aussi en langue syriaque dans le Canon de l’église d'Edesse et enfin tout récemment dans une traduction latine de la Bible f. La question de la langue originale (grecque ou syriaque ?) est encore indécise. L’authenticité n’a été défendue que par Rinck. Le but de cette correspondance apocryphe est de combattre une hérésie gnostique (probablement celle de Bardesanes) qui niait la matérialité du corps de Jésus et la résurrection des corps.
Notre seconde aux Corinthiens, dans ma conviction, suppose une lettre intermédiaire entre elle et la première. Cette lettre n’est jamais entrée dans la circulation, en raison sans doute du caractère très spécial de son contenu. C’est vainement que l’on a cru la retrouver dans les quatre derniers chapitres de notre seconde épitre canonique. Quant à la lettre que les Laodicéens devaient faire parvenir aux Colossiens (Col. IV, 16), nous verrons qu’elle n’est autre que notre épître dite aux Éphésiens, et ne peut par conséquent être mise au rang des lettres perdues.
Le Canon de Muratori mentionne deux épitres faussement attribuées à Paul qui circulaient à cette époque, l’une aux Alexandrins, dans laquelle quelques-uns ont voulu voir notre épitre aux Hébreux; mais à tort, puisque
1 A. Carrière et S. Berger, La correspondance de saint Paul et des Corinthiens, 1891 (découverte dans un manuscrit de l’Ambrosiana, à Milan.
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l’auteur du fragment dit qu’elle était fabriquée en faveur de l’hérésie de Marcion; elle est donc perdue ; l’autre intitulée aux Laodicéens. Il à existé une lettre latine de ce nom qui se trouve dans quelques exemplaires de la Vulgale (le Fuldensis, par ex., du VIes.) entre les Col. et les Thess. Théodoret en parlait déjà. Au IXe s. elle était encore en usage dans les églises anglaise et franque. Ce sont vingt versets qui n'offrent que des maximes banales imitées des Philippiens et des Colossiens. Elle à été publiée par Anger. Nous ignorons si c’est celle dont parlait le Fragment de Muratori.
Il existe en latin une prétendue correspondance de Paul el de Sénèque, comprenant six lettres du premier et huit du second !. Ces lettres étaient connues déjà de Jérôme (De wir. ill., 19) et d’Augustin (épitre 153 à Macédonius); elles ont été publiées par Fubricius et défendues par Gelpke et par quelques modernes. Elles sont aujourd'hui universellement rejetées. Elles ont été fabriquées en l’honneur de Paul, probablement en grec et à Rome, apres l'an 200 (d’après Harnack?), soit à Poccasion du récit de la rencontre de Paul avec Gallion, frère de Sénèque (Act. X VIT, 21), soit sur le thème de Phil. IV, 22 (la salutation de la part des gens de la maison de César), soit d’après la légende de la conversion de Sénêque au christianisme, qui faisait dire à Tertullien : Seneca noster.
Nous partageons les épitres de Paul en quatre groupes : celles du second voyage; celles du troisième; celles de la captivité, et les épitres pastorales.
? Ed. de Westerburg, 1881.
2 Theol. Literaturzeitung, 1881, n0 9.