‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 33 sur 144 · RE 2% AUX THESSALONICIENS · texte numérisé non relu

RE 2% AUX THESSALONICIENS

malérialisme panthéistique, surgira ce Juif audacieux, qui tentera de substituer l’État athée et la culture purement terrestre au règne de Dieu voulu par Christ. On le voit : le côté religieux domine dans le tableau de Paul, le côté politique dans celui de Apocalypse; mais c’est un seul et même personnage, la petite corne de Daniel, qui surgit du milieu des dix cornes dans lesquelles s’est ramifiée la quatrième monarchie (Dan. VIP.

Tout en identifiant, comme nous le faisons, l’homme de péché de Paul avec le faux Messie juif, contre lequel le pouvoir romain protégeait le monde, M. Sabatier pense qu'après l’an 64, où Néron avait persécuté l’Église, on renonça à attribuer ce rôle protecteur à l'empire et qu’on en fit au contraire le pouvoir antichrétien persécuteur. [l croit donc que, si l’idée exprimée par Paul dans la seconde aux Thessaloniciens ne reparaît pas dans les épiîtres suivantes, c'est que Paul lui-même s'était fatigué de cette ébauche primitive d’eschatologie et qu’il y avait bientôt renoncé (Encycl. des Sc. rel., XI, p. 126); et 1l trouve dans ce fait une preuve de l’authenticité de notre épitre. Si, à l’occasion de toutes les idées que Paul n’a énoncées qu'une fois, il fallait supposer qu'il s’en est bientôt après fatigué, ce cas fâcheux se serait renouvelé bien souvent. Il n’a parlé qu’une fois de la rénovation de la nature (Rom. VIH), du jugement du monde et même des anges par l'Église (1 Cor. VI), de la réconciliation des êtres célestes par le sang de Christ (Col. D), de la distinction du corps psychique et du corps spirituel (4 Cor. XV), etc., etc. Faut-il admettre qu'à l’égard de tous ces points il est arrivé plus tard à d’autres idées? Un apôtre de Jésus-Christ n’enseigne pas à l’aventure, comme semble le croire M. Sabatier, car 1l est conscient du sérieux de son message.

Conclusion.

Nos deux lettres se distinguent de toutes les autres par la prépondérance des matières eschatologiques. On ne peut pas conclure de là que dans l’enseignement même de Paul à Thessalonique cet élément eût dominé. Cette conclusion ne serait pas solide, puisque, tout en traitant si spécialement de cette matière dans ses deux lettres, Paul rappelle à ses lecteurs les instructions générales, soit religieuses, soil morales, qu’il leur a données de bouche (1re ép. IV, 1. 2. 6.14; 2e ép. Il, 13-15). Le fait signalé prouve uniquement que ce côté de l’enseignement chrétien était celui qui avait particulièrement frappé les esprits, soit ceux des fidèles, soit même ceux des adversaires (Act. XVII, 7). Ce fut tout naturellement sur ce sujet mystérieux que surgirent les discussions qui furent rapportées à Paul et auxquelles se rapportent ses lettres.

Quant à lui-même, nous nous demandons ce qu'il pensait de sa propre survivance Jusqu'au moment du retour de Christ. Il me paraît que M. Farrar a répondu avec une grande sagesse à celte question (Tome f, p. 602-605). «Si, pense-t-1l, on eût interrogé Paul sur la question de savoir s’il vivrait jusqu’au retour de Christ, il eût répondu au commencement de son ministère : Je ne le sais pas posilivement, mais Je l'espère. Plus tard il eût dit, sans doute : Je l’ignore, mais mon espérance est moindre; du reste je n'y attache pas une grande importance, puisque si je meurs auparavant, je suis assuré que ce sera pour être avec Christ. J'avais cru précédemment à un développement plus rapide de PAntichrist et à la destruction plus

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prompte de celui qui le retient; maintenant je m’attache à l'union spirituelle avec Christ plus qu’à l'attente de son apparition visible. Faites comme moi : Veillez! » Ce qui prouve que ce langage n’est pas éloigné de répondre à la réalité, c’est le fait que dans une seule et même épiître, la re aux Corinthiens, Paul se range tantôt parmi les vivants qui seront transmués : «Nous ne mourrons pas tous, mais nous serons tous changés » (XV, 51), tantôt parmi ceux qui mourront et ressusciteront : € Dieu nous ressuscitera aussi (comme Jésus) par son pouvoir» (VE, 14); comp. aussi 2 Cor. IV, 14 : « Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi par Jésus. » On voit par là, comme Île dit M. Farrar, que ce pronom nous a un sens générique et signifie dans la pensée de lapôtre : «Ceux d’entre nous, chrétiens, qui vivront ou ceux qui seront morts.» Nous devons constater seulement que, comme Jésus lui-même, il ignorait le moment de cette fin, tout en différant de lui en ce qu'il la voyait beaucoup plus rapprochée qu’elle ne l’a été. Mais nous pouvons constater aussi qu'il n’a laissé cette attente exercer aucune influence sur la manière dont il comprenait l’accomplissement des obligations de la vie terrestre et Jjournalièret. 11 ne lui a accordé d’autre influence que celle de maintenir toujours tendu le ressort de la vigilance et de la prière.

S'il y a homogénéilé entre nos deux épitres sur la maère traitée, 1l y a contraste entre les aspects sous lesquels le sujet est présenté. Dans toutes deux c’est la fin de l’économie actuelle, mais dans l’une sous son côté ténébreux, l'extrême du mal, dans l’autre sous son côté lumineux, lapparition et la victoire finale du bien.

i Pas même dans le ch. VII de la Are aux Cor.

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