‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 60 sur 144 · LEE ANS · texte numérisé non relu

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duré deux aïs et trois mois; ce temps écoulé, Paul forma le projet de visiter les églises de Grèce, puis de se rendre à Jérusalem et de là à Rome (Act. XIX, 8. 10. 21), projet dont il prépara l’exécution en envoyant en Grèce devant lui Timothée et Eraste (v. 22). L’autre partie n’a duré que quelques mois; Paul revint de son voyage en Grèce et reprit momentanément son travail à Éphèse, auquel mit fin brusquement le soulèvement provoqué par Démétrius (Act. XIX, 25 et suiv.). Ces deux parties ne sont pas expressément distinguées par Luc, pas plus que les deux parties du séjour de Paul à Damas (Act. IX, 28); il emploie seulement une expression singulière qui fait soupçonner une prolongation inattendue du séjour d'Asie et implique quelque chose de sous-entendu dans le récit : € Et après cela, 1l prolongea encore pendant un temps son séjour en Asie» (téoye yodvov eiç 7% ’Actav, Act. XIX, 22). Nous verrons, en étudiant la seconde épitre aux Corinthiens, tout ce que renferme cette éxpression abrégée.

C’est certainement au terme de la première et plus lonoue moitié du séjour d'Éphèse que se rapporte la parole citée À Cor. XVI, 8. Car l’envoi de Timothée en Grèce, que les Actes placent à ce moment-là (Act. XIX, 22), est évidemment le même que celui dont parle deux fois la 1re aux Corinthiens comme d’un fait tout récent (IV, 17 et XVI, 10. 11). Ce qui le confirme, c’est que, d’après les deux écrits, celte visite de Timothée devait être suivie de près de celle de Paul lui-même; comp. Act. XIX (la relation entre v. 21 et 22) et 1 Cor. IV (la relation entre v. 17 et 18), puis XVI, 5. 8. 10. Pleek a conclu de cette corrélation évidente que Timothée était lui-même chargé de porter notre Îre aux Corinthiens. Mais cette idée n’est pas soutenable. Car, d’abord, il n’était pas certain que Timothée eût le temps, après avoir achevé l’œuvre qu'il avait à

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faire en Macédoine, de se rendre encore à Corinthe (comp. le av dè En, s’il vient chez vous, 1 Cor. XVI, 10); et ensuite, d’après le même verset, cette lettre devait préparer le bon accueil que Paul désirait qui lui füt fait à Corinthe ; elle devait donc précéder son arrivée. Paul l'avait écrite sans doute après le départ de Timothée; mais 1l l'avait expédiée directement par mer, de sorte qu’elle devait arriver encore avant les deux envoyés qui faisaient le tour par la Macédoine.

Il résulte de là que ce fut après deux ans el trois mois de séjour à Éphése que Paul écrivit notre épitre. Ce séjour avait commencé à la fin de l’an 54 ou au commencement de l’an 59; ce qui nous conduit pour la composition de celte lettre au printemps de l’an 57, un peu avant la Pentecôte (XVI, 8) et vraisemblablement à l’époque de la fête de Pâques; comp. 1 Cor. V, 7-8.

La silualion morale de l’église n’est pas plus difficile à déterminer. Elle résulte, d’une part, du caractère de la population au sein de laquelle cette église avait été fondée, de l’autre, des différentes circonstances qui avaient marqué le cours des trois années écoulées depuis sa fondation. Cest par l’énumération de ces circonstances que nous commencerons.

1. La première fut l’arrivée d’Apollos. Cette arrivée eut lieu tôt après le départ de Paul; car ce Jeune prédicateur, converti et instruit à Éphèse par Aquilas et Priscille, était déjà parti pour Corinthe lorsque Paul vint retrouver ses amis à Éphése et s'y établir avec eux. L'influence d’Apollos à Corinthe fut considérable, commé en font foi el notre épitre et le récit des Actes (XIX, 27. 28). Elle contribua à modifier l’esprit de l’église. D’un côté, elle renforça l'élément juif; car Apollos démontrait avec beaucoup de puissance la messianité de Jésus; et de l’autre, elle s’éten-

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dit à des personnes d’une classe très différente de celles que le ministère de Paul avait gagnées. Des hommes plus cultivés, imais moins sérieux peut-être, embrassérent l'Évangile dans lequel ils trouvaient, par l’enseignement d’Apollos, un élément intellectuel et un charme nouveau; et celle circonstance contribua, sans la volonté d’Apollos, à diminuer le prestige de Paul et à ébranler dans les esprits sa position apostolique.

9{ Bientôt après arrivérent à Corinthe, ainsi que précédemment à Antioche, des émissaires judaïsants dont les uns parlaient de Pierre avec enthousiasme, comme de l'apôtre par excellence, tandis que d’autres se vantaient de posséder un christianisme supérieur à celui de Paul et même à celui des apôtres et de Pierre lui-même. Ces nouveaux éléments ébranlèrent davantage encore l'autorité de Paul qui, à l’origine de l’église, s'était naturellement seule fait valoir)

3.(Nous constatons, en outre, qu'un échange de lettres avait déjà eu lieu entre Paul et l’église. A l’occasion de certains vicieux qui croyaient pouvoir faire marcher ensemble leurs anciennes habitudes de péché et la profession chrétienne, Paul avait écrit à l’église pour combattre sa lâche tolérance et recommander aux fidèles de rompre loute relation personnelle avec de telles gens. L'église lui avait répondu, en attribuant à celte injonction une portée plus générale que le bon sens ne permettait de le faire. Elle avait de plus interrogé l’apôtre sur divers sujets, tels que le mariage et le célibat (VIF, 4), le manger des viandes sacrifiées (VIT, 1), l'exercice de la prophétie et de la olossolalie (XI, 1). Paul répond à toutes ces questions dans notre lettre. |

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