‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 59 sur 144 · V. 19-24. Salutations · texte numérisé non relu

V. 19-24. Salutations

On s'étonne de trouver en tête des salutations celles des églises d'Asie. Comment avaient-elles pu charger Paul de celle commission? Sans doute, quelques-uns de leurs membres venaient visiter l'apôtre à Éphèse et contempler dans celle grande métropole les succès de l'Évangile. — La salutalion d’Aquilas et de Priscille à Péglise de Corinthe est loute naturelle, puisqu'ils avaient partagé avec Paul tout le séjour de celui-c1 dans celte ville et qu'ils Pavatent ensuite accompagné à Éphèse (Act. XVI, 18). — Le baiser fraternel était un usage reçu parmi les premiers chréuens,; ce rite se célébrait simultanément du côté des frères et du côté des sœurs; on le plaçait parfois entre la prière finale et la sainte Cène.

Paul écrit sa propre salutation de sa main, comme d’ordinaire; comp. 2 Thess. If, 17. Mais on est étonné de la voir suivie — C’est ici un Cas unique — d'une parole d’imprécation à l'adresse de «ceux qui n'aiment pas le Seineur Jésus-Christ. » Nous lPavons dit déjà : cet anathème est, à nos yeux, une réponse à ceux qui osalent en jeter un à la face de Jésus. Dans tout le cours de lPépitre, Paul s’est contenu, même en parlant de ceux dont la conduite témoignait d’une révoltante indifférence envers la personne du Seigneur Jésus. Il avait même mentionné, sans éclater, des gens qui allaient jusqu’à prononcer sur cel êlre divin une malédiction. Au moment de poser la plume, il éclate en un saint anathème, qui doit en quelque sorte effacer celui qu'on n'aurait jamais cru pouvoir être prononcé dans l'Église. Le terme de Maranatha est tiré de

la langue araméenne; on le traduit ordinairement dans ce sens : € Le Seigneur vient. » Grammaticalement rien n’empêche de lui donner plutôt ce sens : «Seigneur, viens!, » qui, Comme invocation, se rattache mieux à l’imprécation

qui précède. Ce terme, qui est le dernier mot de l'Apoca-

lypse et qui se retrouve dans la Doctrine des douze apôtres, à la fin de la liturgie de la sainte Cène (ch. X), n'aurait-il point été une espèce de mot d'ordre usité entre chrétiens qui, par son caractère étranger et mystérieux, devait faire une impression plus grande qu'une simple expression

grecque? Et n’aurait-1l point servi d’exergue au sceau par

lequel l’apôtre confirmait sa signature? Ne pouvant reproduire le sceau, les premiers copistes en auraient au moins conservé en toute lettre cette devise. — À la bénédiction qu’il appelle sur l’église par la grâce du Seigneur Jésus, Paul ajoute l'assurance de son ainour personnel pour eux tous, et non point seulement pour ceux qui disent : «Je suis de Paul. »

Circonstances de la composition.

L'analyse détaillée que nous venons de faire du contenu de cet écril nous fournit aisément les moyens de déterminer la situation dans laquelle il a été composé. XVI, 8, Paul dit : «Je demeure à Éphèse jusqu’à la Pentecôte. » Cette lettre à donc été composée durant son séjour à Éphèse et dans les derniers temps de ce séjour. Seulement, comme nous le constaterons, le séjour de Papôtre dans cette ville a été partagé en deux parties fort inégales : la première à

1 Voir mon Commentaire sur XVI. 21.

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