LAS TACHE
Vle siècle : De inshtulione divinarum scriplurarum
(Cassiodore). — De partibus divinæ legis (Junilius).
XVIe siècle : Zsagoge ad sanctas literas (Santes Pagninus). — Bibliotheca sancta (Sixte de Sienne). |
XVIIe siècle : Apparatus biblicus (Walton). — Crilicus sacer (Galov). — Critica sacra (Gappel). — Officina biblica (Walther). — Enchiridion biblicum (Heidegger).
XVIILE siècle : Prolégomènes sur la Bible (Ellies du Pin).
— Histoire crilique, titre général donné par Richard Si- mon à ses différents ouvrages. — /Jntroduction au Nouveau Testament (Michaëlis).
XIXe siécle : Le titre d’'Introduction au N. T. se retrouve
chez Eichhorn, Hug, Credner, Bleek, Weiss, etc.. — /n- troduction historique et critique (Schmidt, Bertholdt, de . Wette, Guericke, Glaire, Hilgenfeld, Holtzmann, etc.). —
Histoire des écrits sacrés. du N. T. (Reuss). — Études cri-
tiques sur la Bible, N. T. (Nicolas). :
La tâche de la critique.
A mesure que l'Herméneutique, l’Archéologie, la Philo-
logie sacrée et la Dogmatique reprenaient leur bien, le
vrai objet de la science critique se dégageait plus claire-
ment, et l’on se trouva en face d’une tâche restreinte et déterminée, celle d’élucider Les origines du N. T., c’est- à-dire le mode de composition de chacun des écrits parti-
culiers et la manière dont s'était produite leur réunion en recueil canonique; puis de se rendre compte du mode de
conservation de ce recueil et de ses parties depuis les temps primitifs jusqu'à nos jours. L'Église à devant elle
un tout comprenant 27 écrits, auxquels elle attache une valeur particulière. À quels auteurs et à quelles circonslances attribuer la composition de ces livres? Par quels procédés et dans quel but ont-ils été réunis? La forme en
laquelle 1ls sont maintenant entre nos mains, est-elle bien :
celle sous laquelle ils ont été originairement publiés? On
voit que ce sont là des questions de nature historique,
mais très importantes, et sur lesquelles l’Église a le droit de demander à la science théologique de jeter la plus grande lumière possible.
Le caractère essentiellement historique de cette branche
d'étude a tellement prévalu dans ces derniers temps qu'on
a même cru pouvoir la traiter sous la forme d’une narration continue, en suivant l’ordre chronologique présumé
des écrits du N. T. Obéissant à une impulsion donnée par
quelques-uns de ses devanciers {Schmidt, Hupfeld, Cred-
ner !). Reuss, dans un ouvrage magistral?, commence par , , © u ?
raconter l’origine des écrits parliculiers du N.T., selon
l’ordre de date qu’il croit pouvoir assigner à leur com-
position et de manière à offrir ainsi au lecteur un tableau suivi de la hittérature apostolique. De là 1! passe au réeit de la réunion de ces livres en un recueil sacré, reçu dans les églises {Histoire de la formation du Canon); puis il expose le mode de conservation de ce Canon (Histoire du texte) ; il
raconte sa diffusion (Histoire des traductions); 11 rend
compte enfin des différentes méthodes d’après lesquelles on a interprété les livres saints {Histoire de l'Exégèse). On ne saurail réunir d’une manière plus ingénieuse et
1 Le premier et le troisième dans leurs Introductions; le second dans l'écrit intitulé: Ueber Begriff und Methode der biblischen Einleitung, 1844. ;
2 Die Geschichte der heiligen Schriften N. T., 1842; 6me édition,
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plus organique en apparence des matières si nombreuses et si diverses. Credner n’élait parvenu à traiter sur le même plan que le premier de ces cinq sujels, et non d’une manière conséquente. [1 à été donné à Reuss d’exécuter le plan tout entier, et chacun sait avec quelle sagacité et quelle sûreté d’érudition. Un avantage incontestable de cette méthode a été de pouvoir présenter ainsi l’histoire du développement de la pensée chrétienne ellemême, à l’époque la plus intéressante pour l'Église, celle de sa gestation (si jJ’ose m’exprimer ainsi) dans le sem de l'Église apostolique.
Cette méthode rencontra au premier moment lPaccueil le plus favorable !, et le problème fut envisagé comme résolu. Cependant on ne tarda pas à se raviser. On reconnut que dans celle innovation, purement formelle en apparence, il y avait une véritable révolution scientifique et qu'il n’était point sans gravité de transformer en une simple branche de l’histoire ecclésiastique une étude envisagée jusqu'ici comme la base d'appréciation du N. T. et l’auxiliaire indispensable de son interprétation. Ferdinand- Christian Baur, le fondateur de l’école de Tubingue, pro- testa le premier®. Il fit ressortir un point que Reuss passait entiérement sous silence : la relation entre l’étude critique du N. T. et la question de la dignité normative ou de la ca- nonicilé des écrits qu'il renferme. Il demanda si lintérêt qui porte l'Église à faire de ces 27 écrits l’objet d’une étude si spéciale, n’est pas en réalité le caractère d’auto- rité qu’elle leur attribue, bien plutôt que la place qu'ils occupent comme chaînons dans le cours de la littérature
1 Ainsi de la part de Bleek, Riehm, Delitzsch, Gueriche, Zückler, etc. |
2? Dans l’article : Die Einleitung in das N. T. als theologische Wissenschaft (Theol. Jahrbücher, 1850 et 1851).
apostolique ; en d’autres termes, le rôle qu’elle leur accorde dans son enseignement et dans sa vie, plulôt encore que ce qu'ils sont en eux-mêmes. Et il arriva sur cette vole à la conclusion que, bien loin de revêtir la forme d’un tableau historique, notre science doit se présenter franchement à l’Église comme ce qu’elle est réellement, « la critique du Canon traditionnel. » En effet, la vraie question qu’elle à mission de résoudre est celle de savoir quels sont ceux d’entre ces écrits qui méritent réellement la dignité dont ils ont été revêlus, et quels sont ceux qui doivent être exclus de cette position. La science critique devient ainsi le tribunal devant lequel comparaissent les livres saints, comme autant de prévenus, et ses décisions doivent être aux yeux de l’Église autant de verdiets d’acquittéement ou de condamnation. Holtimann, tout en appuyant cette manière de voir!, a cherché à lui ôter ce qu’elle paraissait avoir de trop agressif. A l’expression «critique» du Canon il substitue la forme plus adoucie de «science » du Canon. Cependant, l’idée, si Je ne me trompe, reste essentiellement la même.
On ne peut méconnaître un fond de vérité dans l’objection faite à la méthode de Reuss par ces savants. Il suffit de remonter aux origines de la science critique pour reconnaître combien peu la position nouvelle que lui assigne Reuss répond à sa destination primitive. N’est-1l pas incontestable que les plus anciens travaux dans ce domaine, ceux d’Eusébe et de Jérôme, avaient pour but essentiel de résoudre la question de canonicité des écrits du N. T.? Par ses observations, Baur a donc certainement contribué à rappeler le vrai but final de cette science; mais 1l me parait en même temps avoir dépassé la mesure. La cons-
1 Dans l’article: Ueber Begriff und Inhalt der biblischen Einleitungs- Wissenchaft (Studien und Kritiken, 1860).