‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 80 sur 144 · I1, 8. Le peuple juif court à son jugement · texte numérisé non relu

I1, 8. Le peuple juif court à son jugement

a) En face de cette gentilité coupable et condamnée, 1l y a là un personnage qui, parce qu’il juge sévérement Îles crimes des paiens, s’imagine pouvoir échapper au jugement divin. Mais, si Dieu patiente encore à son égard,

c’est pour lui lisser le temps de se repentir. Sinon, lui aussi sera jugé par le Dieu qui fera moissonner un jour à chacun le fruit de ses œuvres, an Juif aussi bien qu’au Grec (v. 1-10). Car Dieu est impartial; ce n’est pas d’entendre et de connaitre la loi qui rend juste à ses yeux, c'est de la faire. Autrement les païens seraient justifiés au jour du jugement aussi bien que les Juifs, puisque eux aussi entendent et accomplissent souvent la loi, telle qu’elle est écrite dans leur cœur, et savent discuter aussi habilement que les Juifs sur son application aux divers cas de la vie (v. 11-16). |

b) Que résulte-t-1l de là? Que toi, Juif, qui prétends enseigner les paiens et juger leur conduite, lu ne rendras pas moins compte qu'eux des fautes semblables que tu commets (v. 17-24). Et si tu comptes sur ta circoncision pour échapper à ce Juste jugement, tu es dans l'erreur. Tandis que le paien qui accomplit la loi (par quel moyen? Paul ne le dit pas; 1l le montrera au ch. VID, change par là son état d’incirconcis en circoncision, le Juif qui transgresse la loi, change par là sa circoncision en élat d’incirconcision (v. 25-29).

c) Ici s’élève une objection : Le Juif n’a-t-1l donc aucun avantage sur le paien? Non, pas au point de vue de l’exemption du jugement. Son privilège essentiel est d’avoir reçu les révélations divines; car, si même, par son incrédulité envers le Messie, 11 a annulé cet avantage, il n’en est pas moins certain que la fidélité de Dieu aura le dernier mot et triomphera un jour de cette incrédulité de son peuple, après qu’il en aura tiré sa gloire (voir comment cela arrivera au ch. XP). Le Juif alléguera-t-1l pour se disculper de son péché que si Dieu en tire sa gloire, 1l n’a plus le droit de s'irriter contre lui pour ce fait-là? Ce raisonnement n’aboutirait à rien moins qu’à nier tout Ju-

AE e)

sement. Car, puisqu'il n'y a pas un seul péché que Dieu

ne fasse tourner finalement en bien, tout pécheur pourrait

alléguer la même excuse et le jugement tomberait par là même. il ne resterait plus à l’homme qu’à pécher le plus possible pour que Dieu se glorifie le plus possible, selon l’idée que prêtent à Paul ses détracteurs, qui subiront le châtiment de cette calomnie (HI, 1-8).

Page 1