IT, 9-20. Le monde entier est donc sous la condamnation
a) Au point de vue du jugement, les Juifs n’ont aucun avantage sur les paiens; tous sont sous la condamnation du péché.
b] Paul confirme ce résultat par une série de déclarations scripluraires qui, quoique se rapportant en partie aux paiens, sont aussi valables pour les Juifs à qui elles ont été adressées, de sorte que tout homme a la bouche fermée devant Dieu et que nul ne saurait être déclaré juste au moyen de son accomplissement de la lor. La loi, en
effet, à élé donnée non pour ôter le péché, mais pour
amener l’homme à le connaître et à en chercher le remède. Gette remarque, jetée 1c1 par anticipation, sera développée, VIT, 7 et suiv.
B. Il, 21-V, 21 : La justice de Dieu offerte en Christ à tous les pécheurs.
Le thème de toute cette section est formulé dans les v. 21 et 22. Trois traits essentiels caractérisent celte juslice nouvellement révélée :
1. Elle ne dépend d'aucune œuvre de l'homme, mais uniquement de la foi en l’œuvre de Jésus, 2. tout en élant cependant parfaitement conforme à la loi et à Ja prophétie; 3. elle est par cette raison acquise en droit à tous et appliquée de fait à tous les croyants. Ces trois traits sont développés dans ce qui suit, le premier, v. 23-26;
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412 ÉPITRE AUX RONAINS.
le second, v. 27-IV, 25; le troisième, V, 12-211. 4. Entre ces deux derniers traits, Paul intercale V, 1-11 le développement de l’idée que cette justice donnée de Dieu n’est pas amissible comme celle de la loi; elle n’a à redouter aucune épreuve, pas même celle du jugement final.
1. V. 23-26. Dieu a rattaché le don de la justice à la foi en l’acte propitiatoire éternellement décrélté par sa grâce et accompli en Jésus-Christ en vue de la manifestation de sa justice qu'avait voilée sa longue tolérance envers le péché.
2. V. 27-IV, 25. Ce mode de pardon, qui met le salut à la portée de tous, est conforme :
a) Au monothéisme qui fait le fond de la loi et qui ne permet pas que les Juifs soient sauvés autrement que les paiens (v. 27-31).
b} À l’exemple fourni par la justification d'Abraham, le prototype du salut (IV, 1-25).
En effet, tout ce qu'a obtenu Abraham, 11 l’a obtenu par la foi et non par les œuvres : 1° la justification que, d’après Gen. XV, 6, il a due, aussi bien que David, uniquement à la grâce et qui lui a été accordée bien avant qu'il eût reçu la circoncision; ce qui montre qu'il est le pére des incirconcis croyants aussi bien que des circoncis croyants (v. 1-12); 20 la promesse de l'héritage du salut messianique, préfiguré par la possession de Canaan; ce don, Dieu l’a fait dépendre uniquement de la justice de la foi, parce qu’il savait bien que toute condition d'œuvre le
1 J'ai précédemment fait du parallèle entre Adam et Christ le couronnement du contraste entre les deux premières sections : la condamnation universelle (1, 48-IIL, 20) et la justification universelle (I, 2A4-V, 11). Je crois maintenant plus conforme à l’idée de Paul de faire rentrer ce parallèle dans la seconde section {B) et d'y voir le développement des mots : pour tous et sur fous ceux qui croient en JESUS UT PRE
ferait échouer (v. 13-16); 3° la naissance de son fils et héritier ; elle a été due uniquement à la foi, par laquelle Abraham, en dépit de toutes les circonstances extérieures, a saisi la promesse divine (v. 17-22). De même done la foi en Jésus immolé et ressuscité nous obtiendra le don de la justice avec tous ses effets salutaires (v. 23-25).
3. V, 1-11. Cette justice obtenue par la foi nous procure une paix avec Dieu absolument durable et dans le sentiment de laquelle nous nous félicitons déjà par avance de la possession assurée de la gloire. Les épreuves mêmes par lesquelles nous passons ici-bas ne peuvent abattre celte espérance, et ne servent ‘qu'à la faire mieux éclater. En effet, l'expérience que nous faisons, par le Saint- Esprit, de l’amour dont Dieu nous a aimés dans notre état de péché ne saurait aboutir à une déception, puisque Dieu, qui nous à aimés comme pécheurs et ennemis, ne nous aimera pas moins à l'avenir, une fois réconciliés avec lui. Paul fait ici allusion à une œuvre nouvelle par laquelle Dieu achêvera en nous, en tant que réconciliés, celle qu'il a commencée, en nous réconciliant par la mort du Christ. Cette œuvre nouvelle, c’est la communication de la vie de Christ, qui rend stable jusqu’à la fin la réconciliation fondée sur sa mort. L’apôtre ne fait qu’indiquer ici celte pensée qu’il développera ch. VI-VHT.