C’est l'interprétation de DEissmAnNN
3. Le droit public romain, trad. F. GrraARD, Paris, 1893, ITI, p. 294.
4. Boucné-LEcLERCQ, Manuel des institutions romaines, Paris, 1886, p. 203 n. 2.
Claude accordait ou reconnaissait certains privilèges aux Delphiens, rend assez vraisemblable sa participation aux négociations qui ont précédé la décision impériale. Dans ces conditions la lettre de Claude ne pourrait dater des premiers mois du proconsulat de Galliont. Si la lettre date de la fin du proconsulat, on est obligé d'admettre que Claude a reçu le titre d'imperator XXVI dès les premiers mois de la campagne de 52, en tout cas avant le début de mai. Il n’y a pas là une difficulté insurmontable. Ce n'est en effet que par conjecture que la XXVIe acclamation impériale est attribuée à l’année 52. Si elle n'appartient pas à l’année 51, elle est en tout cas du début de 52.
La conclusion à laquelle nous sommes ainsi conduit est que Gallion a été proconsul d’Achaïe de mai 51 à mai 522. Il faut ajouter qu'il n’est pas strictement impossible que ces dates doivent être retardées d’une année.
1. À cela s’ajouterait un argument très fort si l’on pouvait tenir pour exacte la restitution des lignes 5-6 par DEISSMANN (Paulus, p. 166) : [Kaôwe Aoÿxros ’Iot] vroc D'alliwy 6 œf[fhos] ou u[at dvôi]maros [ris ’Ayalac Éypabev].
L'intervention certaine de Gallion avant l'envoi de la lettre de Claude à Delphes empêcherait absolument de mettre la lettre au commencement de son proconsulat.
2. C’est aussi la conclusion à laquelle arrive En. MEYER, CrSpr Ent, IT p-0457:
106 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
Quel parti peut-on tirer de cette conclusion pour la fixation de la chronologie paulinienne? Paul a quitté Corinthe pendant le proconsulat de Gallion, c’est-à-dire entre le printemps de 51 et celui de 52. Il reste donc un flottement de près d’une année ; est-il possible de l’éliminer?
Plusieurs auteurs! pensent que l’épisode se place au début du gouvernement de Gallion et que les Juifs profitent de l’entrée en fonctions d’un nouveau proconsul qui est, ou qu'ils supposent, peu au courant de la situation, pour essayer de lui arracher une condamnation contre Paul. Mais la manière un peu particulière dont l’épisode est introduit pourrait fort bien être attribuée à une maladresse de rédaction qui fait que le récit sur Gallion ne vient qu'après la notice relative à la durée du séjour de Paul à Corinthe. Si l’auteur des Actes avait eu la pensée qu’on lui prête, ne l’aurait-il pas marquée par l'emploi d’un autre verbe que ëvres ?
On peut cependant conjecturer que c’est en automne, par conséquent dans l’automne de 51, que Paul a dû quitter Corinthe. Il passe peu
1. O. HoLTzmMaANN, Neut. Zeitgesch., p. 132; BACHMANN, I. Cor., p. 8; DeissMANN, Paulus, p. 161; HARNACK, Chron, Berechn., p. 674 ; Knopr, Probleme der Paulusforsch., p. 13.
2. PREUSCHEN, Apgesch. (LIETZMANN, Hdb. z. N. T., IV., 1), pds:
QU RTE APE
Lie:
après à Éphèse et promet d'y revenir parce qu'il ne peut, comme le lui demandent les Juifs, y prolonger son séjour (Actes. 18, 19-21). Deux raisons ont pu le déterminer à hâter son voyage. Ou bien il a tenu à être à Antioche pour une fête, ou bien il a voulu y être arrivé avant que la saison ne fût devenue par trop défavorable aux voyages. Cette seconde hypothèse est la plus vraisemblable car l’expression employée à propos du séjour à Antioche (Actes, 18,23) ne suppose pas que Paul ait eu, pour y venir, une raison particulière comme la célébration d’une fête. Il est probable que Paul est venu passer l’hiver à Antioche ; ce serait donc dans l’automne de 51 qu’il y serait venu.
L'arrivée de l’apôtre à Corinthe doit être placée dix-huit mois avant l’automne 51, c’està-dire au printemps de 50. Cette date s’accorde bien avec la rencontre que Paul fait à Corinthe de Priscille et d’Aquilas chassés de Rome par l’édit de 49.