‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 23 sur 92 · IVULE RAPPEL DE FELIX · texte numérisé non relu

IVULE RAPPEL DE FELIX

Il y a sur un dernier point un synchronisme entre l’histoire de Paul et l’histoire générale. Nous savons que, deux ans après l’arrestation

108 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

de l’apôtreï, Félix fut remplacé comme gouverneur par Portius Festus. À quelle date se place le rappel de Félix? Sur ce point deux opinions sont en présence. La plupart des historiens pensent à 59 ou à 60. Quelques-uns estiment qu’il faut remonter jusqu’à 55 ou 56°.

La seule donnée directe que nous possédions est celle de la chronique d’Eusèbe (édit. SCHŒNE, Berlin, 1875, p. 152 s.). La recension arménienne met le rappel de Félix la quatorzième année de Claude, la dixième d’Agrippa, soit en 54. Il y a certainement ici quelque confusion puisqu'Eusèbe lui-même (/Le., II, 22,1) dit que Festus fut envoyé par Néron. Le remaniement de la chronique d’Eusèbe par Jérôme donne comme date du rappel de Félix la deuxième année de Néron et la douzième d’Agrippa (55/56). Harnack (Chronologie, I, p. 233 s.) estime cette date exacte et sfait remarquer que Schürer (Gesch., I, p. 583 n. 47} de qui l'autorité pour l’histoire du peuple juif au temps de Jésus est très grande, recon-

1. C’est l'interprétation qui nous paraît la plus probable de detias dE mhnpwbetons de Actes, 24, 27. Cf. MAURICE GOGUEL, Essai sur la chronologie paulinienne, R.H.R., t. LXV, p. 329.

2. Par exemple, V. WegERr, Kritische Geschichle de Exegese des neunten Kapitels des Rômerbriefs, Diss. Wurzburg, 1889, p. 182 s.; Harnacx, Chronologie, I, p. 233 s.; WELLHAUSEN, Noten z. Apgesch., p. 8 s.; ScHWARTZ, p. 285 5.

naît fondées les dates données par Eusèbe pour les gouverneurs de Palestine et que rien n'autorise à foire, comme lui, exception seulement pour Félix et Festus. Schürert a fait sur ce point une réponse détaillée dont nous pouvons nous borner à indiquerle sens. Il démontre que les dates données par Eusèbe pour la période considérée sont, ou bien purement et simplement tirées des œuvres de Josèphe, ou bien, là où Josèphe ne fournit pas de renseignements précis, combinées assez librement d’après telle ou telle indication de son récit. Nulle part il n’y a lieu, d’après lui, de conjecturer, comme on l’a fait parfois, qu'Eusèbe ait disposé d’une source particulière, de la Chronique de Juste de Tibériade par exemple.

On est donc en droit de considérer les renseignements qu’il fournit comme fondés là où ils répondent à des indications fournies par Josèphe et de les rejeter quand ïls sont, comme c’est le cas pour le rappel de Félix, des conjectures ou des combinaisons.

Cette explication de Schürer a été complélée par Erbes? qui a essayé de rendre compte de

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