‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 6 sur 92 · II. — APERÇU DE L’HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ÉPÎTRES PAULINIENNES · texte numérisé non relu

II. — APERÇU DE L’HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ÉPÎTRES PAULINIENNES

La position du problème de l’authenticité de la littérature paulinienne sera exposée dans la suite à propos des diverses lettres de l’apôtre ; il ne s’agit ici que de donner un aperçu général qui permettra de reconnaître les grandes lignes du développement des études pauliniennes.

Ce n’est qu'au xvurre siècle? que la critique littéraire des épîtres pauliniennes s’est constituée en s’affranchissant peu à peu de la dogmatique avec J.-J. Rambach, S.-J. Baumgarten,

1. Sur cette question voir outre le livre de A. SCHWEITZER les diverses introductions, notamment celle de HoLTZMANN.

2. Il faut cependant signaler les remarques sur l’origine non-paulinienne de l’épître aux Hébreux faites au xvirre siècle par des hommes comme CAJETAN, ÉRASME, LUTHER et CALVIN ; mais la voie dans laquelle ils s’étaient engagés fut de bonne heure barrée,pour les uns par les décisions du concile de Trente, pour les autres par les progrès de l’orthodoxie protestante.

J.-C. Wolf, J.-H. Ernesti, J.-D: Michaclis et surtout J.-S. Semlert. Ces deux derniers auteurs inaugurent la période critique en mettant en doute l'attribution traditionnelle de l’épître aux Hébreux à l’apôtre Paul?.

Ils furent suivis par Evanson qui, dans son livre sur le quatrième évangile®, rejeta comme non-paulinienne l’épître aux Hébreux et, avec elle, les épîtres aux Colossiens, aux Éphésiens et aux Romains.

1. RamBacx, Instituliones hermeneuticae sacrae, 1723; BAUMGARTEN, Unlerricht der Auslegung der heiligen Schrift, 1742, 21745 ; Wozr, Curae philologicae et criticae in decem posteriores S. Pauli epistolas, Basileae, 1741; ERNESTI, Institutio interpretis Novi Testamenti, Lipsiae, 1761; J.-D. MicHAELIS, Einleitung in die gôüttlichen Schriflen des Neuen Bundes, Goettingen, 1750, 41788 ; SEMLER, Vorbereitung zur theologischen Hermeneutik, Halle, 1760-1770; Apparatus ad liberalem Novi Testamenti interpretationem, Halae, 1767 ; Abhandlung von freier Untersuchung des Kanons, Halle, 1771- 1775 ; Semler, le premier, a émis l’idée que nous ne possédons pas les épîtres de Paul sous leur forme originale mais que nous n’en avons qu’une édition ecclésiastique dans laquelle divers fragments d’épîtres sont combinés et qui a subi des retouches et des interpolations.

2. C’est W.-C.-L. Z1EGLER (Vollständige Einleitung in den Brief an die Hebräer, Goettingen, 1791) qui, le premier, conclut formellement sur ce point.

3. The dissonance of the four generally reccived Gospels and the evidence of their respective authenticity, London, 1792, p. 255- 289. Nous citons d’après Van MANEN, Die Unechtheit des Rômerbriefs, trad. ScHLAEGER, Leipzig, 1906, p. 2.

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Les premiers critiques, cependant, firent, en général, preuve de beaucoup moins de hardiesse. A la fin du xvrrre siècle, Hänlein’,exprime quelques doutes sur la seconde épître aux Thessaloniciens et la seconde à Timothée mais conclut cependant dans le sens de l’authenticité. Vers la même époque, J.-E. Christian Schmidt conteste l’authenticité de la seconde aux Thessaloniciens et formule des réserves sur celle des Pastorales?.

Ce n’est cependant pas à lui mais à Schleiermacher que revient le mérite d’avoir, le premier, - posé rigoureusement la thèse de l’inauthenticité de la première épître à Timothée’, tout en maintenant l’attribution à Paul de la seconde épître et de la lettre à Tite.

Dans son Einleitung in das Neue Testament

1. Handbuch der Einlicitung in die Schriften des Neuen Testaments, Erlangen, 1794-1800, 21801-1809; ZLehrbuch der Eïinleitung in die Schriften des Neuen Testaments, Erlangen,

2. Vermutungen in die beiden Briefe an die Thessaloniker, Bibl. f. Kritik und Exegese, II, 1798, p. 380-386 ; Historischkritische Einleitung in das Neue Testament, Leipzig, 1804.

3. Ueber den sogenannten Brief des Paulus an den Timotheus,, Berlin, 1807. Cf. ConraDnt, Schleiermacher’s Arbeit auf dem Gebiet der neutestamentlichen Einleitungswissenschaft, Leipzig, 1907, p. 17-31. Schleiermacher fut combattu par PLANK, Bemerkungen über den ersten Brief an Timotheus, Goettingen,

(Leipzig, 1804-1827), Eichhorn reprit les remarques de Schleiermarcher et les étendit à l’ensemble des épîtres pastorales qu’il proclama inauthentiques toutes les trois. I1 devait être suivi par de Wette’ qui apporta cependant à la thèse de l’inauthenticité une importante réserve en supposant quel’auteur des Pastorales avait utilisé des fragments plus ou moins étendus de lettres authentiques de Paul. Aïnsi se constituent, dès le premier quart du xix® siècle, en face de l’opinion traditionnelle sur les épîtres pastorales, les thèses diverses (authenticité d’une ou de deux seulement d’entre elles, inauthenticité de l’ensemble, origine seulement indirectement ou partiellement paulinienne) que la critique débattra pendant le cours du xixe siècle.

Après les épîtres pastorales, ce fut l’épître aux Éphésiens dont l’authenticité fut contestée par Usteri, suivi avec hésitation par de Wette et par Schleiermacher et, d’une manière plus décidée, par Schrader?. En même temps que

1. Lehrbuch der historisch-kritischen Einleitung in die Bibet Alten und Neuen Testaments, Berlin, 1817-1826, 51848,

2, Usterr, Paulinischer Lehrbegriff, Zurich, 1824, p. 2 s. 256 s., 263 s. De WETTE, dans son Introduction exprime des doutes mais sans conclure formellement à l’inauthenticité comme il le fera dans sa Kurze Erklärung des Epheserbriefs,

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l'authenticité de l’épître aux Éphésiens, de Wette contesta celle de la seconde aux Thessaloniciens, mais, sur ce point, sa pensée suivit la marche inverse de celle qu’elle suivit pour l’épître aux Éphésiens. Ses doutes s’atténuèrent avec le temps et, à partir de la troisième édition de son /ntroduction, il se prononça pour l’authenticité. Vers la même époque, Mayerhoff (Der Brief an die Kolosser mit vornehmlicher Berücksichliqung der drei Pastoralbriefe, Berlin, 1838) rejetait à la fois les épîtres pastorales et l’épître aux Colossiens dans laquelle il croyait reconnaître une imitation de la lettre aux Éphésiens. Ce qui caractérise la première époque de la critique des épîtres pauliniennes dont nous venons de relever les manifestations les plus importantes, c’est qu’elle s'appuie sur des observations isolées et ne cherche pas encore à établir une conception d'ensemble de l’œuvre historique et littéraire de l’apôtre Paul, de nature à fournir un critère permettant de juger toutes les épîtres et non seulement quelques-unes d’entre elles.

Leipzig, 1843, p. 79 s.; Series Einleitung in das Neue Testament, (posthume), éd. Wozpe, Berlin, 1845, p. 194 ; SCHRADER, Paulus, V, Leipzig, 1836, p. 175. En même temps

SCHRADER rejetait la seconde aux Thessaloniciens (ouv. cit., D.141%8.): ,

C’est le mérite et, en un certain sens aussi, le point faible de l’œuvre de Baur, d’avoir introduit dans le domaine des études pauliniennes une conception systématique!. Préparé par son étude sur le parti du Christ dans l'Église de Corinthe, puis par son livre sur les Pastorales qui concluait nettement à l’inauthenticité, le système de Baur fut exposé dans son ouvrage d’ensemble sur Paul?. On en connaît les grandes lignes : pour Baur l’ancienne Église catholique est née du conflit qui, pendant l’âge apostolique, a opposé l’un à l’autre le judéo-chris-

1. Sur Baur voir ScHWE1ITzER, Gesch. d. paulin. Forsch., p. 105.

2. Die Christuspartei in der korinthischen Gemeinde, der Gegensalz des petrinischen und paulinischen Christentums in der aeltesten Kirche, Der Apostel Petrus in Rom, Tüb. Z. f. Theol., 1831, 4, p. 41-136 ; Die sogenannten Pastoralbriefe des Apostels Paulus kritisch untersucht, Stuttgart, Tübingen, : 1835 ; Ueber Zweck und Veranlassung des Rômerbriefs, Tüb. Z. f. Theol., 1836, 3, p. 59-232; Einige weitere Beobachtungen über die Christuspartei in Korinth, Tüb. Z. f. Theol., 1836, 4, p. 1-32; Paulus der Apostel Jesu Christi, Stuttgart, 1845 (seconde édition publiée par ZELLer, Leipzig, 1866-67), Beiträge zur Erklärung der Korintherbriefz, Th. Jahrb., 1850, p. 139-185, 1852, p. 1-40, 535-574 ; die beiden Briefe an die Thessalonicher, Theol. Jahrb., 1855, p. 141-168 ; Ueber Zweck und Gedanken des Rômerbriefs, Th. Jahrb, 1857, p. 60-108, 184-209 ; Vorlesungen über neutestamentliche Theologie, Leipzig, 1864; Vorlesungen über die christliche Dogmengeschichte, 1, Leipzig, 1865.

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tianisme de Pierre et des apôtres de Jérusalem et le pagano-christianisme de Paul. Les divers livres du Nouveau Testament sont les documents de cette lutte; ils se classent d'eux-mêmes, quant à leur date et à leur authenticité, suivant le moment du conflit auquel ils correspondent. Baur croit posséder par là un critère permettant de résoudre le problème d’authenticité pour chaque livre, en particulier pour chaque épître conservée sous le nom de Paul. Il écarte de l’œuvre de l’apôtre non seulement les Pastorales dans lesquelles il pense reconnaître des allusions au mouvement gnostique postérieur, mais aussi les épîtres aux Thessaloniciens dans lesquelles il ne trouve pas d’écho des grandes luttes entre l’apôtre et ses adversaires et enfin les épîtres de la captivité (Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Philémon) où sont développées des idées étrangères aux grandes épîtres (Galates, Corinthiens, Romains), lesquelles sont, finalement, retenues comme seules authentiques, toutes les autres étant considérées comme des créations ultérieures du parti qui se réclamait de Paul. Accessoirement les thèses de Baur sont confirmées par des raisons d’ordre philologique, les différences de style et de vocabulaire que les épîtres contestées présentent par rapport aux grandes épîtres étant invoquées contre leur

authenticité. Enfin, Baur et ses élèves s’efforcent de démontrer que leur thèse est confirmée par le témoignage de la critique externe.

Le système de Baur fut accepté d’abord par ses collaborateurs directs, tels que Schwegler, Koestlin, Zeller et, plus tard, par un certain nombre de critiques tels que W.-R. Cassells, l’auteur de Supernatural Religion (London, 1874-77), Davidson, Hatch, Havet, etct.

L'importance de la théorie de Baur ne tient pas seulement à ce qu’elle est une construction puissante et grandiose qui, pour la première fois, présente une conception d'ensemble, systématique et cohérente de l’œuvre de l’apôtre Paul et de son rôle dans la genèse du christianisme, mais encore à ce que la manière dont Baur avait posé le problèrne a dominé toute l’évolution ultérieure de la critique.

La conception générale de Baur a été modifiée par ses disciples dans deux directions opposées. Un des points faibles du système était certainement l’opposition absolue établie entre les deux groupes, l’un authentique, l’autre inauthen-

1, DAvipson, An Introduction to the Study of the New Testament, London, 1868, 51894 ; Harcx, art. Paul, Enc. Brit®, XVIII (1885) (reproduit dans les $$ 4-32 de l’art. Paul, E.-B., III, col. 3606-3620) ; Haver, Le Christianisme et ses origines, V, Paris, 1884, p. 101.

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tique, distingués dans la littérature paulinienne. Cette distinction a quelque chose de forcé et d’arbitraire. Si on croit devoir, en tout ou en partie, combler le fossé que Baur avait creusé entre eux, on peut être conduit à des conclusions opposées : soit à étendre la condamnation portée par Baur aux épîtres retenues par lui, soit, au contraire, à estimer solidaire des grandes épîtres et, à ce titre, à retenir comme authentique tout ou partie des lettres rejetées par Baur.

La première voie a été suivie par Bruno Bauer!, qui représente l’extrême gauche de l’école de Tübingue mais qui est resté un isolé. Ses théories n’ont guère exercé d'influence et il a passé pour l'enfant terrible de la critique biblique. Ses idées cependant étaient si bien dans la logique d’un développement possible de la conception de Baur que tout un groupe de théologiens qui, au début au moins, semblent avoir ignoré Bruno Bauer ont abouti à des

1. BRuNo Bauer, Kritik der paulinischen Briefe, 1-III, Berlin, 1850-52. Un quart de siècle plus tard, Br. BAUER a développé sa conception positive des origines du christianisme dans Christus und die Cäsaren, der Ursprung des Christentums aus dem rümischen Griechentum, Berlin, 1877. Sur BR. BAUER voir MARTIN KEGEL, Bruno Bauer und seine Theorien über die Entstehung des Christentums, Leipzig, 1908; VAN DEN BERGH VAN EvsiNGa, Die holiändische radikale Kritik des Neuen Testaments, Léna, 1912, p. vII-xIv.

| conclusions très semblables aux siennes. Nous

voulons parler de l’école radicale hollandaise

qui, avec Pierson, Loman, Steck, van Manen

et d’autres!, finit par rejeter toutes les épîtres

pauliniennes.

Ce qu’on peut appeler la droite de l’école de Tübingue aboutit à des conclusions très différentes. Il faut signaler ici une circonstance assez remarquable, c’est que les disciples de Baur, sinon ceux de la première génération

1. ALLARD PIERSON, De Bergrede en andere synoptische Fragmenten, Amsterdam, 1878; A. Prerson et NABER, Verisimilia, Amsterdam, 1886 ; Loman, Quaestiones Paulinae, Th. Tidschr., 1882, p. 141-185, 302-328, 452-487, 1883, p. 14- 57, 1886, p. 42-113; (Jonnson) Antiqua Mater, À Study of christian origins, London, 1887 ; STezck, Der Galaterbrief nach seiner Echtheit untersucht, Berlin, 1888; Nager, Nuculae, Mnemosyne, 1888, p. 355-390; Vax MaAnEx, Paulus, I, De

Handelingen der Aposteln, II, De Brief aan de Romainen, III,

De Brieven aan de Korinthiers, Leiden, 1890-1896 (le tome II a été traduit en allemand par SCHLAEGER, Die Unechtheit des Rômerbriefs, Leipzig, 1906); art. Paul, £.-B., III, $$ 1-3, 33-51, col. 3603-3606, 3620-3638; FriepricH (MAEHLIS), Die Unechtheit des Galaterbriefs, Halle, 1891; D. VorLTer, Die Komposition der paulinischen Hauptbrieje, I, Der Rômerund Galaterbrief, Tübingen, 1890 ; Paulus und seine Briefe, Kritische Untersuchungen zu einer neuen Grundlegung der paulinischen Brieflitteratur und ihrer Theologie, Strassburg, 1905. Voelter rejette entièrement l’épître aux Galates mais reconnaît dans les épîtres aux Romains et aux Corinthiens des fragments authentiques. Sur l’école hollandaise on consultera le livre de VAN DEN BERGH VAN EYvsiNGA, Die holländische radikale Kritik des Neuen Testaments.

comme Schwegler, Koestlin et Zeller, du moins ceux de la seconde comme Hilgenfeld, Hausrath, Weiz äcker et Pfleiderer apportèrent aux thèses du maître dont ils continuaient cependant à se réclamer, de telles restrictions que les positions prises par eux finirent par se rapprocher singulièrement, sur plusieurs points importants, de celles que les adversaires de l’école de Tübingue avaient défendues contre Baur et ses premiers disciples. Il m'est donc pas nécessaire, pour cette période de la critique, de distinguer entre partisans et adversaires de l’école de Tübingue.

On peut caractériser ce mouvement de la critique en disant qu’il a opposé aux idées de. Baur une conception plus large et plus souple du paulinisme. Le schéma construit par Baur a été jugé trop étroitet l’on a fait entrer dans le cadre de la vie et de la théologie de Paul des lettres qui en avaient étéexclues, soit pour des raisons de langue, soit pour des raisons de pensée. On assiste ainsi, depuis le milieu du siècle dernier, à un élargissement progressif de la conception du paulinisme et, comme conséquence, de la littérature paulinienne.

En 1850, Grimm et Lipsius soutiennent l’authenticité de la première épître aux Thessaloniciens. Ils sont suivis par Hilgenfeld, Hausrath, Holtzmann, Pfleiderer, von Soden

et par la grande majorité des critiques actuels?. Le même Grimm, puis Reuss, Klüpper, Spitta, Askwith, Harnack, Lake? se prononcent également pour l’authenticité de la seconde épttre, maiscette thèse, tout en ralliantun nombre important de partisans, n’a pas, jusqu’à présent, été acceptée d’une manière aussi générale que celle dé l’authenticité de la première épîtres.

1. Grimm, Die Echtheit der Briefe an die Thessalonicher, St. u. Kr., 1850, p. 753-816 ; Lrpsrus, Ueber Zweck und Veranlassung des ersten Thessalonicherbriefs, St. u. Kr., 1854, p. 905-934; HiILGENFELD, Die beiden Briefe an die Thessa- Jonicher nach Inhalt und Ursprung, Z. f. wiss. Th., 1862, p. 225-264; Einl, p. 236-247; HaAusRATH, Der Apostel Paulus?, Heidelberg, 1872, p. 299; PrFLEIDERER, Paulin., D. 3815, :CUrChr:, I, p.- 88-955; -WeIrzSAECKER, ‘Ap. Zeit, p. 241-249; HoLTzMANN, Einl., p. 213 s.; P. ScxMioT, Der erste Thessalonicherbrief neu erklärt, Berlin, 1885; Von SoDEN, Der erste Thessalonicherbrief, St. u. Kr., 1885, p. 263- 310 ; Urchr. Litgesch., p. 14-18; DE FaAve, De vera indole Pauli apostoli epistularum ad Thessalonicenses, Parisiis, 1892 ; JüLicHER, Einl., p. 465.

2. Grimm, art. cit, ; RENAN, Saint Paul, Paris, 1869, p. vi, 235 s. ; KLôPper, Der zweite Brief an die Thessalonicher, Theoiogische Studien und Skizzen aus Ostpreussen, T1, 1889, . p. 73-139 ; SpiTTA, Zur Gesch. u. Lit. d. Urchr., I, p. 109-154 ; AskWitTax, Introduction to the Thessal. epp., London, 1902; Harnack, Das Problem des zweiten Thessalonicherbriefs, Sitzber. Berl. Akad. d. Wiss., XX XI, 1910, p. 560-578; K. LAKE, The earlier Epistels of St. Paul, their Motive and Origin, London, 1911, p. 615.

3. Se prononcent contre l’authenticité : HiLGENrELD, Einl., p. 744-765; HoLSTEN, der Brief an die Philipper, Jahrb. pr.

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L’épître aux Philippiens que Baur et ses disciples, Schwegler, Koestlin, Volkmar, Holsten avaient catégoriquement rejetée!, fut défendue par un nombre de plus en plus grand de critiques tels que Lünemann, B. Weiss, Grimm, Hilgenfeld, Schenkel, Weizsäcker, Harnack, Pfleiderer, etc.?. À l’heure actuelle son authen-

Th., 1875, p. 425 Ss.; BAHNSSEN, Zum Verständniss von II Thess., 2, 3-12. Ein Beitrag zur Krilik des zweiten Thessalonicherbriefs, Jahrb. pr. Th., 1880, p. 681-705; HOLTZMANN, Einl., p. 213 s.; Zum zweiten Thessalonicherbrief, Z. N. T. W. II, 1901, p. 97-108; PFLEIDERER, Paulin., p. 38 s.; Urchr., 1, p. 95-101; Raucx, Zum zweiten Thessalonicherbrief, Z. f. wiss. Th., 1895, p. 457-465; WREDE, Die Echtheit des zweiten Thessalonicherbriefs untersucht, Leipzig, 1903 (T. U., N. F. IX, 2); HozzManN, Die Unechtheit des zweiten Thessalonicherbriefs, Z. N. T. W., V, 1904, p. 28-38.

1. Baur, Paulus, p. 458-475; Zur neutestcm2ntlichen Kritik, Th. Jahrb., 1849, p. 501-533 ; Ueber Philipper, 2, 65., Th. Jahrb.,1852, p. 133-144; SCHWEGLER, Das nachapostolische Zeitalter, Tübingen, 1846, II, p. 131; KoEsTzIN, Zur Geschichte des Urchristentums, 11, Th. Jahrb., 1850, p. 203 s.; VozkMAR, Ueber Clemens von Rom und die nächste Folgezeit, Th. Jahrb., 1856, p. 310-316 ; Ueber Euodia, Euodius und Anaclet, Th. Jahrb. 1857, p. 147-152 ; HOLSTEN, der Brief an die Philipper, . Jahrb. pr. Th., 1875, p. 425-495, 1876, p. 58- 165, 282-372. Cf. aussi ur Zur Kritik paulinischer Brieje, Leipzig, 1870, p. 1s.

2, LüNEmMaNN, Pauli ad Philippenses contra Baurium, Goettingae, 1847; B. Weiss, Der Philipperbrief ausgelegt, Berlin, 1859 ; Grimm, Ueber die Stelle Philipp., 2, 6-11, Z. f. wiss. Th, 1873, p. 33-59; HiLGENFELD, Paulinische Forschungen, Z. f. wiss. Th., 1873, p. 178-188 ; Hoekstra und der Philipperbrief, Z. f. wiss. Th., 1875, p. 566-576 ; Der Brief des

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ticité peut être regardée comme un des résultats acquis de la critique paulinienne.

En ce qui concerne l’épître aux Colossiens, la position de la critique s’est aussi modifiée depuis Baur, mais plus lentement. Hilgenfeld, par exemple, ne s’est pas séparé sur ce point des idées de son maître’. La thèse de l’inauthenticité complète a été abandonnée par H. Ewald qui a proposé de voir dans l’épître une lettre écrite par Timothée au nom de Paul?, puis par Weisse, Hitzig, Holtzmann et d’autres qui ont cru pouvoir distinguer entre un fond authentique et des interpolations ultérieuress. Enfin l’authen-

Paulus an die Philipper und C. Holsten’s Kritik desselben,

: Z. f. wiss. Th., 1877, p. 145-186; Der Christus des Philipper-

briefs, Z. f. wiss Th., 1884, p. 498-505 ; Einl., p. 3475. ; SCHEN- KEL, Christusbild ee Apostel, Leipzig, 1879, p. 91; Were KER, Ueber die aelleste rümische Gemeinde, Jahrb. d. Theol., 1876, p. 292.s.; HARNACK, Uebersicht über die kirchengeschichtliche Arbeit der letzten Jahre, Z. f. Kirchengesch., II, 1878, p. 65 ; PFLEIDERER, Paulin., p. 41s.; Urchrist., I, p. 176-183.

1. Der Gnosticismus und das Neue Testament, Z. f. wiss. Th., 1870, p. 245-252; Einl., p. 663-669.

2, H. Ewan, Die Sendschreiben des Apostels Paulus, Goettingen, 1857, p. 11, 466 s. La thèse de Ewaiïd a été reprise par R. Scorr, The pauline Epistels, New-York, 1909, p. 300 s.

3. Cu.-H. Weisse. Philosophische Dogmalik, 7e 1855, p. 146; Beiträge zur Kritik der paulinischen Briefe, p. 22 s.; HirziG, Beiträge zur Kritik paulinischer Briefe, p. 22 s.; HOLTZMANN, Kritik der Epheser une Kolosserbriefe, Leipzig, 1872 ; SOLTAU, Die ursprüngliche Gestalt des Kolosserbriefs, St. u. Kr., 1905, p. 521-562; Jou. Weiss, Das Urchristentum, Goettingen,

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ticité intégrale a été défendue par Reuss, Schenkel, Bleek, Beyschlag, B. Weiss, Renan, Kilôpper, Oltramare et d’autres!. L'ouvrage de Dibelius (Die Geisterwelt im Glauben des Paulus, Goettingen, 1909)a beaucoup fait pour y rallier les critiques en montrant que la spéculation sur les rapports du Christ et des esprits. n’était nullement étrangère à la pensée exprimée par Paul dans les grandes épîtres?.

1917, p. 108. PrLEIDERER Urchr., I, p. 190 s. penche vers cette: hypothèse. Vox SopEx après l’avoir adoptée {Der Kolosserbrief, Jahrb. pr. Theol., 1885, p. 320-368, 497-542, 672-702) a incliné dans le sens de l’authenticité dans Æ. C., III, 1, p. 115. et surtout dans Urchr. Litergesch., p. 49-53. Dans ce dernier ouvrage, il n’admet plus qu’une seule interpolation : 1, 15-20.

1. Reuss, Geschichte der heiligen Schriften Neuen Testaments, Braunschweig, 1864, p. 103-110; Ep. paulin., II, p. 135-163 ; ScHENKEL, Die Briefe an die Epheser und Kolosser, 1862, 21867, p. 167 ; Christusbild der Apostel, p. 83-86 ; BLEEK, Briefe an die Kolosser, Philemon und Epheser, 1865, p. 185s.; Einleitung in das Neue Testament, von MancoLp, Berlin, 1886, p. 553 ; BeyscaLaG, Christologie des Neuen Testaments, Berlin, 1866, p. 201 ; B. Weuwss, Biblische Theologie des Neuen Testaments, Berlin, 1868, p. 223; RENAN, S. L., D. VII-xXnI; KzôPper, Der Brief an die Colosser, Berlin, 1882 ; OLTRAMARE, Commentaire sur les épêtres de saint Paul aux Colossiens, à Philémon et aux Éphésiens, Paris, 1891-1892, I, p. 66-90.

2. En ce qui concerne l’épître à Philémon on peut noter la même évolution que pour l’épître aux Colossiens avec cette différence seulement que la presque unanimité des critiques, à part les représentants de l’école hollandaise et PFLEIDERER, (Paulin., p. 44 ; Urchrist.1, p. 683 mais pas Urchrist.?), est favorable à la thèse de l’authenticité.

| 5 PT ER de c2 C4 — à si sd 4 2 * k

En ce qui concerne par contre les épîtres aux

Éphésiens, à Timothée et à Tite, l’évolution de

la critique depuis Baur a été moins marquée.

Sans doute, après Lünemann et Reuss, Rinck, Räbiger, Schenkel, Sabatier, Krenkel, Mac Giffert, Bacon ont défendu la thèse de l’authenticité de l’épître aux Éphésiens!. Celle-ci cependant ne peut être, à l’heure actuelle, considérée comme généralement admise. Elle a été, depuis l’époque de Baur, combattue, en dehors de l’école de Tübingue, par des hommes comme Klôpper, Ewald, Renan, Hitzig, Holtzmann, Von Soden, Brückner, Clemen, R. Scott, Moffatt, Dibelius, Joh. Weiss?.

1. LünEmANN, De epistolae ad Ephesios authentia, lectoribus, consilio, Goettingen, 1842; Reuss, Gesch., p. 103-110 ; Ep. paulin., 11, p. 135-163 ; RINCK, Dispulatio ad authentiam epistolae ad Ephesios probandam, Haag, 1848; RaAgzicer, De christologia Pauli contra Baurium disputalio, 1852 : SCHENKEL, Der Briefe an die Epheser und Kolosser, p. 7 5.5; SABATIER, art. Éphésiens, dans l'Encyclopédie de LICHTENBERGER, 1 V, p. 439-442; Mac G1FFERT, À History of Christlianity in the Apostolic Age (1897) revis. ed., New-York, 1920, p. 382-385 ; Bacon, Story of St. Paul, Boston, 1904, p. 299 s.; JüzrcHer (Einl., p. 128) laisse la question pendante.

2. KièPrEer, De origine epitolarum ad Ephesios et Colossenses a crilicis tubingensibus e gnosi valentiniana deducta, Greisswald, 1853 ; Der Brief an die Epheser, Goettingen, 1891; H. Ewazp, Sendschreiben des Apostels Paulus, p. 469; RENAN, S. P., p.x11s.(Renan considère l’épître comme écrite par T ychique) ; Hirzic, Zur Kritik paulin. Br., p. 22 s.; HozTzMANN, Krit. d. Eph. u. Kolbr.; Von SopeN, Der Epheserbrief, Jahrb. pr.

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20) LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

Quant aux épîtres pastorales, les partisans de l'authenticité intégrale sont moins : nombreux encore. En dehors de B. Weiss (Eïinl., p. 272-284) et de Zahn (Einl., I, p. 400-492) et, bien entendu, des théologiens catholiques, elle n’a eu, depuis 1850, que peu de partisaris, par exemple C.-W. Otto et Ernest Bertrand. La seconde épître à Timothée a été défendue par Reuss et par Heinrici?, enfin la thèse de l’authenticité indirecte a rallié un assez grand nombre de partisans, soit qu’on pense, avec Plitt et Ménégoz, à un remaniement des lettres authentiques, soit qu'on admette, avec Hitzig, Krenkel, von Soden, Joh. Weiss et d’autres, que l’auteur des Pastorales a utilisé des fragments de lettres authentiques de Paul$.

Th.#1887, p. 103-135, 432-498 ;°H. C: 1I1., 1, p.88 s.; Urchr. Litgesch., p. 145-155; Brückner, Chron. Re no p. 2575. ; CLEMEN, 1, p. 1385s.; R. Scott, The pauline Epistels, p. 180-208; MorrATtT. Introd., p. 373 s.; DiBeLius, dans LietTzMANN, Handb., III, 2, p, 113-114 (avec réserve) ; Jox. Weiss, Urchrist., p. 533 s

1. C.-W. Orro, Die geschichtliche Verhältnisse der Pastoralbriefe, Leipzig, 1860; E. BERTRAND, Essai critique sur authenticité des épîtres pastorales, Pons 1888.

2. Reuss, Ep. paulin., II, p. 309-336 (sur les opinions ne rieures de Reuss voir les éditions successives de sa Geschichte); HeinRici, Der litterarische Charakter der neutestamentlichen Schriften, Leipzig, 1908, p. 64.

3. Sur ces théories voir t. IV, 2e partie le chapitre sur les épîtres pastorales.

Dans la conclusion de son Histoire des études pauliniennes, Albert Schweitzer s’est montré sévère pour la critique du xix® siècle à laquelle il reproche d’avoir mis en œuvre plus d’érudition que de réflexion! C’est avant tout à l’étude de la pensée religieuse qu’il songeait en formulant ce jugement, mais il n’a pas tenu un compte suffisant des difficultés du problème, de l’effort considérable qu’il a fallu faire pour affranchir les études bibliques de l’emprise des préjugés dogmatiques et aussi du fait que ce n’est que lentement, à la fin du xrxe siècle et au commencement du xx°, que les progrès des études d'histoire religieuse ont, peu à peu, révélé le monde dans lequel a vécu Paul. En ce qui concerne le problème littéraire et historique des épîtres, le jugement de Schweitzer est franchement injuste. La comparaison des tableaux que présentaient de la littérature paulinienne de Wette et Credner avec ceux qu’on trouve chez Jülicher, Moffatt ou Joh. Weiss montre éloquemment que le travail du xix® siècle n’a pas été vain et que, s’il reste bien des problèmes à résoudre, bien des questions de détail à élucider,

1. Die paulinische Forschung stellt nicht eben ein Glanzleistung der Wissenschaft dar. Gelehrsamkeit wurde reichlich aufgewandt, aber es fehlte an Denken und Ueberlegen (Gesch. d; paulin. Forsch., p. 185).

34 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

la critique biblique est cependant dans la bonne voie ; elle doit seulement y marcher résolument en profitant des expériences faites-et en s’appliquant à être de plus en plus rigoureuse et précise,

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