Ce temple avait, d’après SrTrABon (VIII, 6,20), possédé
au temps de l’ancienne Corinthe, plus de 1.000 hiérodules, il n’était sans doute guère moins florissant au temps de Paul.
340 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
de ce fait pour créer l’expression « vivre à la corinthienne »!, Ce n’est peut-être pas par hasard que les deux passages dans lesquels Paul stigmatise le plus vivement les mœurs païennes (1 Thess., 4,3-7. Rom., 1,18-32) ont été écrits à Corinthe.
Un autre trait qui caractérise la vie corinthienne et qui se retrouve à toutes les époques dans les grandes villes commerciales et industrielles est le contraste violent qu'il y avait entre le luxe insolent des riches et la misère des pauvres ?.
Corinthe n’était pas un centre intellectuel comparable à Athènes, ou à Alexandrie, ou même à Tarse. Les philosophes cependant y étaient nombreux et considérés. On montrait avec vénération, sur la route de Cenchrées, le tombeau de Diogène qui voisinait avec celui de la courtisane Laïs (PausAnrAS, II, 2,4). Les cyniques paraissent avoir été ceux des philosophes grecs qui répondaient le mieux aux aspi-
1. Voir les références données par RENAN, Sf. P., p. 213, n.2. MaxIME DE Tyr (111, 10) qualifie les Corinthiens de onôovat.
2. Le rhéteur Alciphron écrit : « Je ne suis pas allé à Corinthe connaissant l’impudence (Bôslvupia) de ses riches et la misère de ses pauvres » (111, 60). Ainsi s’explique l’origine du proverbe cité par Horace « Non cuivis homini contigit adire Corinthum » (Ep., I, 17,36).
rations de l’âme corinthienne et à son désir effréné de jouissance.
Le récit que les Actes (18,1-18) donnent de la fondation de l’Église de Corinthe est très sommaire et presque exclusivement anecdotique ; il présente des lacunes assez frappantes (Zntr., ÎTI, p.271). Paul ne semble pas être arrivé dans la ville avec l'intention de s’y établir, il voulait seulement attendre que les circonstances lui permissent de retourner en Macédoine et ce ne fut que lorsqu'il apprit, à l’arrivée de Silas et de Timothée, que l’accès de la Macédoine lui restait interdit, qu'il se donna tout entier à la prédication de l'Evangile en Achaïe.
À son arrivée, au printemps de 50, il avait trouvé Aquilas et Priscille, juifs du Pont déjà convertis!,avec lesquels il exerça son métier?, Paul travailla sans doute pendant tout le temps dénsonrseloureasCorinthe ("Cor 915.2 TT Cor ALI OESTe
1 MEvYER, UrSpr. u An/., 111, p. 111.11] n’est pas dit,-en effet, qu'il les ait instruits et c’est à Stéphanas et non à eux, qu'est donné le titre de « prémices de l’Achaïe » (1, 16,15).
2, Tandis que Paul n’était qu’un simple artisan, Aquilas paraît avoir été un riche commerçant, il possédait une maison à Éphèse (1, 16,19) et une autre à Rome (Rom., 16,5). MEYER (Urspr. u. Anf., 111, p. 308) suppose, d’une manière aussi arbitraire qu’inutile, qu’Aquilas avait été en relations d’affaires avec le père de Paul.