‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 2)Chapitre 76 sur 92 · Contrairement à l’opinion de WExDT (Apgsch., p · texte numérisé non relu

Contrairement à l’opinion de WExDT (Apgsch., p

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Les Actes racontent que, peu après l’arrivée de ses compagnons, Paul rompit avec la synagogue et s'établit dans une maison voisine qui appartenait au prosélyte Titus Justus!. La rupture avec la synagogue ne paraît cependant pas avoir été complète. On ne comprendrait pas, sans cela, la scène qui se déroule devant le tribunal de Gallion peu avant le départ de Paul. L'établissement dans la maison de Titus Justus pourrait avoir correspondu seulement à une phase du développement de l’œuvre de Paul à Corinthe?. Les Actes mentionnent la conversion de beaucoup de Corinthiens, entre autres celle de Crispus, le chef de la synagogue, que Paul baptisa lui-même (7, 1,14).

Un seul épisode du séjour de Paul à Corinthe est raconté avec quelque ampleur, c’est la comparution de l’apôtre devant le tribunal de Gallion où les Juifs l’accusent de prêcher une manière de vivre qui est contraire à la Loi, qui pense qu’à l’arrivée de Silas et de Timothée, Paul cessa de travailler pour se consacrer entièrement à la prédication de l'Évangile.

1. L’épître aux Romains (16,23) nomme Gaïus le personnage qui donnait l'hospitalité à l’Église. On a supposé que son nom complet était Gaius Titus Justus.

2. Il semble cependant qu’à un moment qui doit, à peu près, correspondre à celui de la séparation d'avec la synagogue,

Paul s’est trouvé en danger à Corinthe, c’est ce qu'indique la vision rapportée par Actes, 18,9-10 qui sert à le rassurer.

c'est-à-dire de se livrer à une propagande religieuse qui ne peut se réclamer du judaïsme.

L’accusation était habile, car, si Gallion l’avait accueillie et reconnue fondée, la prédication de Paul serait tombée sous le coup de la loi romaine et l’apôtre aurait dû être reconnu coupable du crime de lèse-majesté. Maïs Gallion ne vit dans le conflit entre Paul et les Juifs qu’une divergence d'interprétation sur quelques points de la Loi et il refusa de s'intéresser à une question aussi subtile. Il renvoya les plaignants. Peu après cependant, Paul quitta Corinthe, il y était resté dix-huit moiss.

Les épîtres aux Corinthiens donnent, sous la forme d’allusions et d’évocations de souvenirs, quelques renseignements complémentaires sur la fondation de l’Église. Paul se considérait comme son seul fondateur, si d’autres y avaient aussi travaillé ce n’avait été que sur le fondement posé par lui (J, 3,6.10). Il est le seul père des Corinthiens (1, 4,14 s.) et leur Église est le sceau, c’est-à-dire la preuve vivante de son apostolat (7, 9,2}.

1. Cette durée doit être celle de tout le séjour de Paul à Corinthe et non seulement, comme le texte autoriserait peutêtre à le comprendre, celle de son enseignement dans la maison de Titus Justus.

2. Les collaborateurs que Paul eut à Corinthe, Aquilas et Priscille (Rom., 16,3), Silas et Timothée (ZI, 1,19) lui furent

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Les dispositions dans lesquelles Paul avait abordé le travail d’évangélisation à Corinthe sont caractérisées dans 1 Cor., 2,1 s.! Sous l’impression des épreuves par lesquelles il venait de passer et peut-être aussi de l’état de faiblesse et de maladie dans lequelil se trouvait (p. 1305.), Paul a systématiquement renoncé, à Corinthe, aux arguments dialectiques et aux démonstrations rationnelles qui, sans doute, n’ont jamais formé l'essentiel de sa prédication mais dont il peut avoir usé en d’autres circonstances. A Corinthe, Paul a voulu laisser agir uniquement la puissance de l'Évangile, il s’est complètement effacé derrière le message qu'il apportait et ce message 11 le résume dans la formule « Jésus Christ crucifié ».

Ce caractère exclusif de la prédication corinthienne ne doit cependant pas être exagéré.

donc subordonnés. On pourrait aussi supposer que l’apôtre les avait spécialement employés à répandre l'Évangile autour de Corinthe. Nous savons par Rom., 16,1 qu’il y avait une Église à Cenchrées ; Stéphanas est appelé (J, 16,15) prémice non de Corinthe, mais de l’Achaïe, Les Églises d’Achaïe sont aussi nommées dans 11 Thess., 1,4 et dans 11 Cor., 1,1, mais peut-être cette dernière mention n'est-elle pas primitive.

1. La fréquence avec laquelle le mot « vous » revient dans ces quelques versets, donne à penser que l’apôtre n’y caractérise pas sa prédication en général, mais, d’une manière particulière, sa prédication à Corinthe.

« Aux parfaitst, dit l’apôtre, nous prêchons une sagesse » (1, 2,6) et, s’il ajoute qu’il n’a pu parler aux Corinthiens comme à des êtres spirituels et qu’il a dû s’adresser à eux comme à des êtres charnels et à des enfants qu'il faut nourrir de lait et non d’aliments solides (3,1 s.), cela ne veut pas dire que la croix, en même temps que le salut ne soit pas la suprême sagesse, cela veut dire seulement que cette idée n’a pas été, à Corinthe, au centre de son enseignement et de ses préoccupations.

La prédication du Christ crucifié n’a pas été l'unique objet de l’enseignement de Paul aux Corinthiens puisque les épîtres nous montrent les fidèles instruits sur d’autres points encore. Ainsi, à propos de l’enseignement relatif à la mort et à la résurrection de Jésus, Paul emploie la formule «selon les Écritures » (I, 15,3-4), ce qui suppose tout un enseignement qui avait montré dans l'Évangile le couronnement de l’Ancien Testament. Quand on pense que cet enseignement avait été donné à une Église composée en majorité d'anciens païens, on voit la place qu’il a dû occuper dans la prédication de l’apôtre?.

1. Il s’agit ici de plénitude de développement spirituel et intellectuel, non de perfection morale,

2. La typologie développée dans 7, 10,2 s., suppose aussi les Corinthiens familiarisés avec l’Ancien Testament.

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Tout cela suppose une activité intense et prolonge, d'autant plus remarquable que l’apôtre consacrait une partie de son temps et de ses forces au labeur matériel qui lui assurait le pain quotidien (Z, 4,12 ; 9,6-27. IT, 11,7 ; 9,271).

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