‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 27 sur 98 · CAMES · texte numérisé non relu

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« Actes de Paul » (rod£ais ITaÿrcu) — est l'œuvre de Luc. C’est à cette source que le rédacteur, l’auteur ad Theophilum, qui a composé aussi Le troisième évangile, s'intéresse le plus.

Mentionnons enfin ici — bien que cette théorie n’appartienne pas rigoureusement à la même période de l’histoire de la critique que celles que nous venons de citer — le système développé par Harnack ‘ sur les sources de la première partie du livre des Actes. Harnack admet d'abord une : source, en partie écrite, en partie orale, originaire de Césarée et de Jérusalem et qui remonte, en dernière analyse, pour certains de ses éléments constitutifs aux filles de Philippe, pour certains autres à Jean-Marc. À cette source, désignée par la lettre À, et qui est de grand valeur historique, Harnack attribue les récits de 3, 1-5, 16 ; 8, 5-40; 9, 31-11,18 ; 12,1-23. Une seconde source B est parallèle à A, mais de valeur historique moindre, elle a fourni les chapitres 2 et 5, 17-42. Une troisième source, originaire d’'Antioche, et qui remonte à Silas a fourni 6, 1-8, 4; 11, 19-30 ; 12, 25-15, 35. Enfin le récit de la conversion de Paul (9, 1-30), vient d’une source particulière. Selon Harnack il n’y. a pas lieu de rechercher de sources dans la seconde partie qui est toute en-

1. Die Apostelgeschichte. (Beitraege zur Einleilung in das Neue Testament, 111), Leipzig, 1908, p. 160-188,

tière — morceaux à la première personne compris — l’œuvre de Luc :.

Le bref résumé qui précède ne peut suffire pour donner une idée tout à fait exacte de la manière dont a été traitée la question des sources. Il faudrait ajouter que, chez certains au moins des critiques qui se sont occupés de ce problème, la distinction des sources à été poussée très loin, parfois jusqu’à l'attribution d'origines différentes à deux moitiés d’un même verset. La précision des résultats auxquels avait abouti l’analyse cri-

1. On consultèra encore sur la question des sources A. Jacos- SEN, Die Quellen der Apostelgeschichte, Berlin, 1885 ; CLEMEN, Die Zusammensetzung von Apostelgeschichte 1-5,St.u.Kr.,1895, p.297s. ; Rose, La crilique nouvelle et les Actes des Apôtres, Revue Biblique, 1898, p. 325-342; W. Herrmüzcer, Die Quellenfrage in der Apostelgeschichte, Th. Rund., 1899, p 47-59, 83-95, 127-140; Zimmermann. Die vier ersten christlichen Schriften der jerusalemischen Urgemeinde in den Synoplikern und der Apostelgeschichte, St. u. Kr.,-1901, p. 438 s. ; H. \WVarrz, Die Quelle der Philippusgeschichten in der Apostelgeschichte, 8, 5-40, Z. N. T. W., 1906, p. 340 s.; Brupau, Die Quellenscheidungen in der Apostelgeschichte, Bibl. Zeitschr., 1907, p. 166-189, 258-261; Ramsay, The Authorilies used in the Acts I-XIT, The Exposilor, 1909 ; E. pe FAYyE, Elude sur les origines des Eglises de l’âge apostolique (Bibl. de l'Ec: des Hles Et. Sc. rel., t. XXIIL), Paris, 1909, p. 27-97 ; F. Prat, Bulletin d’exégèse du Nouveau Testament : Les sources des Actes des Apôtres, Recherches de Science religieuse, 1913, pp. 275-296 ; W. Bousser, Der Gebrauch des Kyriostitels als Krilerium für die Quellenscheidung in der esten Hälfte der Apostelgeschi- Chie Ze Ne TNT MOT pe MA1LSE

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tique du Pentateuque et des livres historiques de - l'Ancien Testament a certainement exercé ici une fâcheuse influence et a poussé certains exégètes à se proposer un idéal chimérique et à méconnaître les importantes différences qu’il y a entre les conditions de rédaction des livres de l’Ancien Testament et celles des livres du Nouveau. Ils ont ainsi sous-estimé, et de beaucoup, le rôle des rédacteurs qui, dans le Nouveau Testament, sont bien plus actifs et moins dépendants à l'égard de leurs sources que dans l'Ancien, mais les dominent dans une certaine mesure au moins et les utilisent avec quelque liberté au lieu de se borner à les compiler.

La faute de méthode qui a été ainsi commise d'une manière très générale a eu des conséquences fâcheuses. D'abord le problème, tel qu'on l'avait conçu, étant un problème mal posé, on a été conduit à des solutions arbitraires et contradictoires. Les divergences qui se sont ainsi manifestées. dans la distinction des sources ont créé un certain scepticisme non seulement à l'égard des théories proposées, ce qui eût été légitime, mais encore, ce qui est excessif, à l’égard de la possibilité même d'aboutir à quelque résultat positif quant à l’analyse des sources.

Dès la première édition de son Introduction au Nouveau Testament qui date de 1894, Adolf Jüli-

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cher ‘ a formulé d’expresses réserves à l'égard de la manière dont, à cette époque, on posait le pro- blème des sources. Sans méconnaître le moins du

monde que dans les Actes ne soient entrées des

traditions que le rédacteur n’a pas été le premier à mettre par écrit, Jülicher croit que bon nombre des particularités du récit des Actes doivent être expliquées par les caractères que revêt la tradition orale. Ainsi, mieux que par n'importe quelle hypothèse de combinaison de sources écrites, on peut, pense-t-il, rendre compte des lacunes que présente Le récit et de l’angle très particulier sous lequel les choses y sont envisagées, « Il vaut mieux, conclut-il, renoncer à poursuivre la chimère d’une reconstruction des sources des Actes jusqu'au moment où la découverte d’une œuvre analogue et contemporaine permettra de faire, là aussi, de la critique synoptique *. » Sans témoigner à l'égard de la recherche des sources un scepticisme égal à celui de Jülicher, Johannes Weiss * formule de son côté d’expresses réserves à l'égard du programme qui parais-

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