Sauvez BerGrn, Un ancien lexte latin des Actes des Ap
LELTEXTE L. 79
gnages s'ajoutent celui de La version copte sahidique, de la version syriaque philoxénienne et les citations des Pères latins comme Irénée, Cyprien ', Augustin.
L'étude que von Soden a faite de la manière dont les variantes de la recension £ se répartissent entre les divers témoins de ce texte confirme l’idée que cette forme du texte ne résulte pas d’une accumulation fortuite de variantes qui pourraient avoir des origines très diverses mais qu'elle à une source, sinon unique, du moins homogène.
Les leçons caractéristiques du texte £ sont en effet tellement dispersées entre les divers témoins qu’on ne saurait admettre qu’elles aient passé des uns aux autres mais qu’on est nécessairement conduit à penser qu’elles proviennent d’une source commune’.
tres retrouvé dans un manuscrit provenant de Perpignan, Notices et extraits des Manuscrits de la Bibliothèque nationale lt. XXXV, 1° partie Paris, 1895; F. Brass, Neue Texlzeugen für die Apostelgeschichle, St. u..Kr., 1896, p.436 s.
1. P. Corssen, Der cyprianische Text der Acta Apostolorum, Berlin, 1892,
2. Die Schriften, 1, p. 1334. Contre l'hypothèse d’une recension homogène on pourraitiêtre tenté de faire valoir le fait que deux auteurs qui se sont proposé de reconstruire la recension 8 Bass (Acta Apostolorum sive Lucae ad Theophilum liber alter secundum formam quae videlur romanam, .Lipsiae, 1896) et Hicrcenrecr (Acla Apostolorum graece et latine, Berlin, 1899) ont ‘abouti à des résultats qui sont loin d'être identiques.
Il. — La THÉORIE DE BLASS ET SES ANTÉCÉDENTS d
Déjà, au vin° siècle, Bède le Vénérable avait été frappé des particularités que présentait le texte du manuscrit Ë mais sans être parvenu à se les expliquer‘. Au xvi° siècle Théodore de Bèze fit, à propos du manuscrit D, des remarques analogues. Il reconnut que les lecons propres à ce manuscrit ne pouvaient être considérées comme des falsifications hérétiques*. Au xvir° et au xvinr° siècles plusieurs critiques, Jean Leclerc, Heinsterhuis, Semler * reconnaissaient plus ou moins nettement en D une recension originale. W. Whiston (1667-1752), celui que Hort appelle the eccentric Whaiston ‘, croit que c’est D qui a conservé
Loisx (p. 130) conclut de là que « le texte dit occidental... ne procède pas d’un archétype unique mais représente un conglo- . mérat de variantes qui n’ont pas toutes la même origine et dont l’attestation est assez inégale ». Cette conclusion ne nous paraît pas tenir suffisamment compte du fait que les témoins de la recension 8, qui sont d’ailleurs en petit nombre, et dont quelques-uns ne sont que fragmentaires, ne présentent pas le texte & pur mais une combinaison des leçons des recensions a et 8 en sorte que, même dans l’hypothèse la plus favorable, il y a à faire un travail de reconstitution très délicat.