‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 37 sur 98 · A NE · texte numérisé non relu

A NE

le texte primitif et traduit sur lui les évangiles et les Actes en suppléant à ses lacunes à l’aide de la Vulgate latine :.

En 1848 Bornemann publie le livre des Actes d’après le manuscrit D et donne à son travail un titre significatif *. Dix ans plus tard l’orientaliste Paul de Lagarde soutient, sans citer le travail de Bornemann, une thèse très semblable à la sienne. Dans une étude sur l'emploi qu’il convient de faire des versions orientales *, il examine la valeur respective des différents types du texte grec du Nouveau Testament. Les opinions qu’il soutient sont

1.Primilive New Testament. Part 1, containing the four Gospels with the Acts of the Apostles..., Stamford and London, 1745. Dans les autres parties (II-IV) les épîtres de Paul sont traduites sur le ms. DP le reste du Nouveau Testament sur le ms. A. Une note finale annonçait quatre autres parties qui devaient contenir divers apocryphes du Nouveau Testament, tels que la correspondance de Paul avec les Corinthiens, Clément Romain, Ignace, Polycarpe, Barnabas, l’épitre à Diognète, Hermas, les Constitutions Apostoliques. Cette traduction ne semble pas avoir vu le jour. Sur le Nouveau Testament de Whiston cf. T. H. Darcow and K.-H. Mouse, Historical Catalogue of the printed editions of Holy Scripture in the library of the British and Foreign Bible Society, London, 1903-1911, I, p. 276 s.

2. Acla Apostolorum ad codicis Cantabrigiensis fidem ita recensutt BORNEMANN ut nunc demum divini libri primordia eluceant, Pars 1., Grossenhain, London, 1848.

3. De Novo Teslamenta ad versionum orientalium fidem edendo, Berlin, 1857. [Programme du Cülnischer Realgymnasium.] Reproduit dans Gesammelte Abhandlungen, Leipzig,

très différentes de celles qui avaient cours de son temps et auxquelles les travaux de Tischendorf et de Westcott et Hort allaient donner plus de force encore. Dans la recension dite orientale il ne voit qu'une édition corrompue par ce qu’il appelle la témérité des correcteurs orthodoxes (p.5). Le texte du manuscrit de Cambridge, bien qu'il contienne des fautes imputables aux copistes, se recommande aux yeux de Paul de Lagarde par son accord remarquable avec les versions anciennes et avec les citations des Pères. II lui paraît avoir été copié sur un exemplaire du n° siècle. Pour l’édition des évangiles et des Actes qu’il se proposait de donner, de Lagarde voulait prendre pour base Le manuscrit de Cambridge (p. 6-7).

Les travaux de Bornemann et de Paul de Lagarde ont passé à peu près inaperçus. Tischendorf et Westcott et Hort, s’ils adoptent occasionnellement telle ou telle leçon du texte D', suivent en général la recension dite orientale et, encore en 1897, Bernhard Weiss publiait une étude destinée à montrer le caractère absolument secondaire des leçons propres à D *.

1. Par exemple, Wesrcorr et Horr adoptent le texte de D pour le récit de l’institution de l’eucharistie dans Luc, 29, 18-20.

2. Der Kodex D in der Apostelgeschichte, Leipzig, 1897 (T. U. XVII, 1). B. Weiss avait déjà exprimé le même senti-

ment dans Die Apostelgeschichte. Textkritische Untersuchungen und Textherstellung, Leipzig, 1893, (T. U. IX. 3.4), p. 2.

Cependant dès l’année 1885-86, Theodor Zahn avait proposé comme sujet de concours aux membres de son séminaire de Nouveau Testament à l’université d'Erlangen, « l'étude dés particularités présentées par le manuscrit D dans les Actes » (Einl., Il, p. 349). Le lauréat du concours était arrivé à cette conclusion que la recension dite occidentale représentait soit le brouillon de l’auteur, soit un exemplaire de son œuvre qu'il avait conservé par devers lui et auquel il avait fait, après coup, diverses additions. C'était en germe la théorie que Blass devait lancer d’une manière retentissante en 1894.

Dans un article des Studien und Kritiken de 1894 ‘, puis dans toute une série de publications, notamment dans deux éditions précédées d'importants prolégomènes *, Blass a soutenu que les deux recensions étaient authentiques l’une et l’autre et qu'elles émanaient de Luc l’une aussi bien

1. Die zwiefache Textüberlieferung in der Apostelgeschichte, St. u Kr., 1894, p. 86-119.

2. Acta Apostolorum sive Lucae ad Theophilum libcr alter, editio philologica, Gœttingen, 1895; Acta Aposlolorum... secundum forman quae videtur romanam, Lipsiae, 1896; Ueber die verschiedenen Textformen in den Schrifien des Lucas, Neue kirchliche Zeitschrift, 1895 (pp. 712-725); 1896 (p. 964-971) ; De duplici forma Actorum Lucae, Hermathena, 1895, p. 121-143; De variis formis evangelii Lucani, Hermathena, 1896, p. 291 s.

que l’autre. Voici comment il se représente la genèse de cette double édition.

Luc, ayant composé les Actes à la fin de la période de deux ans dont parle le dernier chapitre du livre, fit de son travail une copie soigneusement revisée qu’il envoya à Théophile à Antioche. C’est de cette copie que dérive la recension orientale. À la demande des chrétiens de Rome, Luc leur donna son brouillon qui devint la source d’où provient la recension occidentale ou romaine. Blass prétend expliquer de la même manière les deux formes que la tradition donne de l’évangile de Luc; seulement, dans le cas de l’évangile, la relation des deux recensions est l’inverse de ce qu’elle est pour les Actes. C’est du premier jet de Luc que dérive la forme orientale ; l’origine de la forme occidentale doit être cherchée dans une copie de son œuvre que Luc aurait fait confectionner pour l'Eglise de Rome.

La théorie de Blass a fait l'objet de longues et ardentes discussions dans l'historique desquelles il est impossible d'entrer car il faudrait pour cela envisager dans son ensemble le problème de l'histoire du texte des évangiles et des Actes, avec les rapports qu'il y a entre les leçons de D, et les versions latines et syriaques. Bornons-nous à indiquer que la théorie de Blass sur la double recension des Âctes a été, dans son principe tout au

moins, acceptée par quelques critiques comme Zabhn ‘, Draeseke *, Nestle *, Zoeckler ‘, Hilgenfeld , Belser *, tandis qu'elle était rejetée par d’autres comme Ramsay ‘, Bernhard Weiss *, Harnack *, P. W. Schmiedel ‘ Jülicher #, Pott *,

1. Einl., II, p. 339-360 ; Die Urausgabe der Apostelgeschichte, Leipzig, 1918 (Forsch. z. Gesch. des neut. Kanons, IX).

2. Zur Ueberlieferung der Apostlelgeschichte, Z. f. wiss. Th., 1894, p. 192 5.

3. Eine neue bibüische Entdeckung, Christliche Welt, 1895, col. 304 s.; Einige Beobachlungen zum Codex Bezä, Sl.u. Kr., 1896, p. 102 s. ; Einf. in das gr. N.T., p. 242 s.

4. Die Apostelgeschichte als Gegenstand hôherer und niederer Krilik, Greisswalder Studien... H. Cremer dargebracht Gütersloh, 1895, p. 129-145, ;

5. Z.f. wiss. Th.,1896, p. 625 s. 1899 ,p. 138 s. ; Acta Apostolorum græce et latine, Berlin, 1899.

6. Das Lukasevangelium nach den neuestlen Forschungen, Th. Quartalschr., 1897, p.303 s. ; Zur Geschichte des Textes der Akta, Th.Qu., 1911, p.23-34; Beiträge zur Erklärung der Apostelgeschichte auf Grund der Lesarlen des Codex D und seiner Genossen, Freiburg i. B., 1897; Éinleitung in das Neue Testament, Freiburg i. B. 1905, p. 751-756.

7. Prof. Blass on the two editions of the Acts, The Expositor, février et mars 1895.

8. Der Kodex D in der Apostelgeschichte, Leipzig, 1897, T.U. AIRE

9. Der Aposteldekrel und die Blass'sche Hypothese, Sitzber. Bert. Akad., 1899 p. 150 s. ; Ueber den ursprünglichen Text Act. Ap., 11, 27. 28; Sitzhber. Berl. Ak., 1899, p. 316 s.

10. Art. Acts of the Apostles in Encycl. Bibl., 1, col. 50-56.

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