‹ Introduction au Nouveau Testament (volume 3)Chapitre 47 sur 98 · MAT PIN ER ERA A DS UT · texte numérisé non relu

MAT PIN ER ERA A DS UT

erreurs ou bien pour conformer les faits à une théorie qui lui était chère, l’une et l’autre hypothèse sont contredites par le tableau, inspiré évidemment par une profonde sympathie et une grande admiration, qu'il trace de la personne et de l’activité de l’apôtre. IL faut donc admettre que l’auteur des Actes a été mal renseigné sur ce qui s’est passé à Jérusalem lors de la seconde visite de l’apôtre ‘. Il ne peut donc avoir connu l’épître aux Galates *.

En ce qui concerne l'épître aux Romains, il suffira de mentionner trois points principaux. L’auteur des Actes qui s'attache à montrer les progrès de l'extension du christianisme ne dit pas que Paul a porté l'Evangile de Jérusalem jusqu’à l'I1lyrie (Rom., 15,19.) ; il ne dit pas non plus, ce que l’épître aux Romains ne lui aurait pas laissé 1gnorer, que Rome ne devait pas être, dans la pensée de Paul, un point d’aboutissement mais le point de départ d’une nouvelle étape (Rom, 15, 24.).

1. IL a connu probablement une tradition plus ou moins semblable à celle contre laquelle Paul polémise dans l’épître aux Galates.

2. On conçoit que dans ces conditions, nous ne puissions attribuer une grande importance à un fait qui semble à WENDLAND Urchr. Lilform., p. 319) et à Lorsx (p. 389 et 416) établir que l’auteur des Actes a connu l’épître aux Galates : c’est que le même mot se retrouve dans Gal., 1,23 (niotuv v more ènéple:) et dans les Actes, 9, 21 (d xopbñoac).

ot EP à.

Enfin le livre des Actes ignore complètement l'existence d’une Eglise à Rome, si du moins on fait abstraction de la notice certainement secondaire de 28, 15 sur les frères qui viennent à la rencontre de Paul jusqu’au forum d’Appius et aux Trois Tavernes. |

Ni l'épitre aux Philippiens, ni les épîtres aux Colossiens et à Philémon ne permettent d'infirmer la conclusion à laquelle nous avons été conduit pour les épitres examinées jusqu'ici. Ces épîtres contiennent si peu d'indications historiques concrètes, ou bien en contiennent de si difficiles à interpréter qu'on pourrait, à la rigueur, comprendre que l’auteur des Actes, s'il les avait connues ait renoncé à les utiliser.

La conclusion de notre examen comporte des conséquences qui ne sont pas dénuées d'importance et qu'il convient d'indiquer en deux mots. D'abord, si le témoignage des Actes est indépendant de celui des épîtres, ce témoignage qui sur tant de points essentiels est confirmé par les épitres en acquiert plus de valeur. En second lieu il ne paraît pas possible que le livre des Actes ait été écrit à une époque trop basse, c’est-à-dire à un moment où un homme s'intéressant, comme le fait l’auteur, à la vie et à la personnalité de l’apoire n'aurait pas pu ignorer la collection de ses épitres. Les années 90-95 nous paraissent le terme

extrême au delà duquel il ne semble pas possible de descendre.

IT. — Les œuvres DE FLavius JosEPHE

La dépendance de l’auteur des Actes par rapport à l'historien juif Flavius Josèphe fournirait, si elle était établie, une indication intéressante sur la physionomie intellectuelle de l’auteur et, de plus, une donnée précise sur la date au delà de laquelle on ne saurait faire remonter la composition de l'œuvre de Luc.

Dès le xvm siècle on a noté certains parallèles et certains points de contact entre Josèphe et Luc*. Au cours du xix° siècle divers critiques ont incidemment soutenu que la notice des Actes sur

1. On sait, avec une précision qui dépasse ce qu’il est en général possible d’atteindre en matière d’histoire littéraire de l’an- Liquité, que le De Bello Judaico a été écrit peu avant 79 ; (Scnü- RER, Geschichte des jüdischen Volkes im Zeilalter Jesu Christi, 1 *-4, Leipzig, 1901, p. 79). Les Antiquilés Juives en 93/94, la 13° année de Domitien (XX,/1,Scaürer, Gesch., I *-°, p. 80). Le C. Apion après cette date (Scnürer, Gesch., I 5-,p. 89) et l’Autobiographie après 100 (Scnürer,Gesch., I *-4 p, 88).

2. J.-B. Orr, Spicilegium seu excerpta ex Flavio Josepho ad Novi Teslamenti illustralionem, Lugduni Batavorum, 1741 ; J.-T. Kress, Observaliones in Novum Testlamentum e Flavio Josepho, Lipsiae, 1755.

Theudas ne dépendait pas de Josèphe ‘ mais c’est Overbeck qui a vraiment posé pour la première

fois Le problème des relations entre les Actes et Josèphe*, Keim l’a effleuré peu après”; H.-J. Holtz-

mann ‘ l’a traité pour la première fois d’une ma-

nière complète en 1873 en concluant formellement | à la dépendance de Luc par rapport à Josèphe. ; Sa thèse a été acceptée par Krenkel”°, par Haus-

rath ‘, par Renan , par l’auteur de Supernatural Religion*, par Keim *, par Simons et par Steck‘';

4. SonnraG, Theudas der Aufrührer, St. u. Kr., 1837, p. 622- 652; Wresecer, Chronologische Synopse, Hamburg, 1843, p.105- 106; Beiträge zur Würdigung der Evangelien, Gotha, 1869, p.101-104, etc.

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