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pour la première fois, question de cet enseignement (Mc., 1, 21-22)1. Il ya, jusqu'à un certain point?, dans ce discours, un essai de groupement systématique de paroles de Jésus destiné à en faire comme la charte du Royaume de Dieu. Après l'introduction (5, 1-2), les Béatitudes (5, 3-72) forment comme un prologue qui caractérise l’économie nouvelle, puis, avec les paroles sur le sel et sur la lumière (5, 13-16), viennent des déclarations d’un caractère très général. Le rapport de l’économie nouvelle avec l’économie ancienne est ensuite caractérisé, d’abord théoriquement par le principe de l’accomplissement de la Loi (5, 17-20), puis pratiquement, par des exemples relatifs au meurtre, à l'adultère, au serment, à la vengeance, à l'attitude à l'égard des ennemis (5, 21-48). Après la morale viennent les pratiques religieuses, aumône, prière et jeûne (6, 1-18). On trouve ensuite une série d’exhortations sans lien logique apparent : les trésors (6, 19-21), l'œil (6, 22-23), les deux maîtres (6,24), le souci (6, 25-34), le jugement(7, 1-6), l'interdiction de la profanation
1. La correspondance entre les deux morceaux est rendue indiscutable par le fait que l'impression produite par le Sermon sur la Montagne est caractérisée par Matthieu (7, 28-29) exactement avec les termes que Marc emploie à propos de l’enseignement de Jésus dans la synagogue de Capernaum.
2. Surtout dans la première partie, la seconde n'étant guère qu'une collection de paroles sans lien réel entre elles.
(7, 6), l’exaucement de la prière (7, 7-11). La cohérence est plus forte pour les morceaux qui
: suivent et qui constituent la conclusion : résumé
de la Loi (7, 12), la porte étroite (7,13-14), l'arbre et les fruits (7, 15-28), la maison bâtie sur le roc (7, 24-27). Les paroles de Jésus sont suivies d’une notice sur l'effet qu’elles produisent sur les auditeurs (7, 28-29).
Le tableau des actes de Jésus (8, 1-9, 34) est constitué par une série de morceaux empruntés en partie à Marc, en partie à d’autres sources. En tête vient la guérison du lépreux (8, 1-4). Le déplacement de cet épisode s'explique facilement : Matthieu a laissé tomber le récit de Mare sur la fuite de Jésus dans un lieu désert (7, 35-38), il ne pouvait donc conserver à l'histoire du lépreux sa place originale, ce qui aurait eu pour effet de la localiser à Capernaum. Il a trouvé un endroit approprié pour l’insérer à la suite du Sermon sur la Montagne, alors que Jésus se trouve dans la campagne. Il met ensuite l'épisode du centenier de Capernaum (8, 5-13) et reprend le fil de la narration de Marc avec la guérison de la belle-mère de Pierre (8, 14-15) et les guérisons le soir (8, 16-171.
1. La dislocation par Matthieu du récit de la journée de Capernaum à pour conséquence que la scène n'est pas donnée comme se passant un jour de sabbat et que l’on ne voit pas pourquoi
Les morceaux qui suivent, la tempête (8, 14- 27) et Gadara (8, 28-34), sont aussi empruntés à Marc mais déplacés de manière à faire bloc avec les récits qui caractérisent l’activité de Jésus, tandis que, chez Marc, ils se trouvent plus loin, après l’enseignement en paraboles. Le désir de grouper les récits qui caractérisent l’activité de Jésus suffit pour expliquer ce déplacement sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'hypothèse d’une source accessoire parallèle à Mare mais qui aurait présenté une autre disposition. Matthieu a ensuite trois récits dans l’ordre de Marc : la guérison du paralytique (9, 1-8), la vocation de Matthieu avec la discussion sur les péagers (9, 9-13) et la discussion sur le jeûne (9, 14-17)!. On constate, après cela, un autre déplacement qui s'explique sans doute comme le précédent. La guérison de la femme à la perte de sang et la résurrection de la fille de Jaïrus (9, 18-26)sont insérées à cette place, enfin le tableau de l’activité de Jésus se termine par deux récits particuliers à Matthieu (la guérison de deux aveugles, 9, 27-31 et celle d’un démoniaque sourd-muet, 9,32-34). Le tableau de l’activité de Jésus est disposé de telle sorte
on attend le soir pour amener les malades à Jésus. 11 y a là une confirmation du caractère secondaire de Matthieu.
1. Ces deux récits, qui ne sont pas des récits de guérison, ont été insérés sous l'influence du récit de Marc.
qu'il fournit une illustration de la parole par laquelle Jésus répondra à la question du Baptiste : « Les aveugles voient, les impotents marchent, les lépreux sont nettoyés, les sourds entendent, les morts ressuscitent » (71, 5).
Le tableau de l’activité de Jésus qui constitue la section du récit de Matthieu que nous venons d'analyser est conçu avec une certaine objectivité en ce sens que la préoccupation de l’auteur est seulement de faire connaitre cette activité et non de donner une idée de l'accueil qui lui est fait. Les indications que l’on peut relever par endroits sur l'opposition qui se dessine contre Jésus ne sont que la reproduction de détails qui se trouvent dans la source et que nous lisons dans Marc. Ce qui appartient en propre à Matthieu a un caractère très général et ne parle que de succès et d’admiration de la foule.
C'est dans la deuxième section (9, 35-10, 42) qu'est mis en lumière l'accueil fait à l’activité de Jésus. Nous avons d’abord ici, par une nouvelle anticipation sur l'ordre suivi par Marc, l'envoi des disciples en mission, et le discours qui l’accompagne. Ce discours développe surtout l’idée des difficultés que rencontreront les missionnaires et de l'hostilité à laquelle ils se heurteront (9, 35-10, 42). Ce récit vient des Logia et Marc n’en donne qu’un bref résumé. Il est suivi