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CHAPITRE IX

J. — La Trapirion sur Luc!

Luc est nommé dans le Nouveau Testament comme un collaborateur de l’apôtre Paul. Il était médecin de profession et païen d’origine (Col.,4,14. Phm., 24. II Tim., 4, 11). On ne peut l'identifier, comme on a parfois proposé de le faire, ni avec l’un des 70 ou 72 disciples, ni avec le compagnon anonyme de Clopas sur le chemin d'Emmaüs, ni avec le frère que Paul cite avec éloges dans II Cor., 8, 18. Rien n'autorise non plus à voir en lui l’un ou l’autre des Lucius nommés dans Actes, 13, 1 ou dans Rom., 16, 21.

Nous croyons qu'il faut voir en Luc l’auteur du récit des missions de Paul qui est la source principale de toute la seconde partie des Actes (ner, II,

1. Pour ce paragraphe, comme pour plusieurs autres de ce chapitre, nous ne faisons que résumer ce que nous avons exposé à propos du livre des Actes. Voir Intr., III, p. 28 s.

p. 157 s. 342 s.). Il en résulte que Luc s'est trouvé auprès de Paul pendant la première partie de l'évangélisation de la Macédoine. Il l’accompagna plus tard de Corinthe jusqu’à Jérusalem, puis de Césarée jusqu'à Rome. D'après la recension occidentale d’Actes, 11, 27-28, il se serait déjà trouvé auprès de Paul à Antioche avant la première des grandes tournées missionnaires racontées par le livre des Actes. Mais, en cet endroit comme en bien d'autres, le texte occidental, loin d’être primitif, paraît n'être qu'une correction tendancieuse du texte oriental (Jntr., III, p. 86 s.).

Une tradition ancienne et presque universellement répandue attribue à Luc une origine antiochienne. On hésite cependant à la considérer comme fondée, d’une part, parce que c'est à Troas que Luc semble avoir rencontré Paul (Actes, 16, 10) et, de l’autre, parce que l'origine antiochienne de Luc pourrait bien avoir été déduite de la même origine attribuée à Théophile, peut-être à la suite d'une confusion faite entre lui et l'apologète du mème nom qui fut évêque d'Antioche à la fin du u' siècle. La place qu'occupe l'Église d'Antioche dans le récitdes Actes, le rôle important qu’elle y joue expliquent d'ailleurs qu'on ait fait de Luc un membre de cette Église à partir du moment où on l’eut considéré comme l'auteur du livre tout entier.

Les autres traditions relatives à Luc, à son

activité missionnaire et à son martyre ne constituent qu’un tissu de légendes dont il est impossible de rien retenir.

Ce que nous savons suffit cependant bour que nous puissions admettre que, soit dans l'entourage de Paul, soit pendant ses séjours à Jérusalem ou à Césarée, Luc a été à même de mener sur l'histoire de Jésus l'enquête dont parle le prologue du troisième évangile.

La portée de cette conclusion ct très diminuée et pratiquement annulée par le fait que, comme nous le verrons plus loin, le maintien de l’attribution traditionnelle du troisième évangile soulève de très grosses difficultés (voir p. 525).

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