Sur Théophile voir Intr., LL, p
tion transmise par les témoins oculaires mais plus complet, plus exact et mieux ordonné que ceux qui existaient déjà (7, 1-4), puis vient l’introduction (1, 5-4, 13) constituée par deux éléments. Le premier est un évangile de l'enfance qui est particulier à Luc et qui comprend l'annonce de la naissance de Jean-Baptiste (1, 5-25), puis celle de la naissance de Jésus (7, 26-38), le récit de la rencontre de Marie et d'Élisabeth avec le Magnificat que certains critiques attribuent à Marie et d’autres à Élisabeth (1, 39-56)!, puis viennent les récits
1. L'ensemble des manuscrits grecs et des versions donne la lecon Maptäu. Seuls trois manuscrits de l'ancienne version latine (a b 1) ont Elisabet. Leur témoignage est appuyé par Nicétas de Remesiana, les interprètes latins d’'Irénée, Paulin de Noleet des manuscrits que mentionne Jérôme à propos de la traduction de la septième homélie d'Origène sur Luc (ed. Lommarzscu, V, p. 108). La substitution d'Élisabeth à Marie étant peu vraisemblable, la lecon Elisabel apparait comme devant être ancienne, On a proposé (Loisy, /{, p. 303) d'expliquer la double lecon en supposant que, dans le texte primitif, le sujet n’était pas indiqué, Si cette hypothèse qui est très vraisemblable était admise, l’attribution du Magnificat à Élisabeth serait, très probable. La question a été posée en 1896 par VoeLter (Die Apokalypse des Zacharias im Evangelium des Lucas, Theol. Tidschr., 1896, p. 2445. (cf. Die evangelischen Erzühlungen von der Geburt und Kindheil- Jesu, Strassburg, 1911). L'attribution à Élisabeth a été soutenue par F. Jacosé (= Loisy) (L'origine du Magnificat, R. H. L. R., 1897, p. 424-432); par Hannack (Das Magnificat der Elisabeth, Sit:b. d. kün. preus. Ak. der Wiss. z. Berlin, 1900, p. 538 s.); par Loisv (I, p. 304 s.) ; par Conrany (Die Quelle der kan. Kindheilsgeschichte, p. 48-51); par Kôsrzix (Das Magnificat Le. 1, 46-55, Lob
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de la naissance de Jean-Baptiste avec l'hymne de Zacharie (1, 57-80) et de celle deJésus (2, 1-7), suivie de l’adoration des bergers (2, 8-20), de la présentation au Temple et de la rencontre avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne (2, 21-40). Cette partie de l’évangile se termine par l'épisode de la visite de Jésus au Temple à l’âge de douze ans (2, 41-52).
Le second élément de l'introduction est constitué par les récits du ministère de Jean-Baptiste (3, 1-20), du baptême (3, 21-22) et de la tentation (4, 1-13); ce dernier morceau est précédé de la généalogie de Jésus (3, 23-28). Le premier de ces récits est constitué, comme le récit parallèle de Matthieu (3, 1-12), mais avec addition de quelques éléments nouveaux qui sont l'indication chronologique de 3, 1-2, la notice de 3, 10-14 sur la prédication de Jean-Baptiste aux divers groupes
gesang der Maria oder der Elisabeth. Z. N. T. W., III, 4902, p. 142-145); par Burkirr (Who spoke the Magnificat, J. Th. SL, VII, 1906, p. 220 $.); etc. L'attribution traditionnelle à Marie est défendue par A. Duran (L'origine du Magnifical, R. B., 1898, p. 14-17); par BARDENHEWER (Îst Elisabeth die Sängerin des Magnificat? Biblische Studien, VI, Freiburg i. B., 1901); par F. SprrrA (Das Magnifical, ein Psalm der Maria und nicht der Elisabeth, Theol. Abh. f. H. 3. Hovrzmanx, Tubingen, 1902, p. 61-94); par Laneuze (De l'origine du Magnificat, Rev. d'hist. eccl., 1903, p. 623 s.); par A. E. Burn, art. Magnificat (Hasninc's Dietionary of Christ and Gospels, IT, col. 101; par LacRance (Le. p. 44), etc.
qui viennent le trouver et enfin l’emprisonnement de Jean (3, 19-20).
La première parte del’évangile contient le récit du ministère galiléen de Jésus (4, 14-9, 17). Comme dans Mare, cette parlie s'ouvre par un tableau de la première activité de Jésus, mais ce tableau est disposé autrement que dans le second évangile. Il commence par une petite notice substantiellement équivalente à celle de Mc., 1, 14-15 sur la prédication itinérante en Galilée (4, 14-15), puis vient la scène de la prédication de Jésus à Nazareth (4, 16-30) qui anticipe sur un morceau
qui ne sera donné par Marc que sensiblement
plus loin (6, 1-6“). Luc n'a certainement pas ici la disposition de la tradition primitive, il a
‘ opéré un déplacement ; c’est ce qui ressort du
fait que la scène de Nazareth suppose avant elle
. une activité suivie et en quelque sorte organisée
de Jésus à Capernaum (4, 23") telle qu’elle sera racontée dans Lc., 4, 81 s. (En. Meyer, Ursprung, I, p. 305). Le déplacement opéré par Luc donne, au commencement du ministère de Jésus, un caractère dramatique qu'il n’a pas dans les autres récits. Dès le début deux grandes idées sont mises devant l'esprit des lecteurs. La première c'est que Jésus apporte la réalisation de la prophétie de l'Ancien Testament, la seconde c'est que son Évangile ne sera pas accueilli par les siens. Sans doute
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la rares dont il est question au ». 24, c 'est Naz reth en opposition avec Capernaum, mais. les exemples qu'invoque Jésus, celui d'Élie et de la veuve de Sarepta, celui d'Élisée et de Naaman le Syrien, montrent que ce qui domine ici la pensée de l'évangéliste c’est l'opposition entre les Juifs et les païens. Au fronton de son œuvre, l'évangéliste paulinien, à placé une scène qui est comme une illustration du principe de Rom., 11, 15 surle re-. Jet d'Israël, rédemption du monde.
Après la scène de Nazareth, Luc place les récits de l’enseignement de Jésus à Capernaum (4, 31-32), des guérisons du démoniaque (4, 33-37) et de la belle-mère de Pierre (4, 38-39), des guérisons le soir (4, 40-41) et de la fuite de Jésus dans un lieu désert (4, 42-43). Ces divers récits se suivent dans le même ordre que dans Marc et sont donnés sous une forme très proche de la sienne. La notice sur la prédication itinérante en Galilée (4, 44) est plus brève que la notice correspondante de Marc, elle ne mentionne pas, comme elle, des guérisons, cet élément devant être repris dans un autre contexte. Entre cette notice et l'épisode dela guérison du lépreux (5, 12-16) qui, comme chez Marc, sert de conclusion au récit de la première activité ga-
1. Accessoirement on pourrait trouver dans la conciusion de l'épisode (4, 29-30) l'illustration de l'idée que l'hostilité des Juifs ne peut entraver l’œuvre de Jésus,
L'ÉVANGILE DE LUC x 457
liléenne de Jésus, Luc insère un récit qui lui est particulier et qui remplace celui de la vocationdes premiers disciples (Mc., 1, 16-20), c'est celui de la pêche miraculeuse et de la vocation de Pierre (5, 1-11). Qu'ici aussi il y ait un déplacement opéré par Luc, c'est ce qu'indique le fait qu’un épisode comme la guérison de la belle-mère de Pierre se comprend mieux après qu'avant la vocation de l’apôtre.
Le récit de la pêche miraculeuse apparaitcomme un doublet de la tradition représentée par Marc. L'indication relative au métier de Pierre et de ses compagnons est transportée dans les faits et la vocation à laquelle Jésus les appelle est symboliquement illustrée dans l'histoire de la pêche miraculeuse’. Accessoirement il faut noter dans le récit de Luc la présence d'un élément qui ne joue pas un rôle direct etqui vient de Marc, c'est Jésus enseignant depuis la barque (Lc., 5,8 cf. Me., 3, 9; 4, 1). Cette transformation du récit de Marc ne doit pas être l'œuvre de Luc ; elle est supposée en effet par le récit de Jn., 21, 1 s. qui ne peut directement dépendre de Luc. Resterait à expliquer pourquoi Luc n'a pas inséré le récit qu'il substi-
tuait à celuide Marc à la place qu'occupait celui-ci.
1. Il se pourrait qu'il faille admettre aussi l'influence de quelque motif mythique ou de quelque tradition populaire. Mais c’est là un point que l'on ne saurait préciser.