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Peut-être pourrait-on conjecturer que c'est par une sorte de respect, assez atténué il est vrai, à l'égard de la tradition de Marc.
Le tableau de la première activité de Jésus est suivi, comme dans Marc, d’une seconde section (5, 17-6, 11) où une série de conflits qui s'élèvent entre Jésus et les Juifs montrent l'opposition que rencontre dès ses débuts la prédication de l'Évangile. Dans cette partie, le récit de Luc est très proche de celui de Marc; il n’y a àsignaler que l'addition, à la suite de la parabole des outres, d’un logion particulier au troisième évangile : « Personne, après avoir bu du vin vieux, n'en demande du nouveau car, dit-on, le vieux est meilleur » {5, 39), et à la fin de la dernière péricope, la suppression du conseil tenu par les pharisiens et les hérodiens pour faire mourir Jésus (Me., 3, 6) et son remplacement par une indication moins précise : « Pleins de fureur, ils s’entretenaient de ce qu'ils pourraient faire à Jésus » (6, 11).
Les conflits sont, comme dans Marc, suivis
d’une troisième section constituée par l'institution
de l’apostolat (6, 12-16) et par une notice générale sur les guérisons (6, 17-19). Ces deux morceaux constituent aussi la troisième section de Marc; mais ils s'y trouvent dans l’ordre inverse.
Jusqu'ici nous avons retrouvé chez Luc un récit qui, à part quelques divergences, est parallèle à
celui de Marc. Après la notice sur les guérisons nous rencontrons, au contraire, deux sections particulières à Luc. En revanche, il n’y a pas,du moins dans ce contexte, d'équivalent à ce qui constitue la quatrième section de Marc (accusation de folie et de possession portée contre Jésus par sa famille et par les pharisiens, Mc., 3, 20-35); l'épisode de Beelzébul se retrouve chez Luc dans un autre contexte (11, 14 s.) et sous une forme qui ne parait pas dépendre du texte de Mare. Ea parole de Jésus sur ses vrais parents se retrouve &, 19-21. On peut supposer que Luc n’a pas voulu reproduire l'accusation de folie formulée par la famille de Jésus letque,suivant pour l'épisode de Beelzébul non pas Mare mais la source que Marc avait utilisée, il a inséré ce morceau à l'endroit où il se trouvait dans cette source.
La quatrième section de Luc est constituée par le discours dans la plaine (6, 20-49) qui est, dans le troisième évangile, l’équivalent du Sermon sur la Montagne. Son rôle est le même : c'est un spécimen de l'enseignement de Jésus. Il est constitué par les éléments suivants qui, à l’exception du second, particulier à Luc, ont un équivalent dans le Sermon sur la Montagne : Béatitudes (6, 20-23), malédictions (6, 24-26), amour des ennemis (6, 27-36), le jugement (6, 37-42), l'arbre
1. Il est à noter que Matthieu non plus ne l'a pas reproduite.