TAMENT EN DEHORS DE LA LITTÉRATURE ÉVAN
LIQUE. | Me + Sur le terrain chrétien !, c'est avec l'apôt ul Paul qu’apparaît pour la première fois, à notre " connaissance, le terme d'Évangile. Tantôt l'apôtre De dit, d'une manière absolue, « l'Evangile »
F tantôt il détermine le mot en disant « l'Évangile
de Dieu », « l'Évangile du Christ » ou « mon Évan- < gile ». L’ Évangile. au sens absolu, c'est la doctrine . prêchée par Paul : « L'Évangile que je vous ai prêché » (1 Cor., 15,1), c'est le mystère de la rédemption de hat pécheresse sauvée par Ja LR mort et la résurrection du Christ. C’esten ce sens et. qu'ilest « une puissance de Dieu » (Rom., 1, 16) et qu'il faut que les hommes lui soient asservis (Rom., 10, 16,) ?. De ce sens primordial en dérive un autre : l'Évangile n'est pas seulement la doctrine, le mystère, la puissance du salut, il est
1. Zaun, Einl., IL, p. 159 s. Jos. Wauss, Aell. Ev., p. 24 s.:
Loisy, 1, p.3s SRE Me. p:2; HAE Evangelium dans
Entistehung an Entwickelung der Kirchenverfassung und des N°
Kirchenrechts in den zwei erslen Jahrhunderten, Leipzig, 1910, De199%s
« 2 CLOS MANGA TIMOR UE NC 0 RTE
Lo (by
encore la prédication de cette doctrine. C’est en ce sens que Paul écrit aux Philippiens que son erm- Mic a servi à affermir l'Évangile (PAil.,
. cf. 12). C'est dans le même sens qu'il parle ve servir ou de lutter pour l'Évangile (PAïl., 2, 22 : 4, 3) et qu'il emploie le terme ?» Gp To cdayyehlou pour dire: « Au début de l’évangélisation de la Grèce » (Phil., 4, 15)!
De cette notion fondamentale nous passons tout naturellement à l'expression « mon Évangile », qui signifie exactement l'Évangile que je AE Mon: 2, 16. IT Cor., 4, 3. ne TETE 200 PThess., 1,5).
Le terme « Évangile de Dieu » ne peut non plus soulever de difficulté d'interprétation. Il
s'agit de l'Évangile qui vient de Dieu, dont l’auteur premier est Dieu, « l'Évangile de Dieu.
qu'il a annoncé à l'avance par les AE au sujet de son Fils » (Rom., 1,1 s.). Dans quelques textes il se peut qu'il y ait une notion un peu différente mais cependant directement apparentée à celle-là et que Paul entende par l « Évangile de Dieu » la prédication que Dieu la ar o de répandre (Rom., 15, 16. I] Cor., 11, 7. I Thess.,
L'interprétation de ja done expression qu'il
1. Cf. I Cor, 4, 15; 9, 14 ; 18, 28. II Cor, 8, 18. Gal, 2, 7 Phil, 1, 5. 16. I Thess., 2, 4. Phm., 13.
nous reste maintenant à examiner est plusdélicate. Dans la formule « l'Évangile du Christ » (ou du - Fils), on peut reconnaitre en effet aussi bien un génitif objeclif qu'un génitif subjectif. Grammaticalement, l'expression considérée, peut être traduite « l'Évangile dont Jésus est le contenu ou l'objet » ou bien «l'Évangile prèché par Jésus ». Zahn (Einl., II, p. 165 s.) a défendu la première de ces interprétations. Il fait observer d’abord que, pour exprimer l'idée du Christ objet de l'Évangile, Paul se sert de la préposition +2ei dans la formule de Rom., 1, 2 5. : sbxyy£lioy 0eo5
. msp! to5 viod abro5 où très certainement, la notion d origine est marquée par un génitif, tandis que le contenu est marqué par #cpi. Il convient toutefois de noter que Paul ne de pas employer ici, l'un à côté de l’autre, deux génitifs, l’un subjectif, l’autre objectif et que l'emploi du xp lui était ainsi imposé. L'argument de Zahn ne serait péremptoire que si l’on trouvait sbayy£liey reoi sans autre génitif, ce qui nest pas le cas. Zahn ajoute que dans l'expression « l'Évangile de Dieu » (et aussi dans +> sbayyéliov uoë), le génitifindique celui qui prêche ou de qui vient l'Évangile et que par analogie il faut entendre l’ « Évangile du Christ » dans L sens de « l'Évangile prêché par le Christ ». Il n'y à là, nous semble-t-il, rien de décisif, car il n’est nullement établi que Paul n'a pu joindre au
terme Évangile lantôt un génitif subjectif, tantôt
un génitif objectif. Zahn invoque aussi l’analogie qu'il y a entre les expressions considérées et le paprüproy roù Xprstoù ou le maprüprov teù 6ecù dont il
est question dans 1 Cor., 1, 6 et 1 Cor., 2, 1,
“expressions qu’il entend dans le sens de témoi-
gnages rendus par le Christ et par Dieu mais que le rapprochement avec / Cor., 15, 15 invite plutôt à comprendre dans le sens de témoignages relatifs au Christ et à Dieu. Enfin Zahn invoque le passage 11 Thess., 1, 8 où l'expression « l'Évangile de notre Seigneur Jésus » désigne certainement l'enseignement de Jésus. Mais il ne prouve pas que cette interprétation s'impose dans d’autres passages où l'on trouve des expressions analogues mais non identiques {. On le voit, les arguments invoqués par Zahn n'obligent nullement à adopter son interprétation de l'expression l'Évangile du Christ. Par contre, il ya un certain nombre de passages où cette interprétation apparaît comme peu naturelle, sinon comme impossible. Quand Paul dit, par exemple, qu'il a garde de fairé quoi que ce soit qui puisse nuire à l'Évangile du Christ (1 Cor., 9, 12), il est évident que sa conduite ne
4. Nous ne faisons pas état de l'argument tiré par Zahn du rapprochement des ro edayyehtév pou et de ro xfovyua ’Incoi Xptor0ù dans Rom., 16, 25, parce que ce passage ne nous parail pas faire partie du texte authentique de l’épiître.
Jésus mais qu'elle en a une directe pour T préc cation de cet Évangile. De même, dans J1 Cor., 2, 12, Paul dit qu’il est venu à Troas pour l' Évangile du Christ, ce qui ne peut signifier que « pour rie le Christ » (cf. 11 Cor., 10, 14). On peut ajouter encore que dans J1 Cor., 4, 3 et 4, 4 Paul emploie comme équivalentes les deux expressions
« leglorieux Évangile du Christ » et «notre Evan-
gile » 1, c'est-à-dire l'Evangile prêché par moi, ce qui rend très vraisemblable l'interprétation d'après
laquelle « le glorieux Évangile du Christ » n’est
pas autre chose que la doctrine relative au Christ prêchée par l’apôtre. ;
Ce que Paul appelle l'Évangile du Christ, ce re qu'il prêche comme seule source de salut pour
une humanité pécheresse et condamnée, ce n’est
pas d’ailleurs — la confusion n’est pas Do D LES
l'Évangile prêché par Jésus en Galilée ; il suffit
pour s’en convaincre de rappeler la manière dont
l’apôtre résume dans 1 Cor., 15, 1-4, le contenu
essentiel de cet Évangile : mort pour les péchés, ensevelissement, résurrection, apparitions (cf. Rom; 40, 01s:).
L'Évangile c'est donc pour Paul une prédica-
1. Dans Gal., 1,7. 11, on trouve de même rapprochés l’un de l'autre les deux termes d’« Évangile du Christ » et d’ « Évangile prèché par moi ».
à F. al n qui a «pour objet le Christ rédempteur. Cet
à Si l'on fait Lacie des textes des évangiles sur lesquels nous aurons à revenir, c’est toujours de la doctrine du Christ, de la Range rédemptrice qu'il s'agit. Dans les Actes, le terme se
as trouve deux fois dans ce sens (15, 7 ; 20, 24) et il ” faut y ajouter l'emploi très Fee ik verbe
… sbeyyehétopar avec le sens de prècher l'Évangile, j 7 ou Jésus, ou la parole, ou la vérité, etencore avec : “celui de prècher à quelqu'un !. Il en est de même
ts es
dans divers textes des épitres dont nous devons
| nous borner à indiquer le plus caractéristique, a Zi tu le passage Éphés., 3,6 où il est question des païens PS Se qui ont part à la promesse faile en Christ Jésus LA “ Dix 05 e)ayyenov, c'est-à-dire qui y ont part grâce à à la prédication des apôtres el missionnaires (cf. st Ps AI Tim., 1,10) ?. de me Il eo cependant un texte où l'on pourrait ee : hésiler à adopter l'interprétation que nous avons FU admise pour tous les passages passés en revue s- 4. Actes, 5, 49.8, 4. 19. 25. 85. 40; 10, 36; 11, 20; 18, 32; 14, we M; 15,55; 16,10;17, 18. #2 2, L'emploi du verbe edayyexit Sopat(Éphés., 8. Héb., 2.1 Pi., (11088
£ 12.95; 4, 6) et quil du substantif edayyshorc Du, DANSE re di, YYE is - Éphés. ., 4, 11. H Tim., 4, 5) confirment cette interprétation. vi
e jusqu'ici. il s’agit du Men He 14,6: «J
vis un autre ange qui volait au milieu du ciel ayant l'Evangile éternel pour l’annoncer à ceux
- qui habitent sur la terre ». On pourrait se demander si l'Évangile n’est pas conçu ici comme un livre que l’ange en la main, pourtant <
. le simple mot £yevr2 serait une expression bien
maladroite pour « tenir dans la main » etlanature des images dont se sert le voyant est telle que la fonction de cet ange devait nécessairement être exprimée par un détail concret. En outre, puisqu'il s ‘agit non de porter mais de précher cet Évangile, c'est la notion d’une prédication,
{ non celle d’un livre qui domine ici. «44 La conclusion à laquelle nous aboutissons est #5
; donc que, dans les livres non évangéliques du "à Nouveau Testament, il yacorrespondance et exacte équivalence entre les notions d’ Évangile etdepré
dication apostolique!.
III. — Le TERME D'ÉVANGILE cHEz Marc ET CHEZ MATTHIEU. JÉSUS L’A-T-IL EMPLOYÉ ?
Si le premier livre écrit pour raconter l'histoire de Jésus a reçu le titre d'Évangile, c est que
1. Jon. Weiss, Aell. Ev., p.29 s.; WELLHAUSEN, Einl., p. 99. :
celui qui l'a composé n'a pas eu en vue un intérêt biographique ou historique mais un intérêt missionnaire. Son livre doit servir à prêcher la foi chrétienne. S'il l'a appelé « Évangile » c'est parce qu'il'était, à ses propres yeux, un exposé de la prédication apostolique. « Évangile de Jésus-Christ » dans Marc, 1,1 ne signifie pas Évangile prêché par Jésus-Christ mais Évangile dont le contenu et l’objet essentiel c'est Jésus-Christ! ; aussi la physionomie propre du récit, son individualité, si on peut ainsi parler, importe peu. La notion centrale, cest la doctrine du salut, l’auteur de l'évangile n’en est que l'interprète. D'où l'objectivité avec laquelle les œuvres de ce type sont intitulées d’une manière absolue « l'évangile » etla modestie avec laquelle les auteurs présumés sont indiqués par un simple xx72?. Ce n’est que très postérieurement à la composition des évangiles que le mot a pris le sens, qui a prévalu par la suite, de livre qui relate la vie de Jésus.
La conclusion à laquelle nous avons abouti con-
4. Hozrzmann, H. C., 1,1, p.111; WETLRAUSEN, Mc., p. 3 ; Jon. Wiss, Schr., I, 1, p. 13 ; E. KLOSTERMANN, Me., p. 4 ; LAGRANGE, Mc., p. 3. Lorsy (1, p. 390) admet quici évangile pourrait avoir le sens de relation.
2. On peut rappeler aussi que Marcion intitulait son évangile simplement sdæyyéov. Voir là-dessus Zaux, G. X., I, p. 619 et les textes qu'il cite n.2. et Harxacxk, Marcion, das Evangelium vom fremden Gott, Leipzig, 1921, p. 165*, n. 3.
miner l'emploi de ce ot dans les évangiles de Matthieu et de Marc !. | È Il faut d’abord écarter les passages où « Évangile » n’est pas dans la bouche de Jésus, mais est le terme dont le narrateur se sert pour désigner l'enseignement ou la prédication de Jésus; il est évident, en eflet, que dans ces passages il D ya qu'un reflet de la conception apostolique du mot. et que le sens est « prédication du salut ». C' est dans cette acception que le mot est pris dans Me, 1,1. 14. Mt., 4, 23; 9, 85?. W faut éliminer aussi trois passages de Marc où le mot Évangile est bien placé dans la bouche de Jésus mais, à cause de son absence dans les parallèles, doit être mis au compte du rédacteur. Ce sont Mc., 1,15 (cf.
Mt., 4, 17): 8, 85 (ct. Mf.,.16, 25 Lc 9204000 10,°29 (ct. M9 80 LR US 20 | cotes
4. On ne le rencontre pas dans l'évangile de Luc non plus que el) dans les écrits johanniques.
2. Les trois derniers passages cités ont un parallèle dans Mat- | thieu, mais le mot «Évangile » ne s'y trouve pas. & 3. A propos de ce texte, Jon. Weiss (Aelt. Ev., p. 31) fait ob- À server que la prédication fondamentale « Le Rosa de Dieu est proche » serait affaiblie et comme émoussée si elle était he accompagnée d'une exhortation à croire à l'Évangile.
« Évangile » est mis dans la bouche de Jésus à la fois par Marc et par Matthieu, Luc n’ayant pas de parallèle aux morceaux où ils se trouvent. L'un se rencontre dans le grand discours eschatolo- « Il faut que cet Évangile soit d'abord prêché à toutes les nations » (Mc., 13, 10. cf. Mt., 24, 14), l'autre dans le récit de l'onction de Bé- thanie. « Partout où cet Évangile sera prèché » F (Me. 14, 9. cf. Mt., 26, 13). Il est déjà frappant . que dans ces deux passages l’« Évangile » ne dé- signe pas la prédication de Jésus, mais la prédi-
cation future des apôtres. Nous rejoignons par là
la conception apostolique, en sorte que si l’expres- Se sion venait de Jésus elle ne ferait que confirmer
l'interprétation que nous avons donnée. Mais : vient- elle réellement de lui? Cela est douteux. Pour le premier des deux passes considérés, on
doit, pour le moins, admettre qu'en rédigeant la SE ce de Jésus les évangélistes se sont servis du terme qui, de leur temps, désignait la prédi- cation chrétienne. Quant au second, il y a de fortes raisons de penser que l'épisode dans lequel il figure, ne fait pas partie de la couche la plus
primitive de la tradition évangélique et que, dans ; la solennelle déclaration que l'épisode de l'onc-
tion fait partie de l’évangile, il y a une réminis- cence de l’époque où il n'y figurait pas encore … (Maurice GocueL, Mc., p. 255).
"E ge :% A hi Le \æ"e,) née *
. TE ne ue que deux textes dans lesquels lemot