IV. — Les accorps De Marruieu ET DE Luc
CONTRE Marc !
Les faits qui ont été passés en revue dans Île paragraphe précédent constituent, nous semblet-il, une série d'arguments favorables à la priorité du récit de Marc par rapport aux relations parallèles. Mais, avant de conclure d’une manière formelle, il convient encore d'examiner certains faits qui, au premier abord, paraissent comporter une interprétation différente. Il s’agit des cas où un accord entre les textes de Matthieu et de Luc contre celui de Marc pourrait faire penser que ce n'est pas Marc qui a conservé la forme primitive du texte. Ces accords de Matthieu avec Luc contre Marc sont de deux ordres. Il y a ceux que l'on pourrait appeler positifs : Matthieu et Luc ont un récit ou une parole sous la même forme, tandis que Marc a seul une forme différente. Il y a, d'autre part, les accords que l’on pourrait appeler négatifs. Le récit de Marc contient un trait particulier, un détail caractéristique qui n’est reproduit
4. Evo. Simoxs, Hat der drille Evangelist den kanonischen Matthus benulzt? Bonn, 1880; WernLe, S. F., p. 45 s.; Hawxins, p.172 s.; P. W. Scaureper, art. Gospels, E. B., II, col. 1848, 1851 S.; SrANTON, 11, p. 139 s. 207 s.4 W. Saxpay, Condilions under which gospels were wrilten, Studies, p. 195.
ni par Matthieu ni par Luc. Il convient d’envisager simultanément ces deux séries de faits.
On peut, a priori, concevoir diverses explications comme possibles. (1) Matthieu et Luc, dans les passages considérés, utilisent, con- Jointement avec Marc, une autre source, et c’est d'après cetie source qu'ils corrigent dans le même sens le texte de Marc. (Il) Matthieu et Luc reproduisent non pas l’évangile de Marc tel que nous le lisons, mais sa source. C’est en somme l'hypothèse du proto-Marc. Elle peut être présentée sous des formes sensiblement différentes depuis (a) la théorie du proto-Marc, œuvre réellement différente du Marc actuel, jusqu'à (b) celle de simples retouches rédactionnelles de caractère secondaire ou (c) de simples altérations dues à la négligence de copistes. (III) On pourrait aussi supposer que le rédacteur du troisième évangile a subi l'influence de l'œuvre de Matthieu ou réciproquement que Luc a influencé dans une certaine mesure la rédaction de Matthieu. (IV) Enfin on pourrait imaginer que Matthieu et Luc ont,indépendamment l’un de l’autre, mais dans le même sens, corrigé le textede Marc. Il n’est nullement nécessaire d'admettre que tous les faits qui nous occupent doivent être expliqués de la même manière.
Avant d'aborder la discussion du problème, il
convient d'indiquer quelle est l'importance des faits étudiés. Les accords positifs de Matthieu et de Luc contre Marc sont au nombre d'une centaine, répartis dans une cinquantaine de péricopes. Ils sont, en général, d'une portée assez testreinte. Ce ne sont le plus souvent que des nuances de style. Ils s’accompagnent d'accords de Matthieu et de Luc avec Marc ou de désaccords entre Matthieu et Luc, beaucoup plus importants que leurs accords. Souvent on peut relever, dans les péricopes où on les trouve, des indices très nets de la dépendance de Matthieu et de Luc par rapport à Marc.
Quant aux accords que nous avons appelés négatifs, c'est-à-dire aux omissions simultanées par Matthieu et par Luc de traits qui se trouvent dans le récit de Marc, on en compte une cinquantaine dans une trentaine de péricopes. Il convient d’ajouter à ce nombre environ vingt cas, dans une quinzaine de péricopes, qui ne se trouvent quechezMarc et Matthieu et dans lesquels Marc a un détail ouuntrait particulier qui n’a pas été reproduit par Matthieu. Dans les péricopes (beaucoup moins nombreuses), qui ne se trouvent que chez Marc et Luc, il n’y a que trois cas où Luc ne reproduise pas un détail qui se trouve chez Marc!.Mais, d'autre
4. Il va sans dire que ces deux dernières séries de faits ont beaucoup moins d'importance que ceux qui précèdent.
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part, il faut noter les cas (19 dans 14 péricopes), où Luc reproduit un détail de Marc omis par Matthieu et ceux (à peu près aussi nombreux, 20 dans 17 péricopes) où Matthieu reproduit un détail de Marc omis par Luc. Ces faits montrent que le premier et le troisième évangéliste ne se sont pas astreints à une fidèle reproduction de Marc. Les faits que nous venons de noter nous permettent déjà, dans une certaine mesure, de prendre position à l'égard des diverses explications dont nous avons indiqué plus haut la possibilité théorique. Deux d’entre elles paraissent appeler dès l’abord de sérieuses réserves. C’est, en premier lieu, l'hypothèse du proto-Marc. Il faudrait concevoir ce document comme ne différant de l'évangile actuel que sur des points tellement secondaires que l'on ne pourrait y voir une œuvre vraiment indépendante. Tout au plus pourrait-on admettre que l'évangile de Mare a pu être l’objet, après son utilisation par Matthieu et par Luc, de retouches d'importance secondaire, mais non d’une rédaction nouvelle, encore moins d’une véritable refonte. Il semble de même y avoir une réelle disproportion entre l'hypothèse d’une relation directe des évangiles de Matthieu et de Luc entre eux et l'importance des faits à expliquer. Peut-on concevoir que Luc utilisant accessoirement l’évangile de Matthieu, se
soit inspiré de lui pour faire subir à quelques morceaux qu'il empruntait à Marc des retouches sans grande portée et n'ait en rien subi l'influence de tout ce qu'il contient de vraiment caractéristique, soit dans ses éléments constitutifs, soit dans leur disposition ! ?
Ceci dit, nous pouvons aborder le classement et l'appréciation des faits qui sont à expliquer. On peut les répartir en six groupes d’inégale importance.
I. Nous mettrons dans le premier les cas où l'accord de Matthieu avec Luc contre Marc n'est qu'apparent et s'évanouit dès qu'on essaye de le serrer de près. Ainsi Mare(3,7)dit : r2Xù rAñ005... %%oh0)6ncav. Matthieu (4, 25) et Luc (6, 17) introduisent ici les mots 37Aos ronds, mais Luc les a au singulier et Matthieu au pluriel. Chez Luc seul, il est dit que ceux qui accompagnent Jésus sont des disciples ; enfin Mare et Matthieu ont en commun le mot #xekoi0moav?. C'est aussi un accord apparent du premier et du troisième évangiles contre le second que constitue le fait que Marc (1,13) mentionne seul les bêtes sauvages dans le récit de la tentation. En réalité Matthieu et Luc
1. Les mêmes objections seraient à faire à l'hypothèse d’une influence accessoire de Luc sur Matthieu.
2. Voir aussi Mc.,3, 32; 4,30 ; 8,29 ; 9,2; 40, 26 et les passages parallèles.
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suivent ici une autre source que le récit de Marc.
IT. Dans un second groupe de passages, l’accord entre Matthieu et Luc porte sur un détail tellement accessoire et s'accompagne de telles * différences qu'il peut être considéré comme fortuit et n'autorise aucune conclusion précise. Ainsi, dans la parabole du semeur, Matthieu (13, 3) et Luc (8, 5) ont l’un et l’autre dans la phrase « un semeur sortit pour semer », l’article devant l'infinitif, alors que Marc (4, 3) ne l’a pas, mais Matthieu a l’infinitif présent, tandis que Luc et Marc ont l’aoriste et Luc a un complément, « la semence », que n'ont ni Marc niMatthieu !.
III. Dans un certain nombre de cas, l'accord entre Matthieu et Luc paraît plus important; mais quand on examine les choses de près, on constate que le premier et le troisième évangéliste ont pu, indépendamment l’un de l’autre, corriger le texte de Marc qui contenait soit une construction ou une expressionrare, incorrecte ow obscure, soit une erreur. L'expression de Marc, 2, 16, « les scribes d’entre les pharisiens », qui est un peu anormale, est changée à la fois par Matthieu (9, 11 : les pharisiens) et par Luc (5, 30 : les pharisiens et les scribes). Marc (3, 18) donne à André le quatrième rang dans l’'énumération
4. Voir aussi Mc., 4, 16; 6, 32. 36; 8, 29; 10,41; 12, 35 et les passages parallèles.
des apôtres. Matthieu (10,2) et Luc (6,14) le nomment le second, sans doute dans l'intention très naturelle de le rapprocher de son frère Pierre. Dans Marc (4, 41),.on trouve juxtaposés un aoriste et un imparfait, Matthieu (13,27) et Luc (8,25) évitent l’un et l’autre cette construction anormale. De même ils mettent au pluriel (Mt., 13, 27. Le., 8, 25) le verbe qui, dans Marc (4, 41),a pour sujet le vent et la mer. L’expression inexacte « le roi Hérode » (Mc., 6, 14) est remplacée (Mt., 14, 1. Le., 9, 17) par « Hérode le tétrarque ». Par deux fois la forme « après trois jours » (8, 31; 10, 34) est remplacée (M£., 16, 21; 20, 19. Le., 9, 22 ; 18,33) par « le troisième jour », expression mieux adaptée à la foi à la résurrection de Jésus le dimanche matin. Dans le ‘récit de la préparation de l'entrée de Jésus à Jérusalem, l’expression « apporter l'âne » (Mc., 11, 2. 7) est remplacée (Mt., 21,2.7. Le., 19, 30. 35) par le terme plus propre de « amener » !.
ANNVoinaussi Me TU SCENE CAS N9 ETOILES 12 : 14, 86.65 ; 15, 1. M, et les passages parallèles. I1 faut mentionner ici les corrections stylistiques faites simultanément par Matthieu et par Luc, par exemple, pour le verbe dire, le remplacement des formes du présent et de l’imparfait par celles de l’aoriste (Me., 2,5. 8.47. 24;3,4. 28; 4, 11; 8, 99; 9, 5. 19; 40, 27; 14,18: 15,2 el par.), le participe substitué à la juxtaposition de verbes au temps personnel (Mc., 4, 38. 41 ; 11, 29 ; 12,3. 18 el par.) et diverses autres corrections soit de termes, soit de constructions (Mc., 1, 29. 82, 34. 40N 41 : 9, 4.08, 99 12. 265 GS AN AMENE FT,
De même, l’omission de certains détails qui ne se trouvent que chez Marc, s'explique par le fait qu'ils ne présentaient pas, ou qu'ils ne présentaient plus d'intérêt pour les lecteurs de Matthieu et de Luc: ainsi le surnom de Boanergès donné aux fils de Zébédée(3, 17), le jeune homme qui s'enfuit nu au moment de l'arrestation de Jésus (14, 51-52) et la mention d'Alexandre et de Rufus à propos de Simon de Cyrène (15, 21).
On peut rattacher au même ordre de faits l’omission que font Matthieu et Luc des termes araméens employés par Marc (5, 41; 7,11 ; 10,51; 14, 36).
Parfois Matthieu et Luc ont omis un détail que leur ignorance des lieux ne leur permettait pas de comprendre, par exemple, le fait que Jésus ne permettait pas de traverser le Temple avec un fardeau (11, 16), ce que n'étaient pas à même de comprendre ceux qui ne pouvaient pas se représenter la disposition du parvis. L'omission du mot iriéarwv (14, 72), obscur et peut-être corrompu, par lequel est caractérisée l'impression que produit à Pierre le regard que Jésus lui jette après le reniement est un fait du même ordre !.
93: 8, 36:9.7. 31; 10,46; 12, 22. 93. 29..87; 18, 19. 95; 14,11. 37. 54. 61: 15, A3etc. et par.). Sur ces procédés rédactionnels, voir Firmix Nicorarvor, Les procédés de rédaction des trois premiers évangélistes, Paris, 1908, notamment, p. 47 s. 1. Voir encore Mc., 7, 3-4; 10, 10.
Dans divers passages, on peut reconnaitre une obscurité ou une incohérence que Matthieu et Luc ont pu, indépendamment l’un de l’autre, s’efforcer de faire disparaître, par exemple, la parole sur le «sabbat fait pour l'homme » (2, 27), qui ne paraissait pas une justification de l'attitude du Fils de l'Homme, ce terme étant pris dans son sens messianique. De même, à la fin de l’épisode de la guérison de l’homme à la main sèche, Marc dit que les pharisiens tiennent conseil âvec les Hérodiens pour faire mourir Jésus (3, 6). Matthieu et Luc ont fait disparaître la mention des Hérodiens, sans doute parce qu'il ne sera plus question d'eux et qu'il y a là un trait qui ne joue aucun rôle dans le récit. On peut en dire autant de la mention de la barque dans 3, 9, détail qui sera repris et utilisé dans l’introduction de l'enseignement en paraboles. Dans la péricope sur le danger des richesses, Matthieu et Luc n'ont pas reproduit l'annonce de persécutions (Mc., 10, 30) qu'ils ont dû juger contredire la promesse de compensations dans cette vie.
Il arrive fréquemment que le récit de Marc contient des traits dont la suppression ne fait que simplifier le récit et qui sont trop insignifiants pour qu’on puisse y voir des développements secondaires de la tradition. Le fait que très fréquemment des simplifications de cet ordre
ne se trouvent que chez Matthieu! ou que chez Luc? constitue une confirmation de notre interprétation. Citons seulement quelques exemples de ces simplifications simultanément faites par Matthieu et par Luc. Dans le récit de la guérison de la belle-mère de Pierre, Marc seul dit que Jésus fait lever la malade (7, 31). Dans le récit de la tempête, il est seul à rapporter que Jésus dort « à la proue sur le coussin » (4, 38). Seul ïl dit que les soins des médecins n'avaient fait qu'empirer l’état de la femme à la perte de sang (5, 26). Seul il dit que l’homme riche accourt et se prosterne aux pieds de Jésus (70, 17). Dans
le récit du reniement, il dit seul que Pierre se.
chaulfe (74, 54) et seul il parle de deux chants du coq (14, 723.
4. Moc., 3,33; 4, 1. 55 5, 99.28 ; 6, 14. 35 ; 8, 82. 38. 81: 9, 28. 12; 10, 16. 26. 27 ; 11, 15; 19, 1.11; # 9.
2. Me., 1, 44. 45;2,17;5, 3: 4, 40. 41 ; 5, 1. 20. 29. 80. 88. 35.87 ; 6,15. 16 ; 8. 38 ; 9, 32. 37 : 10, 20. 30. 52 : + 5. 6. 18.
3. Voir encore 4,29. 33; 2,9. 16. 19: 3,313; 4, 53 5, 3. 6. 32. 34. 38 s.: 8, 14: 9,3. 14 5. ; 10, 23. 24. 46 8. 11, 4:13,8 ; 14, 44. Sim- .plifications analogues de Matthieu dans des passages sans parallèles chez Luc. Voir Mc., 1,20; 6, 17. 29. 56; 7, 24. 305 8, 7:9, 12540) 58 NL SAS MAS 0 MA A5) 8" Le castie 1232-37 est un peu particulier. Marc rapporte l'approbation donnée par le scribe à la déclaration de Jésus. C’est probablement une trace de la forme première de la tradition dans laquelle, comme c’est le cas chez Luc (70, 25-928), la déclaration était mise dans la bouche du scribe (cf. Maurice GoGueL, Mc., p. 224 s.). Marc serait donc ici plus ancien que Matthieu
Dans les trois groupes qui viennent d'être indiqués il n’y a donc pas lieu, à notre avis, de mettre en doute la priorité du texte de Marc tel que nous le lisons par rapport à ceux de Matthieu et de Luce. Il n’est pas certain qu'il en soit de même pour ceux que nous avons maintenant à examiner.
IV. Ilse peut que dans quelques cas, peu nombreux il est vrai, la déviation de Marc par rapport à l'accord de Matthieu et de Luc ne provienne que d’une altération du texte de Marc. On peut se demander, par exemple, si, dans Mare, 8,31, ilne faudrait pas corriger ür2 rüy rpecéuréowy en äm>, ce qui est la leçon de Matthieu (76, 21) et de Luc (9, 22.). De même, il se pourrait bien qu'on doive a priori se défier des leçons harmonisantes, qu'il faille dans Mc., 10, 28, écarter la leçon #xohov0rauesy, qui est celle de BCDW en faveur de rokoulioauey de NANA, ce qui réaliserait l'accord avec Mt., 19, 27, et Le., 18, 281.
V. Dans un certain nombre de cas, la comparaison du texte de Marc avec ceux de Matthieu et de Luc donne nettement l'impression que la priorité n’est pas du côté de Marc, mais il s’agit de détails de si minime importance et qui sont en
1. Il est théoriquement possible qu'une explication de ce genre convienne pour tel ou tel autre des cas que nous avons rangés dans une autre catégorie.
LA PARENTÉ DES TROIS ÉVANGILES 209 si petit nombre que l'hypothèse d’une source différente de Mare pour Matthieu et pour Luc serait hors de proportion avec les faits qui sont à expliquer et qu’il faut plutôt penser à des gloses ou à de légères retouches du texte de Marc. Par exemple, Matthieu (19, 24) et Luc (18, 25) disent «entrer (sisehbeiv) par le trou d’une aiguille ». Marc (10, 25) emploie le terme de « traverser » (3e20etv). Dans le récit de l'entrée triomphale à Jérusalem, Matthieu (21, 8) et Luc (19, 36) disent qu'on jette des rameaux ou des vêtements « sur la route » (&v +7 655), Marc (71, 8) a, plus correctement, sis rnv 63v. Pour la réponse de Jésus au grand-prètre, Matthieu (26, 64) et Luc (22, 69) ont « À partir de maintenant, vous verrez le Fils de l'Homme assis à la droite de [a puissance divine ». Marc (14, 62) a simplement :« Vous verrez », ce qui est sans doute une atténuation de ce qui a pu paraitre, à la longue, une prophétie relative à un avenir trop prochain.
Il faut sans doute juger de la même manière quelques éléments du récit de Marc sans équivalent chez Matthieu et Luc, par exemple, la prophétie de Malachie, 3, 1 (1, 2), le terme d'Évangile dans la première prédication de Jésus (7, 14), l'explication : « c'était parce qu'ils avaient dit : «il a un esprit impur » à la fin de la péricope de Beelzébul (3, 30) et, dans la parole sur la des-
truction du Temple, l'opposition « fait, non fait de main d'homme » (74, 58)1.
VI. Un dernier groupe est formé par un ensemble de cas où la priorité est manifestement du côté de Matthieu et de Luc et où le texte de Marc: ne saurait être regardé comme la corruption ou la correction d'un texte primitif semblable à ceux de Matthieu et de Luc. Nous croyons que, sur ces points, le texte de Marc dépend des Logia qui ont été plus fidèlement et plus complètement reproduits dans le premier et dans le troisième évangiles. Nous nous bornons à indiquer cette opinion sur laquelle nous aurons à revenir. Notons seulement ici quelques-uns des cas auxquels nous faisons allusion. Dans Marc, 1, 2, la citation est placée avant la mention de Jean-Baptiste, tandis qu'elle l’est après, ce qui est plus naturel, chez Matthieu et chez Luc. Dans la prophétie du baptême messianique, il n'est pas question de feu chez Marc (7, 8) et il n’y a pas trace de la parole sur l'aire et le van qui en est en quelque sorte le commentaire chez Matthieu etchez Luc?. L'étude de certains passages de Marc
1. Ce dernier texte est sans parallèle direct dans Luc. Il faut indiquer ici qu'il est, au moins théoriquement, possible que, dans certains des cas énumérés plus haut (p. 204 n. 4 à la fin), il y ait non pas correction stylistique simultanée par Matthieu et par Luc, mais retouche secondaire par un copiste de Marc.