‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 92 sur 141 · Jean-Baptiste · texte numérisé non relu

Jean-Baptiste

2, 21-22 : Paraboles de la pièce au vêtement et des outres.

3, 22-30 : Beelzébul.

4, 1-34: Les paraboles.

6, 67-13: Envoi des apôtres en mission.

7,1-23: Discussion sur les purifications.

8,11-13: Demande d'un signe du ciel.

8,11-21: Le levain des pharisiens.

8, 34-9, 1 : Souffrances annoncées aux disciples. 9, 9-18 : Entretien à la descente de la montagne de la transfiguration.

9, 35 « Qui veut être le premier... »

9, 37 « Celui qui reçoit un enfant en mon nom... »

9, 42-48 : Sur le scandale.

9, 49-50 : * Le sel.

10, 2-12 : Les pharisiens et la question du divorce.

10, 13-16 : Jésus et les enfants.

10, 42-45 : Enseignement rattaché à la demande

des fils de Zébédée.

11,22/-23 : Parole sur la puissance de la foi.

12, 1-12 : Parabole des vignerons.

12, 38-40 : Contre les pharisiens.

13, 1-4: Prophétie de la destruction du Temple. 13, 5-32 : Apocalypse synoptique !.

13, 33-37 : Appel à la vigilance.

2° Les souvenirs de Pierre.

Un certain nombre de récits de l’évangile présentent en commun toute une série de caractères. Ils sont disposés, non pas tous mais une partie d'entre eux, de manière à constituer de véritables groupes, par exemple, le récit de la première Journée de Capernaum (7, 21-39), puis l'ensemble formé par l'enseignement depuis la barque, la traversée du lac {récit de la tempête), l'épisode de (Gérasa, la résurrection de la fille de Jaïrus et la guérison de la femme à la perte de

4. Nous ne faisons figurer ici l'Apocalypse synoptique qu'à titre d'indication. Ce morceau pourrait bien avoir eu originairement une existence indépendante, ainsi que le suggère le fait que des éléments des Logia (13, 9-13) y ont été interpolés et qu'elle est reliée d'une manière artificielle à un morceau venant des Logia (13, 1-4. Dans 13,1-4, il est question de la destruction du Temple; dans /?, 5-37 de l'avènement du Fils de l'Homme et de la fin du monde). L’argument serait décisif s’il fallait se représenter les Logia comme une source construite sur un plan organique. IL l’est beaucoup moins, si, comme nous croyons devoir le faire, on y voit un recueil qui à passé par toute une série d'états et qui a été sans cesse en s’enrichissant,

sang, le rejet de Jésus à Nazareth (3, 9; 4, 1: 35-6 6*)!; ils ont pour centre Capernaum, la maison de Pierre, et dans beaucoup d'entre eux il est question de la barque, sans doute de la barque de Pierre, enfin Pierre joue dans la plupart de ces récits un rôle central. Dans certains d'entre eux, la mention de l'apôtre se trouve sous une forme un peu particulière qui se comprend aisément comme transposition de la première personne qui se serait trouvée dans un récit fait par Pierre luimême, par exemple Z, 29-30 : «Ils vinrent à la maison de Simon et d'André avec Jacques et Jean, et la belle-mère de Simon... », ce qui pourrait être la transposition d'un récit qui aurait eu la forme suivante : « Nous vinmes à la maison avec Jacques et André et ma belle-mère... » et de même 7,36 (fuite de Jésus dans un lieu désert) « Simon et ceux qui étaient avec lui vinrent à sa recherche », « nous allâmes à sa recherche ». Il paraît naturel de penser — et l'on pourrait être conduit à cette conclusion sans même l'indication que contient le témoignage de Papias — que nous avons affaire à des récits qui, pour le fond au moins, proviendraient des sou-

4. Pour le fond premier seulement, car plusieurs de ces récits, notamment celui de la guérison du démoniaque de Gérasa, contiennent des éléments nettement secondaires.

ME

venirs de Pierre‘. Le récit de Marc commence, si on fait abstraction de la notice générale et du caractère certainement rédactionnel de 7, 14-15 sur la première prédication en Galilée, au moment où Pierre et ses compagnons abandonnent leur métier de pècheur pour suivre Jésus (7, 26-20), alors que très certainement ce récit ne marque pas le commencement de l’activité de Jésus mais, en un certain sens, est déjà une conclusion. La péricope 1, 16-20 ne peut rapporter la première rencontre entre Jésus et les pècheurs galiléens ; l'appel que Jésus leur adresse n'est pas assez explicite pour qu'on puisse comprendre la décision qu'ils prennent en l’entendant s'ils n'ont pas auparavant été mis au courant des projets de Jésus, de ses ambitions, de l’œuvre qu'il veut accomplir et pour laquelle il a besoin d'eux. Ce qui commence avec 1, 16, c'est la participation des apôtres à l’histoire évangélique. Le récit est fait au point de vue de Pierre et de ses compagnons.

Il n’est pas toujours facile de découvrir dans la suite de la narration ce qui, en dehors des deux blocs de récits déjà cités, peut être attribué aux souvenirs de Pierre. Voici cependant une liste de

1. Zaun, Einl., II, p. 246; Jou. Weiss, Aelt. Ev.. p. 246 Ss.; En. Meyer, Ursprung, I, p. 998.

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morceaux pour lesquels on peut, nous semblet-il, penser à une semblable origine :

3, 20-21. 31-38. La famille de Jésus veut s'emparer de lui sous prétexte qu'il a perdu le sens. C'est un morceau dont le caractère archaïque est évident. La tradition ultérieure ne s’est plus accommodée d’une péricope dans laquelle une semblable accusation était portée contre Jésus ; aussi n’a-t-elle été reproduite ni par Matthieu ni par Luc. En outre, la scène est localisée dans la maison de Capernaum, ce qui est un trait caractéristique de beaucoup des souvenirs de Pierre.

6, 45-52. 53-66. Traversée du lac (Jésus marche sur les eaux). Retour à Gennésareth. Ces deux morceaux ont évidemment la même origine, l’un étant la conclusion de l’autre. L’analogie qu'il y à entre le récit de la traversée du lac et l’histoire de la tempête (le second récit n'est qu’une variante aggravée du premier. WELHAUsEN, Mc., p.54; Jou. Weiss, Aelt. Ev., p. 221) suggère que le fond premier de la tradition élaborée dans ce récit pourrait venir des souvenirs de Pierre.

8, 27-33 : Confession de Pierre. À cause du rôle joué dans ce récit par Pierre.

9, 2-8 : La transfiguration, à cause du rôle joué par Pierre. A propos de ce récit, comme de plusieurs de ceux qui précèdent, il est à remar-

quer que les souvenirs de Pierre ont subi dans l’évangile de Marc — et sans doute avaient déjà subi avant d'entrer dans cet évangile — une très sensible élaboration.

9, 14-29 : Guérison de l'enfant épileptique. Cette péricope suppose qu'à certains moments Jésus n'était accompagné que d'un groupe de trois ou quatre disciples intimes parmi lesquels se trouvait Pierre. Cette conception contredit la manière dont ultérieurement on s'est représenté les apôtres comme ayant continuellement accompagné Jésus. L'idée du groupe dés intimes est caractéristique des souvenirs de Pierre. Elle ne se trouve pas seulement dans le premier récit qui vient de cette source, mais dans d’autres encore, comme la résurrection de la fille de Jaïrus (5, 37) et la transfiguration (9, 2), etc.

14, 32-42 : Gethsémané ou du moins le fond premier de cette péricope dans laquelle il y a manifestement un développement littéraire auquel est due l'introduction d’une prière que Jésus est censé avoir faite sans témoin.

14,66-72 : Le reniement de Pierre, et sans doute d’autres éléments du récit de la passion, comme nous essayerons de le montrer plus loin.

Il est possible que, dans d’autres péricopes encore, 1l y ait des éléments plus ou moins développés empruntés aux souvenirs de Pierre; mais

nous ne croyons pas qu'il y.ait des indices assez précis pour permettre une atlribution même conjecturale.

Les données dont nous disposons ne permettent pas de caractériser d’une manière complète les souvenirs de Pierre. Le fait que ce ne sont pas seulement des péricopes isolées mais des groupes assez cohérents de péricopes qui leur ont été empruntés semble ‘indiquer qu'ils consti-

tuaient une source coordonnée, Elle représentait

sans doute un état déjà élaboré de la tradition. Elle devait contenir plus d'éléments que ceux que nous avons reconnus comme ayant pu en faire partie et elle devait donner un tableau d'ensemble du ministère de Jésus; aussi peut-on se demander si Marc ne s’en est pas inspiré pour la disposition générale qu'il a donnée à son livre.

3° Le récit de. la passion.

Un groupe cohérent de récits est constitué par la narration de la passion. Cette partie de l'évangile s'ouvre par une péricope (le complot des Juifs contre Jésus 14, 1-2) qui ne se relie pas à ce qui précède immédiatement mais constitue un commencement absolu qui a parfaitement pu se suffire à lui-même. Il est infiniment vraisemblable que cette partie a préexisté à la rédac-

tion de l’évangile de Marc. Il y a donc lieu d’envisager à part la question de ses sources.

Abstraction faite de l'épisode de l’onction de Béthanie (14, 3-9), qui parait avoir un caractère secondaire (Voir p. 298 s.), les éléments constitutifs de cette partie de l’évangile peuvent se répartir en deux groupes suivant que, par leur nature même, ils peuvent ou ne peuvent pas provenir des apôtres. À partir du moment où, après l’arrestation de Jésus, les disciples s’enfuient tous (14, 60), il n'y a plus qu'un seul récit, celui du reniement de Pierre (14, 66-72) qui puisse, directement ou indirectement, provenir de leur témoignage. Il convient d'envisager séparément ces deux séries de péricopes.

Il pourrait y avoir un témoignage apostolique derrière le récit depuis 14, 12 jusqu'à 14, 52 et en outre derrière 14, 66-72, c'est-à-dire depuis le récit de la préparation de la cène jusqu’à celui de l’arrestation, et en outre derrière celui du reniement de Pierre. Sur ces morceaux il y en aun (la préparation de la cène, 14, 22-25) qui représente une tradition secondaire moulée sur le récit de la préparation de l’entrée à Jérusalem (1, 1 s Il suppose que le dernier repas de Jésus a été un repas pascal, ce qu'il n’a pas été en réalité (Mav- RICE GoGuEL, Mc., p. 257 s.). Ce morceau ne peut donc reposer mème indirectement sur un témoi-

gnage original, c’est le résultat d'une combinaison rédactionnelle destinée à faire du dernier repas de Jésus un repas pascal. Parmi les autres éléments de cette partie de l’évangile, il en est, comme les

épisodes de Gethsémané (14, 32-42) et du renie- | ment de Pierre (14, 66-72), qui doivent être attribués aux souvenirs de Pierre soit pour le fond premier, soit pour leur ensemble. Il paraît légitime d'attribuer la même origine à des morceaux qui ont avec ceux-là une relation organique comme la prédiction du reniement de Pierre (74, 26-31), celle de la trahison (14, 18-21), la Cène (14, 22-25) et l’arrestation (14, 43-52). Ce sont là les seuls morceaux qui puissent reposer directement sur les souvenirs de Pierre.

Ils sont précédés de deux péricopes, le complot contre Jésus (14, 1-2) et la trahison de Judas, (14, 10-11) qui rapportent des faits dont les amis de Jésus n’ont pu avoir directement connaissance mais qui ont pu être déduits par eux de la marche même des événements. Il est parfaitement concevable que Pierre ait introduit ces éléments dans ses souvenirs. Cette hypothèse n'oblige pas à statuer une tradition particulière qui ne "peut avoir été constituée exclusivement par ces deux morceaux et à laquelle cependant on n’en peut rapporter aucun autre, du moins dans cette partie du récit.

Il n'est pas croyable que le récit de Pierre se soit arrêté à l'arrestation et au reniement, d'autant plus que, chez Marc, le reniement de Pierre et le récit de la première comparution devant le sanhédrin sont étroitement emmêlés (14, 58-72). On est ainsi amené à cette hypothèse que dans les récits de Pierre servant de source à Marc pour l’histoire de la passion, les souvenirs de l'apôtre étaient complétés à l’aide d’autres éléments. : On peut a priori imaginer trois explications de l'origine de ces éléments de la narration de la passion qui ne peuvent venir de Pierre.

1° Ils peuvent provenir des femmes qui, ainsi que le raconte l'évangile (15, 40-41. 47), ont assisté de loin à la mort et à l’ensevelissement de Jésus et qui, puisqu'elles ont pu suivre le cortège qui conduisait le condamné à Golgotha, ont pu aussi assister de loin, sans doute, au procès devant Pilate et guetter à la porte dela maison du grand-prêtre ce qui allait se passer après que ceux qui avaient arrêté Jésus l’eurent fait entrer dans la cour:

2° Ils peuvent provenir d’un travail de l'imagination pieuse ayant pour but de combler ce qui apparaissait comme des lacunes dans la tradition; k

3° Ils peuvent provenir des rumeurs qui n'ont pas dû manquer de circuler à la suite du drame de la passion et qui pouvaient, en partie au moins,

reposer sur des renseignements exacts provenant de ceux, amis ou ennemis de Jésus, qui avaient assisté à ses différentes péripéties.

Aucune de ces trois hypothèses ne peut, à elle seule, expliquer le récit actuel, mais chacune d'elles paraît contenir un élément important de vérité.

Ce qui est dit des femmes ne peut avoir été introduit dans l’évangile uniquement pour invoquer un témoignage à l'appui de la narration, car si telle avait été l'intention du narrateur, il aurait parlé des femmes non seulement à propos de la mort et de la sépulture de Jésus, mais aussi à propos de son procès, et il aurait eu soin d’introduire leur témoignage à l'instant même où celui des apôtres faisait défaut. Cependant on ne peut attribuer aux femmes le récit de la comparution de Jésus devant le sanhédrin, car elles n'y ont certainement pas assisté. Si, comme cela est vraisemblable, le procès devant Pilate s’est déroulé en plein air, il est bien peu vraisemblable que les femmes aient pu s'approcher du tribunal assez près pour pouvoir entendre ce que disait le Juge et ce que répondait l'accusé. Par contre, le récit de la seconde séance du sanhédrin et de la remise du condamné à Pilate (15, 1) ne contient rien qui ne puisse venir du témoignage des femmes: il est dit simplement, dans cette péricope, que, le matin,

le sanhédrin s’assemble et que Jésus est conduit à Pilate. Il n'y a là que des faits qui ont pu parfaitement être observés par des gens qui se tenaient dehors comme le faisaient les femmes. On peut en dire autant du récit de la marche au supplice et, à la réserve peut-être de quelques détails, de celui de la crucifixion.

Mais les éléments qui provenaient du témoignage des femmes ne constituaient qu’un récit trop fragmentaire et trop bref pour que la piété chrétienne ait pu s’en contenter. Pour les compléter deux procédés pouvaient être mis en œuvre :: l'un consistait à recueillir ce qu'on pouvait raconter parmi ceux qui avaient été mêlés aux événements sur ce qui s'était passé au sanhédrin, au prétoire et au calvaire. L'autre consistait à laisser travailler l'imagination. Nous serions porté à admettre que les deux procédés ont été mis en œuvre. On ne peut voir dans les éléments du récit du procès qui ne peuvent venir des femmes un simple produit de l'imagination. Un récit imaginé, en effet, aurait prèté à Jésus des déclarations messianiques explicites et sensationnelles au lieu de la déclaration enveloppée qui répond à la question du grand-prêtre. Un tel récit n'aurait pu que difficilement retenir un témoignage relatif à une parole (la déclaration sur la destruction et la reconstruction du Temple en trois jours) dont on

ne voit pas le rôle dans le procès. Par contre il y . a dans l’ensemble de ce récit des morceaux, par exemple l'épisode de Barabbas, tel ou tel élément du récit des outrages des soldats, les faits qui accom- . pagnent la mort de Jésus, dans lesquels il est bien difficile de ne pas reconnaître le travail de l’ima- . gination et, si l’on peut ainsi dire, de la tradition créatrice. Mais il ne nous parait pas possible de délimiter dans le détail ce qui, dans le récit du procès et du supplice, provient de chacune des trois sources que nous avons envisagées. En conclusion, il nous semble que, dès avant la composition de l’évangile de Marc, les souvenirs de Pierre avaient servi de base à l'élaboration d’un récit de la passion.

4° Les autres sources.

En dehors des trois grands groupes de récits que nous avons reconnus jusqu'ici : Logia, souvenirs de Pierre et récit de la passion, on remarque que certains morceaux qui se trouvent répartis en deux groupes présentent entre eux ce caractère commun qu'ils rapportent des discussions entre Jésus et des représentants du judaïsme. Ce sont les cinq récits de conflit de 2, 1-3, 6 et le groupe de discussions quise trouve de 72, 15 à 12, 37 (question des pharisiens sur le tribut; question des

sadducéens sur la résurrection; question du plus grand commandement; question de la descendance davidique du Messie). Sans doute on ne

peut formuler ici des conclusions absolues. Le

plan même que suit l’évangéliste appelait, aussi bien au chapitre 2 qu’au chapitre 12,une série de

conflits entre les Juifs et Jésus; le groupement de

ces éléments pourrait ainsi fort bien provenir de

l’évangéliste. Les discussions du chapitre 12 présentent un autre caractère que celles du chapitre 2.

Dans celles-ci, l'attitude que prend Jésus provoque

l'opposition des Juifs; au chapitre 12, au contraire,

des personnages divers posent à Jésus des ques-. tions embarrassantes dont il se tire à son honneur

et qui n’ont pas pour effet de soulever contre lui

une hostilité comparable à celle à laquelle il est

fait allusion dans 3,6. Il ne faut donc envisager que comme une simple possibilité l'existence d'une source de discussions et de conflits.

Ce qui n'appartient pas aux traditions dont il vient d’être question doit être réparti en deux groupes. Le premier est constitué par des morceaux qui ont un caractère général et vague et dont l’origine rédactionnelle n’est pas douteuse ; ce sont, par exemple, les passages 1, 15. 39; 3, 7-12. 6, 830. 10, 1. Il y faut joindre certains passages où se reflètent directement les idées qui dominent le plan de l’évangéliste et qui doivent donc lui

f pe k

être attribués ; ce sontnotamment les trois prophé- ties des souffrances du Messie (8, 31-32 ; 9, 30-32; 10, 32-34). Le sécond groupe présente peu d’ho- mogénéité. Ilest constitué par des morceaux de . caractères très divers. Les uns semblent avoir été … déjà rapprochés avant l'évangéliste comme les péricopes des distributions des pains et celles qui les suivent (6, 81 s. 8, 1 s.) ou comme les trois récits de l'entrée à Jérusalem (11, 1-11), de la purifica- . tion du Temple (11, 15-19) et de la question d'’au- torité (11, 27-33) dont l'unité organique n’est pas douteuse, bien qu'elle ait été brisée par le rédacteur de l’évangile. D'autres, qui sont actuellement isolés, ne l’étaient peut-être pas dans les traditions primitives auxquelles ils appartenaient; tel estle cas, par exemple, pour l'épisode . de la perplexité d’Hérode (6, 14-16). Certains se suffisent à elles-mêmes (le baptême, Z, 9-11, danger des richesses, 10, 17-31 ; demande des fils de Zébédée, 10, 35-41 ; pite de la veuve, 12, 41-44). Il en est qui ont une valeur historique considérable, tandis que d'autres ont un caractère symbolique (la tentation, 1, 12-13) ou représentent des traditions altérées au point d’être méconnaissables (l'épisode du figuier maudit, 11, 12-14). Un classement rigoureux de ces péricopes n'est pas possible, il ne pourrait être fait que d’une manière toute conjecturale et obligerait à s’ar-

\ rêter longuement à l'étude de chaque morceau

particulier.

VIT. — LE STYLE ET LA LANGUE 1° Le style.

I n'y a dans l'évangile de Marc aucune prétention littéraire. L'auteur n'indique ni l’objet qu'il se propose, ni les moyens qu'il entend mettre en œuvre. Manifestement il est dominé non seulement par les matériaux qu'il utilise mais encore par l'emploi qu'il en fait. Sa personnalité disparait derrière une œuvre qu’il n’a pas conçue, qui le dépasse et dont il est l'interprète. L'Évangile l'emporte sur l'évangéliste, la personnalité de celui-ci el presque son œuvre sontindifférentes. Marc s’est trouvé, à un certain moment, donner à la tradition évangélique son expression, il n’a eu nila prétention ni le sentiment de faire une œuvre à lui (Jou. Weiss, Ae/t, Ev., p. 83). S'il y a un art dé la composition chez lui, cet art est très effacé. Les faits sont rapportés avec une grande simplicité, on pourrait presque dire avec naïveté. Loin de les commenter, l'évangéliste se borne à les laisser parler. On pourrait presque dire qu'il ya de l’indigence dans ses moyens d'expression. Les cadres

: Re F je > / L'ÉVANGILE DE MARC 347

dans lesquels les récits sont présentés sont à

É peine esquissés et toujours avec les mêmes traits. … C'est Jésus qui regarde autour de lui, qui appelle la foule etses disciples pour leur donner ses enseigne-

. ments; c’est le peuple qui accourt, se rassemble au-

tour de Jésus et qui, après l'avoir entendu parler, ou l'avoir vu guérir un malade, exprime son admiration, son étonnement, sa stupeur pour l'autorité dont il fait preuve et la puissance avec laquelle il commande aux éléments et aux démons. Tout

ceci est raconté avec une extrême sobriété, sans

recherche de l'effet, sans procédés rhétoriques, par simples petites phrases juxtaposées!. Aussi les traits concrets qui caractérisent le récit de Marc et le distinguent des récits parallèles de Matthieu et de Luc doivent-ils être considérés, commele remarque justement Lagrange (Mc., p. Exix-Lxxur, Le., p. Lxvin), non comme des touches destinées à un effet d'ensemble, mais comme des souvenirs réels accrochés à la mémoire des faits.

A. WENoLAnD, Die urchristlichen Literaturformen, Tübingen, 1919 (LierzuanN, Handb.z. N. T., I, 3), p. 210. LAGRANGE, Me., p..LXXIS.

2 Le vocabulaire.

Swete a fait du vocabulaire de Mare une étude

détaillée à laquelle nous empruntons les données qui suivent : Marc emploie 1.330 mots dont 60 noms propres. Il y a là-dessus 79 mots qui ne se trouvent ‘pas ailleurs dans le Nouveau Testament?. De ceux-ci 41 se rencontrent dans les LXX ; 5 sont des transcriptions de mots araméens, 8 sont des hapax?. La proportion des mots particuliers à Marc est donc peu élevée. Les termes qui lui appartiennent en propre n'ont rien de recherché. Ce sont, pour la plupart, des mots constitués par l’addition d'une préposition. Les mots de Marc qui ne se trouvent en outre dans le Nouveau Testament que chez Matthieu et Luc ou chez l’un d'eux, sont au nombre de 202: Matthieu 55, Luc 44, Matthieu et Luc, 103). 15 mots ne se trouvent que chez Marc et Jean, 7 chez Marc, Jean et Matthieu, 5 chez Marc, Jean et Luc. Avec la littérature paulinienne {y compris l'épitre aux Hébreux), Marc n’a en commun que 23 mots auxquels il faut en ajouter 21 qui se

1. MaAwkiNs, p. 9 s., 93 s.; Sete, p. XLIV s.; LAGRANGE, Me. p. LXIVSs.

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