V. — LE CARACTÈRE LITTÉRAIRE DE L'ÉVANGILE
Sans être plus que l’évangile de Marc dominé par des préoccupations d’un autre ordre que des préoccupations religieuses, apologétiques et missionnaires, le récit de Matthieu présente une composition plus soignée et est écrit en une langue qui s’écarte du grec classique moins que celle de Marc et qui se signale par une certaine solennité (Jon. Wriss, Literaturgeschichte des N.T., Re GHGR AL, co12192)
L'analyse du plan de Matthieu donnée plus haut ainsi que nos remarques sur la manière dont sont insérés dans l'évangile Les éléments venant des
ance à grouper en masses plus. ou moins compactes les éléments similaires, aussi bien les éléments narratifs que les éléments didactiques !. Il arrive fréquemment que ces groupements soient dominés par certains nombres, soit qu’il y ait là un procédé destiné à aider la mémoire des caté- chistes et de leurs auditeurs, comme le pense. Hawkins {p. 131), soit qu'il faille y reconnaître le produit de certaines spéculations sur la valeur mystique des nombres?.
On doit d’abord remarquer que par l'emploi k cinq fois répété de la formule ëre èrékesev 5 ’Inooës (2,28; 11,1; 13, 63; 19, 1; 26, 1), Matthieu di- vise l’activité de Jésus, abstraction faite de l’histoire de la passion, en cinq périodes. Il ne faut toutefois pas attribuer trop d'importance à ce fait, car la division ainsi indiquée pourrait bien s'être trouvée déjà dans les Logia ÿ.
C'est pour le nombre 7 que Matthieu semble avoir une prédilection. La généalogie (1, 1-17) est