‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 109 sur 127 · Ainsi que le fait Hozrzmanw, Né. Th., I, p · texte numérisé non relu

Ainsi que le fait Hozrzmanw, Né. Th., I, p

S'il ne faut pas faire de notre évangéliste un judaïsant fanatique, il ya cependant lieu, semble-t-il, de voir en lui un Juif familiarisé avec les idées et les usages juifs et qui à, en particulier, une connaissance approfondie de l’Ancien Testament. Les citations sont nombréuses chez lui ‘. On constate, notamment par l'examen de celles qui lui appartiennent en propre, qu'il attache une grande importance à montrer dans les divers épisodes de l’histoire évangélique la réalisation de prophéties. Il est même tel détail de son récit, la fuite en Égypte (2, 13-16 cf. Osée, 11, 1) ou l'ânon dans le récit de l’entrée à Jérusalem (217, 2s.cf.Zach.,9,9), qui pourrait bien avoir été suggéré par le passage prophétique cité à son propos ?. La préoccupation dogmatique impliquée dans cette manière de citer l'Ancien Testament est certainement antérieure à Matthieu ; elle est aussi vieille que la théologie chrétienne et a dû exercer son influence sur la plus ancienne rédaction de la tradition

1. Il lui arrive aussi de compléter et de développer certaines citations données par Marc.

2. L'étude complète et méthodique des citations de l'Ancien Testament dans l'évangile de Matthieu faite par Eueène MASSEBIEAU (Examen des citations de l'Ancien Testament dans l'évangile selon saint Matthieu, Paris, 1885) l'a conduit aux résultats suivants- Le premier évangile contient 45 citations ; 18 d’entre elles sont empruntées à Marc et faites d'après les LXX, parfois avec une

évangélique; elle est déjà sensible chez Mare, par exemple dans le récit de l'entrée de Jésus à Jérusalem. Il est cependant incontestable qu'elle est plus caractérisée chez Matthieu que partout ailleurs.

On a noté dans le premier évangile une tendance ecclésiastique et déjà catholique î. Même si l’on admettait — ce qui n’est pas prouvé — que les deux seuls passages des quatre évangiles où. se trouve le terme d’ Église (Mt., 16,18; 18,17) soient des fon postérieures, il serait déjà caractéristique’que ce soit dans l'évangile de Matthieu, qu'elles aient été faites. Cela indiquerait au moins que cet évangile est le plus ecclésiastique de tous. Il est écrit en vue d’une Église, c’est-à-dire d’un groupe qui a besoin de règles pratiques et de directions concrètes. Les discours de Jésus, dans Matthieu, fournissent ces règles et ces directions, sur l’aumône (6, 1-4), sur la prière (6, 8-15), sur le jeûne (6, 16-18), sur le mariage assez grande liberté. 4 sont communes à Matthieu et à Lucet faites littéralement d'après les LXX. Les 23 autres se répartissent en deux groupes : 4° 11 citations montrant dans l’histoire évangélique la réalisation de prophéties. Ces citations attestent la connaissance de l’hébreu ; 2° 12 citations contenant un enseignement moral ou religieux, citations faites d'après les LXX mais parfois librement et qui pourraient s'être trouvées déjà dans les Logia.

4. Jücrcaer, Einl., p. 211; HOLTZMANY, N£.Th., I,p. 515 ; Lorsy, I, p.145.

(5, 27-32; 19, 8-12), sur la conduite à tenir vis-à-vis des enfants (18, 10-14), -vis-à-vis des frères (5, 25-26 ;7, 12; 18, 15-22), sur l'attitude que les gens du dehors auront à l'égard de l'Église et sur la manière dont celle-ci devra résister et supporter sans faiblir les persécutions (10, 17-36 ; 16, 24-28). Bien que la perspective de la parousie n'ait pas disparu et qu’elle domine encore certaines parties de l’évangile, celui-ci n’en est pas moins la charte d’une société qui s'organise pour durer.

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