‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 120 sur 127 · DE COMPOSITION · texte numérisé non relu

DE COMPOSITION

La question d'attribution du troisième évangile ne peut être résolue dans le sens de la tradition ou dans le sens opposé, ni par des considérations de langue, ni par des raisons tirées de la nature du récit. Nous avons vu, en effet (Intr., III, p.1#2- 146), que l'examen des théories qui ont été défendues touchant le caractère médical de la langue de Luc, ne permettent sans doute pas d'établir que l’auteur du troisième évangile et du livre des Actes ne peut pas avoir été médecin, mais que des arguments tirés de seules considérations lexicographiques ne sauraient établir qu’il l'ait été. Ce qu'on a dit, d'autre part, pour soutenir ou pour nier qu'un compagnon de Paul ait pu raconter l’histoire évangélique sous la forme qu'elle a chez Luc, n’a que peu de valeur, tant nous sommes ignorants des conditions dans lesquelles la tradition évangé-

4, Jünosr, Hat das Lukasevangelium paulinischen Charakter ? SE. u. Kr., 1896, p. 215-244; HorrzmanN, Né. Th.,E, p.520.

lique s’est conservée et de celles dans lesquelles se sont développés les récits merveilleux ou ui daires.

C’est uniquement la critique des Actes qui per- . met de résoudre pour le troisième évangile la question d'auteur. Si l’on admet — comme nous avons essayé de montrer qu'il faut le faire (voir t. III) — qu'il y a lieu de distinguer entre l’auteur à Théophile qui, à part quelques légères interpolations, notamment celle du récit de l’Ascension, a rédigéles Actes sous la forme que nous lisons et Luc, le. médecin, compagnon de Paul, auteur d’un récit des missions de l’apôtre qui constitue la source principale et la plus précieuse uti-

lisée par l’auteur à Théophile, alors il est bien évident que l’attribution traditionnelle ne peut pas être maintenue.

Le troisième évangile n’est pas l’œuvre de Luc, mais il lui a été attribué parce que celüi qui la - composé s’est servi, dans le second livre de son ouvrage, d’une œuvre de Luc. La confusion qui s’est produite ici n’est pas sans analogie avec celle que . l'on constate pour le premier évangile attribué à Matthieu, parce qu'un recueil entré dans sa composition passait pour l’œuvre de cet apôtre.

Quant aux destinataires du livre il n’y a pas lieu de mettre en doute l'historicité de Théophile, à qui il est dédié. Il n’en est pas moins certain

que Luc n’a pas écrit pour ce seul lecteur. Il a eu

en vue un public plus étendu et il n'est pas douteux que l'on doive se représenter ce public

comme pagano-chrétien. Le fait est suffisamment

établi par les préoccupations universalistes de Luc, par son peu de souci de la Loi, par le soin qu'ilmet à éviter ou à expliquer les termes qui ne pourraient être compris que par des lecteurs au courant des usages et des idées juives et de la vie palestinienne.

Sur la question du lieu de composition on en est réduit aux conjectures. Aucun argument «et même aucun commencement de preuve ne peut être apporté en faveur d'Antioche, ni en faveur de Césarée, de Jérusalem ou de Rome. C’est un des nombreux points de l'histoire littéraire du christianisme ancien où nous devons nous résigner à l'ignorance.

Reste la question de date : les opinions les plus diverses ont été soutenues sur ce point : on a proposé 54-56 (Blass), 58-60 (Alford, Gloag, Schaff)

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