‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 32 sur 127 · V. — LA TRADITION ULTÉRIEURE · texte numérisé non relu

V. — LA TRADITION ULTÉRIEURE

La tradition ultérieure sur la composition des évangiles ne fait que reproduire les données fournies par Papias d’une part, et de l’autre par le fait

1. Nous donnons le texte — qui dans le manuscrit est fort incorrect — avec les corrections de LixrzmanN, exception faite de la correction ut juris en litteris qui nous paraît téméraire. Sur ce passage, voir Intr., LIL, p. 31. |

2.Opinio =&xon Vulg.Mt., 4,24 ; 24,6. Me., 18,7 (LIETZMANN, P. 5). LAGRANGE (Lc., p. xrI1) pense à .un original grec é£ éautoÿ ÔdEnc, qui serait une allusion à Le., 1,3. Zaun (G. K., II, p. 29) corrig ex opinione en ex ondine.

que Luc avait été le compagnon et le collaborateur de Paul. Les détails nouveaux qu'on y rencontre répondent au besoin de posséder sur la rédaction des évangiles des renseignements de plus en plus circonstanciés. Mais, comme ces détails ne font que se surajouter à une tradition dont nous connaissons l’origine, il n’y a pas de raison d'y voir, pour l'essentiel tout au moins, autre chose que des conjectures. Il suffira donc de passer en revue très rapidement les plus anciens témoignages de la‘tradition.

Abstraction faite de ceux qui nous ont déjà occupé, le plus ancien est celui d’'Irénée (adv. Haer., II1, 1, 1, texte grec dans Evusèee, .e., V, 8, 2-4). D'après lui, Matthieu écrivit son évangile parmi les Hébreux et dans leur langue, alors que Pierre et Paul prêchaient l'Évangile à Rome et y fondaient l'Église. C'est la tradition de Papias avec l'addition d’une indication relative à l’époque de composition de l'évangile. Rien n'indique que le détail vienne de la tradition. Il parait au contraire naturel de penser qu'Irénée, considérant que l'ordre de composition des évangiles était celui-là même du canon, en aura conclu que Matthieu avait écrit avant la mort de Pierre. En ce qui concerne Marc, en effet, Irénée se borne à rapporter la même tradition que Papias. Il la comprend, sans doute à

cause des mots 25x éuvnpsvevs:y, en ce sens que Marc,

écrivant d'après ses souvenirs, ne l'aurait fait qu'après la mort de Pierre. Pour Luc, Irénée se borne à dire qu'il exposa dans un livre l Évangile prêché par Paul.

Clément d'Alexandrie (dans les Hypotyposes, Eusèse, À. e., VI, 14, 5-7) s'en réfère à la tradition des presbytres. Les évangiles qui ont les généalogies furent écrits les premiers. Quant au second évangile, il doit sa naissance à la requête adressée à Marc par les’ auditeurs de l’enseignement inspiré de Pierre. L’apôtre ayant eu connaissance de cette demande s’abstint expressément soit d'empêcher son disciple, soit de l’encourager. On reconnaît ici Le désir de rapprocher le plus possible l’évangile de Marc de l’enseignement de Pierre, mais en même temps un scrupule empèche d'attribuer à l’apôtre une responsabilité directe dans la composition de l’évangile.

Origène (ap. Eusèse, h. e., VI, 25, 3-6) donne l’évangile de Matthieu comme ayant été composé le premier et en hébreu. A propos de celui de Marc, Origène insiste sur l’étroite relation qui exista entre l'évangéliste et l’apôtre qui, dans sa première épitre, l'appelle « son fils », et il attribue la rédaction de l'évangile non à l'initiative de Marc mais aux instructions de Pierre. Quant à l'évangile de Luc, il repose sur l'autorité de Paul.

Avec Eusèbe nous touchons au moment où la

tradition est définitivement fixée. Voici son témoignage (h. e., III, 24, 5-12) : « [Des douze apôtres] Matthieu et Jean seuls nous ont laissé des mémoires des entretiens du Seigneur ; encore, n’en vinrent-ils à les composer que poussés, diton, par la nécessité. Matthieu prêcha d’abord aux Hébreux. Comme il dut ensuite aller en d’autres pays, il leur donna son évangile dans sa langue maternelle ; il suppléait à sa prédication, auprès de ceux qu'il quittait, par un écrit. Tandis que déjà Marc et Luc avaient fait paraître leurs évangiles, Jean. »

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