Voir Maurice GoGueL, Me., p
irectement pour conséquence de nous autoriser |
ait que le plan de Marc est primitif par rapport à
le besoin d'introduire un entretien préliminaire entre Jésus et Jean-Baptiste, dans lequel Jésus luimême prononce des paroles qui justifient le baptème (M4., 3, 14-15). Le caractère secondaire du récit de Luc (3, 21-22) résulte de ce que la vision de Jésus y est transformée en une vision du peuple et de ce que la descente de l'Esprit y est matérialisée.
Dans le récit de la guérison de la ue de .
Pierre (Mc. 1, 29-31 et par.), à où Marc dit qu'on parle à Jésus de la malade, ce qui pouvait signifier qu'on l’implore en sa faveur ou qu'on lui explique pourquoi elle ne vient pas à sa rencontre, Luc (4, 38) emploie des termes (on l’implora en sa faveur) qui font disparaître l'amphibologie.
Dans certains passages communs, les évangélistes Matthieu et Luc n’ont pas reproduit certains détails qui portent en eux-mêmes la marque de leur authenticité et de leur caractère primitif ou qui sont de si minime importance qu'on ne comprendrait pas leur addition par un rédacteur secondaire !.
Il peut s'agir d'expressions smbigues comme 602v moueiv (Mc., 2, 23) supprimé à la fois par Matthieu et par Luc dans le récit des épis arrachés, ou de détails sans portée comme le mot xÿas
1. On trouvera une liste et un classement de ces passages dans Ilawkins, p. 968.
dans la déclaration messianique de Jean-Baptiste (Mc. 1,7), ou le nombre des pores dans l'histoire du démoniaque de Gérasa (Mc., 5, 13), ou l’épithète de edsyhuwy donnée à Joseph d’Arimathée dans Mc., 15, 43. D’autres fois, il s’agit d’érreurs que Matthieu et Luc suppriment, telle est la portée de l’omission de ëxt ’Afidôap äpyrepéus de Mc., 2, 26. :
Souvent les détails omis dénotent une conception de la personne et de la puissance de Jésus dont on ne s’accommodait déjà plus à l’époque de la rédaction des évangiles de Matthieu et de Luc. Ainsi certains détails, certaines tournures qui impliquaient ou paraissaient impliquer une limitation de la puissance surnaturelle de Jésus ont été ou corrigés ou supprimés. À la fin de la première journée de Capernaum, on amène des malades à Jésus. Marc (1, 34) dit qu'il en guérit beaucoup, Matthieu (8, 16) qu'il les guérit tous, Luc (4, 40) qu'il impose les mains à chacun et les guérit. À la fin du récit de la prédication de Jésus à Nazareth, Marcdit : « Il ne put faire là aucun miracle ; toutefois il imposa les mains à quelques maladés et les guérit, et il s’étonna de leur incrédulité »(6, 5-6) !. Matthieu (13, 58) dit seulement :
1: Il se pourrait que le texte primitif ait été: « Il ne put faire à aucun miracle à cause de leur incrédulité ». Voif Maurice GoveL, Le rejetde Jésus à Nazareth, Z. N.T. W., XII. 49115p. 22107
« Il ne fit pas là beaucoup de miracles à cause à: leur incrédulité. »
Marc (7, 31-37) raconte la guérison d’un sourdmuet sous une forme qui contraste avec les autres récits de guérisons. Jésus met les mains dans les oreillés du patient et touche sa langue avec de la salive au lieu decommander purement et simplement. Matthieu et Luc n’ont pas reproduit ce récit, ils ne donnent pas davantage celui de la guérison de l’aveugle de Bethsaïda (Mc., 8, 22-26) qui présénte dés caractères identiques. Dans le même ordre d'idées, on peut observer que Matthieu (21, 19) rend immédiate la malédiction du figuier que Marc (71, 20) ne rapporte que vingtquatre heures plus tard.
On peut aussi citer quelques passages dans lesquels Matthieu et Luc ont supprimé où corrigé une expression de Marc qui pouvait paraître choquante. Dans le récit de la tentation, Marc (1, 12) dit que l'esprit « chasse » (ëx54X2e) Jésus dans le désert. Matthieu et Luc emploient des expressions plus douces (M., 4, 1, 1 : &vhyûn Lc., 4,1 : fyero). Dans la péricope sur le danger des richesses, Marc (10, 17 s.) suivi par Luc (18, 18s.) fait dire à l'homme « Bon maitre », à quoi Jésus répond « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Un seul est bon, Dieu », Matthieu, choqué de ce que Jésus repousse l'épithète de bon, a transformé le dialogue, mais
d’une manière si peu naturelle qu’on reconnait bien avoir affaire à un remaniement. « Maître, que ferai-je de bon ? dit le jeune homme, et Jésus lui répond : Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon, un seul est bon: Dieu » (19, 16. 17).
Dans d’autres cas,c'est l'expression d'émotionsou desentimentshumains deJésus que l'ontrouvedans le récit de Marc et que les autres évangélistes n'ont pas conservée. Dans le récit de la guérison du lépreux, Marc dit d'abord que Jésus apitié du lépreux (1, 41) puis, qu'il s’indigne contre lui (7, 43). Ces deux traits ne se retrouvent ni chez Matthieu ni chez Luc. Dans la guérison de l’homme à la main sèche, Marc seul (3,5) à ce trait : « Les ayant regardés avec colère, affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit... » Matthieu (12, 13) porte . « Alors il dit » et Luc (6, 10) : « Les ayant tous regardés, il dit ».
Avant de rapporter la réponse de Jésus à la demande des pharisiens qui désirent voir un signe du ciel, Marc (8, 12) dit que Jésus soupire en son esprit, Matthieu et Luc n’ont pas ce détail.
Dans le récit des enfants amenés à Jésus, deux traits sont particuliers à Mare : c'est d’abord l'indignation de Jésus contre ceux qui empêchent les enfants d'approcher (10, 14), c’est ensuite que
Jésus, avant de bénir les enfants, les embrasse (10, 16).
Parfois les traits de Marc, qui n'ont pas été reproduits par Matthieu et par Luc, sont relatifs non à Jésus mais aux apôtres qu’ils présentent sous un jour dont ne s’est plus accommodée la vénération qui les a entourés de bonne heure. Ainsi Marc termine l'épisode de la marche sur les eaux de la manière suivante : « Ils furent encore plus hors d'eux-mêmes, ils n'avaient pas compris ce qui s'était passé pour les pains, car.leur cœur était aveuglé » (6, 51°-52). Matthieu dit : « Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui disant : Tu es vraiment le Fils de Dieu » (14, 33). Le récit de l'entretien sur le levain des pharisiens se termine chez Marc par cette question : « N’avez-vous pas compris? » (8, 21). Matthieu (16, 12) donne comme conclusion : « Alors ils comprirent... » La demande des fils de Zébédée (Mc., 10, 35s.), quitémoigne chez eux de peu d’humilité et qui leur vaut un blâme de Jésus, est, chez Matthieu (20, 20), attribuée à leur mère, ce qui ne peut être tenu pour primitif, puisque c’est aux deux frères que répond Jésus et que c’est contre eux que s'indignent les autres apôtres.
Une preuve supplémentaire de la priorité de Marc nous paraît être fournie par les cas ! où il a une expression double dont un élément est reproduit