‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 74 sur 127 · ME, 11, 5 a la formule rrwyot edayyel{tovrar · texte numérisé non relu

ME, 11, 5 a la formule rrwyot edayyel{tovrar

2. Emploi successif de la 3° personne et de la 2. Explications pour rrwyot et pour retv&@vres. Combinaison de promesses de dé-

dommagements pour des souffrances subies et dè récompenses pour des qualités morales.

et de l'opposition qu'il établit entre l’enseignement de Jésus et l’Ancien Testament. Luc n'aurait pas modifié ce caractère du développement s'il l'avait trouvé dans sa source. On ne peut d'autre part admettre la priorité absolue de la forme de Luc pour trois raisons : 1° Matthieu dit : « Si on te frappe à la joue droite », Luc simplement : « Si on te frappe sur une joue ». Luc a supprimé un détail qu'il ne comprenait pas. Normalement c'est la joue gauche qui est exposée à être frappée, maïs, d’après le Talmud, le soufflet donné du revers de la main, atteignant par conséquent la joue droite, était considéré comme le plus offensant! et cela établit le caractère primitif du texte deMatthieu.2°Matthieu n'aurait pas séparé de l’enseignement sur l'amour du prochain, la recommandation de faire à. autrui ce qu'on voudrait qu’on vous fit s’il l'avait, dans sa source, trouvée dans le même contexte comme c’est le cas chez Luc (6, 81) *?. -8° L’exhortation à la miséricorde qu’on trouve chez Luc présente avec son contexte le caractère d’un développement plus systématique que l'exhortation à la perfection qu'on trouve chez Matthieu. Elle doit donc être tenue pour moins primitive.

4. J. WeissManN, Zur Erklürung einer Stelle der Bergpredigt, ZN.TOW XIV" A913;p.1758;

2. Chez Matthieu, ce logion donné aïlleurs est isolé et sans relations avec son contexte.

L'épisode du centenier de Capernaum (M4.

8, 5-13. Le.7,1-10) est le seul récit étendu qui provienne des Logia. Le texte de Matthieu ne peut pas être tenu pour primitif parce qu’il comprend, comme commentaire de l'admiration de Jésus pour la foi du centenier, une déclaration que Luc donne dans un autre contexte (13, 28-30) et aussi parce qu'il substitue l'enfant (rai; qui peut aussi signifier serviteur) à l’esclave alors qu’au v. & celui-ci est présenté comme un personnage connu. Le texte de Luc ne peut pas non plus être considéré comme primitif parce que Matthieu n'aurait eu aucune raison de supprimer le détail si caractéristique du centenier, n’osant pas venir en personne trouver Jésus, mais envoyant des Juifs intercéder pour lui.

Des constatations du même ordre peuvent être faites à propos de l’importante péricope de la question de Jean-Baptiste et du témoignage de Jésus sur Jean-Baptiste, qui s’y rattache directement (Mt., 11, 2-19. Le., 7, 18-35). Dans Matthieu, la réponse de Jésus aux envoyés suit immédiatement la question. Luc (v. 21) intercale la remarque que Jésus accomplit à ce moment diverses guérisons. Il a, sans aucun doute, pensé que celles qui sont visées dans la réponse de Jésus devaient être expressément racontées. Dans le témoignage de Jésus sur Jean-Baptiste, Luc introduit

une remarque sur les péagers et les gens de mauvaise- vie qui ont accepté le baptême de Jean- Baptiste tandis que les pharisiens le repoussaient (Lc., 7, 29-30). Maithieu donne la même parole dans un autre contexte comme conclusion à la parabole des deux fils (27, 32), il n'aurait eu aucune raison de détacher ce logion de son contexte. Nous avons donc affaire à une combinaison particulière à Luc. Inversement l'insertion du logion sur le Royaume de Dieu forcé (M4., v. 12) a dà être faite par Matthieu, car Luc ne l'aurait pas déplacé pour l’insérer dans un autre contexte {Le., 16, 16)".

En résumé, Matthieu et Luc semblent avoir reproduit les Logia indépendamment l’un de l’autre puisque c’est tantôt l’un, tantôt l’autre qui parait le plus se rapprocher de la source.

Matthieu et Luc ont inséré de manière fort différente les éléments empruntés aux Logia.

Matthieu les a répartis presque à travers toute la trame du récit de Marc. Luc, au contraire, les a groupés en deux masses principales.

Dans l’évangile de Matthieu, à part les deux premiers et les trois derniers qui constituent l'évangile de l'enfance et l’histoire de la passion, iln’y a que les chapitres 14 et 16 qui ne contiennent -pas d'élément emprunté aux Logia. Après

1, Voir encore Mé., 5, 25-26. Lc., 12, 58-59.

les fragments relatifs à Jean-Baptiste et à la tentation dont la place était marquée par leur nature même, on trouve toute une série de morceaux groupés dans les chapitres 5 à 7 dans le Sermon sur la Montagne qui constitue à la fois Le résumé et le programme de l’enseignement de Jésus. Les autres éléments sont tantôt insérés entre deux péricopes de Marc, tantôt introduits comme additions à une péricope de Marc. Parfois ils prennent la place d'une péricope de Marc qui n'était que le résumé d'un morceau des Logia. On reconnait ainsi chez Matthieu un effort pour incorporer les éléments des Logia à la tradition de Marc et fondre en une seule les deux sources dont il disposait.

Chez Luc, au contraire, ce n’est que dans une mesure très restreinte que les morceaux empruntés aux Logia sont combinés à la narration de Marc. Les deux récits sur Jean-Baptiste et sur la tentation sont mis à leur place naturelle, puis, à l'endroit où Luc abandonne le fil de la narration de Marc (de 6, 20 à 8,3), il introduit les éléments didactiques dont l’ensemble constitue, avec l’addition des malédictions, le discours-programme de Jésus (6, 20-49) suivi du centenier de Capernaum (7, 1-10) et, après intercalation d'un épisode particulier à Luc, des deux péricopes, envoyés de Jean-Baptiste et témoignäge de Jésus

sur Jean-Baptiste:(7, 18-35). Huit morceaux des Logia sont ainsi insérés dans une sorte de parenthèse que Luc ouvre dans le récit de Marc. Il en ouvre une seconde au chapitre 9. On sait que tout le fragment Lec., 9, 51-18,14 est inséré entre deux péricopes qui se suivent directement dans Marc et qu’il ne comporte aucun élément qui soit directement parallèle à un récit de Marc. Nous verrons que les éléments constitutifs de cette grande intercalation manquent de cohérence et qu'on ne peut accepter l'hypothèse qui les ferait dériver d’une source particulière homogène. Luc a dû insérer, à cette place, une série de récits et de traditions qu'il n’était pas en état de situer dans l'histoire du ministère de Jésus. Dans cette grande intercalation se trouvent 26 des 38 morceaux communs à lui et à Matthieu que Luc a empruntés aux Logia. Les deux autres sont placés l'un {la parabole des mines, 19, 11-27) tout à la fin du ministère itinérant de Jésus, après l'épisode de Zachée qui est particulier à Luc, l’autre (les douze apôtres sur douze trônes, 22, 28-30), dans la dispute de préséance introduite au cours du dernier repas.

Matthieu et Luc ont donc suivi deux méthodes très différentes pour l'insertion des Logia. Ce fait apparait très clairement, si donnant aux éléments des Logia les numéros qu'ils portent dans le

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Matthieu. Ces morceaux se PFÉPRRES dans l'ordre

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Si on fait le même travail pour se rendre None de l'ordre des emprunts de Luc aux Lo- gia, les emprunts désignés par les numéros - morceaux équivalents dans Matthieu (p.166 s.) se

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