‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 92 sur 127 · VII. — LE STYLE ET LA LANGUE 1° Le style · texte numérisé non relu

VII. — LE STYLE ET LA LANGUE 1° Le style

Il n’y a dans l’évangile de Marc aucune prétention littéraire. L'auteur n'indique ni l'objet qu'il se propose, ni les moyens qu'il entend mettre en œuvre. Manifestement il est dominé non seulement par les matériaux qu'il utilise mais encore par l'emploi qu'il en fait. Sa personnalité disparaît derrière une œuvre qu'il n’a pas conçue, qui le dépasse et dont il est l'interprète. L'Évangile l'emporte sur l’évangéliste, la personnalité de celui-ci et presque son œuvre sont indifférentes. Marc s’est trouvé, à un certain moment, donner à la tradition évangélique son expression, il n’a eu ni la prétention ni le sentiment de faire une œuvre à lui (Jon. Weiss, Aelt. Ev., p.23). S'il y a un art dé la composition chez lui, cet art est très effacé. Les faits sont rapportés avec une grande simplicité, on pourrait presque dire avec naïveté. Loin de les commenter, l'évangéliste se borne à les laisser parler. On pourrait presque dire qu'il, ya de l'indigence dans ses moyens d'expression. Les cadres

dans lesquels les récits sont présentés sont à peine esquissés et toujours avec les mêmes traits. C'est Jésus qui regarde autour de lui, qui appelle la foule et ses disciples pour leur donner ses enseignements ; c’est le peuple qui accourt, se rassemble autour de Jésus et qui, après l'avoir entendu parler, ou l'avoir vu guérir un malade, exprime son admiration, son étonnement, sa stupeur pour l'autorité dont il fait preuve et la puissance avec laquelle il commande aux éléments et aux démons. Tout ceci est raconté avec une extrême sobriété, sans recherche de l’effet, sans procédés rhétoriques, par simples petites phrases juxtaposées!. Aussi les traits concrets qui caractérisent le récit de Marc et le distinguent des récits parallèles de Matthieu et de Luc doivent-ils être considérés, comme le remarque justement Lagrange (Mc., p. Lxix-Lxxnt, Lc., p. Lxvin), non comme des touches destinées à un effet d'ensemble, mais comme des souvenirs réels accrochés à la mémoire des faits.

4. WenoLan», Die urchristlichen Literaturformen, Tübingen, 1942 (LieTzmanN, Handb. 3. N. T., I, 3), p. 270. LAGRANGE, Mc. p. LXXIS.

2 Le vocabulaire.

Swete a fait du vocabulaire de Marc une étude détaillée à laquelle nous empruntons les données qui suivent: Marc emploie 1.330 mots dont 60 noms propres. Il y a là-dessus 79 mots qui ne se trouvent pas ailleurs dans le Nouveau Testament*. De ceux-ci 41 se rencontrent dans les LXX ; 5 sont des transcriptions de mots araméens, 8 sont des hapax. La proportion des mots particuliers à Marc est donc peu élevée. Les termes qui lui appartiennent en propre n ont rien de recherché. Ce sont, pour la plupart, des mots constitués par l’addition d'une préposition. Les mots de Marc qui ne se trouvent en outre dans le Nouveau Testament que chez Matthieu et Luc ou chez l’un d'eux, sont au nombre de 202: Matthieu 55, Luc 44, Matthieu et Luc, 103). 15 mots ne se trouvent que chez Marc et Jean, 7 chez Marc, Jean et-Matthieu, 5 chez Marc, Jean et Luc. Avec la littérature paulinienne (y compris l'épitre aux Hébreux), Marc n'a en commun que 23 mots auxquels il faut en ajouter 21 qui se

FL. Hawkins, p. 9 s., 93 s.; Swere, p. XLIV S.; LAGRANGE, Mc., p. LXIVSs.

Page 1