‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 97 sur 127 · NUE ON OUR PONT · texte numérisé non relu

NUE ON OUR PONT

aux circonstances historiques qui ont amené la

. l'Homme qui donne sa vie en rançon pour plu-

y au nom “hs principe de la Ve que le lradition des Juifs est combattue!.

IL semble au premier abord qu'avec l’idée de la nécessité et de l'efficacité de la mort du Christ, on ait affaire à un groupe de notions sur lesquell l'influence du paulinisme soit plus directement saisissable. Comme le dit justement H.-J. Holtzmann, l'évangile montre comment s’est réalisé, en fait, ce qui, au point de vue divin, était nécessaire?. Mais Paul ne semble pas s'être intéressé si

mort de Jésus et l’idée de la nécessité de cette mort a dû être déduite des faits dans d’autres mi- 9 lieux encore que dans le milieu paulinien. Même s’il y avait lieu de considérer comme une addi- 4 tion paulinisante de Marc la parole sur le Fils de à:

sieurs (10, 45)?, on ne pourrait attribuer àunein- ‘

: ; 4. Contre von Soven, Das Interesse, p. 148. Bacon (Is Marka roman Gospel ? p.66 s.), trouve dans le discours sur le pur t et l’impur le point de vue des forts que Paul vise dans Rom., EVE 2. Nt. Th., I, p. 495, cf von Soven, Das .Interesse, p. 145; ©. Prueinerer, Urchristentum ?, Berlin, 1902, I, p. 402.

3. Avec Hocrzmann, Né. Th., I, p. 496; JüricHer, Eint, ‘74 p. 278 s. et bien d'autres. ; “ e

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fluence paulinienne les trois prophéties des souffrances (8, 31; 9, 31; 10, 32-34) où se trouve seulement affirmée la nécessité de ces souffrances mais où rien n indique l interprétation particulière qu'en a donnée Paul.

De même, si l’idée de l'inintelligence du peuple, telle qu'elle est développée au chapitre 4 de Marc, à propos des paraboles, présente une incontestable affinité avec l’idée paulinienne de l’endurcissement providentiel d'Israël qui devient la cause de l'élection des païens (Rom., 11, 1-11)!, il ne faut pas, d'autre part, méconnaître que l’endurcissement d'Israël amène chez Marc le drame de la passion et chez Paul la prédication de l’Évangile aux païens. C’est assez pour rendre douteuse l'influence de Paul sur la théorie de la parabole chez Marc.

Par contre,sur un point de doctrine fort important, le second évangile exprime des idées qui ne s'accordent pas avec celles de Paul. Il commence sa narration par un récit du baptême dont le sens est certainement celui d'une adoption de Jésus comme Fils de Dieu. Cette conception est inconciliable avec l’idée si impor-

1. Jücicuer, Gleichnissreden Jesu, I, p. 144; Hozrzmanx, Né. Th., FE, p. 496; PrLetoerer, Urchristentum, I, p, 402: von SobEn, Das Interesse, p. 144; Jou. Weiss, Aelt. Ev., p. 525.

tante pour Paul de la préexistence du Christ !.

Si aucune des idées dominantes du second évangile ne nous paraît ainsi avoir une origine paulinienne, il se peut que sur tel ou tel point de détail on reconnaisse l'influence du grand apôtre et même l'intention de faire l'apologie de son ministère. Tel nous paraît être notamment le cas de l'épisode de l’exorciste étranger (9, 38-39) ?. Il se peut aussi que des passages comme 7,27 et 13, 10 constituent des apologies de la mission parmi les païens dont Paul était le champion (Horrzmann, Ne TR: 1, p.496).

Au début de l’évangile, la formule « le temps est accompli » (1, 15) est l’écho de Gal., 4, 43 et ce qui suit: «croyez à l'Evangile », anachronisme dans la bouche de Jésus, est une formule pauli-

4. La portée de cette constatation n'est pas diminuée par le fait que Mc. 10, 45 paraît impliquer l’idée de la préexistence.

2, Hriccenrecn, Einl., p. 519; Jon. Weiss, Aell. Ev., p.258,s.; Loisy, I, p. 95, I, p. 15. Par contre il nous semble excessif de reconnaître avec Loisy (11, p. 69) Paul dans l'enfant que Jésus propose en modèle à ses disciples (9, 36). Plus invraisemblable encore est l'explication donnée par Vozkmar (Marcus, p.502 s.) de l'épisode de Bartimée (/0, 46-52) dont le nom signifierait « fils de l’impur » et qui personnifierait le paganisme qui implore en vain la miséricorde du judaïsme orgueilleux et n’est sauvé que + le Christ.

3. HozrzmanN, N. Th., I, p. 495 s.; PFLEIDERER, Urchr HAE [, p.339, 402; von Sonen, Das Inferesse, p. 150; Jücicuer, Einl.,

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nienne (Hozrzmanx, Né. Th., I, p. 496). L'épisode de la transfiguration (9, 2-8) trahit incontestablement l'influence de la notion paulinienne de la gloire du Christ'. L'opposition de la chair et de l'esprit (14, 38) est une idée fondamentale du paulinisme. Enfin Holtzmann* a fait remarquer que le terme « Abba » ne se rencontre que chez Marc (14, 36) et chez Paul (Rom., 8, 15. Gal., 4, 6).

On voit par ce qui précède que l'influence du paulinisme sur Marc ne peut être admise que dans une mesure assez limitée, pour expliquer non pas les idées fondamentales de l'évangile, mais seulement quelques détails.

Cette conclusion est confirmée par le fait que l'on ne constate pas une influence profonde du vocabulaire de Paul sur celui de Marc. Il y a bien quelques termes caractéristiques qui se rencontrent chez Marc et chez Paul (3ivapre, ebayyéue, uvorhotov, xneÿsceiv, etc.). On n’est cependant pas en droit de conclure à l'emprunt car, d’une part, un certain nombre de mots spécifiquement pauliniens manquent chez Marc (àœyarav, Biraocivn, diraucüv,

1. Maurice GoGuer, Notes d'Histoire évangélique III. Esquisse d'une interprétation du récit de la transfiguration, R. H. R., t. LXXI (1920), p. 154 s.

2. Nt. Th., I, p. 496.'Hozrzuanx (loc. cit.) met aussi en relation l'idée de la déchirure du voile du Temple (15, 38) et l'idée paulinienne de l'accès des Chrétiens auprès de Dieu (Rom., 5, 2). Ceci nous parait un peu subtil.

Ari, navyaohar, cuwrnpix, etc.), et, d'autre part, Paul n’emploie jamais le terme de Fils de l'Homme qui joue un rôle si important dans Marc. On doit donc conclure avec Jülicher qu'on ne trouve pas chez Marc plus qu'un léger écho de la langue paulinienne!. .

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