WELLHAUSEN, p. 98 ; Lois, p. 518 ; VŒLTER, Noch eine
Erklärung von Mrk. 6, 48 (schluss) « Und er wollte an ihnen
vorbeigehen », N. theol. Tijd., 1921, p. 33 ; ScawarTz, Noch einmal der Tod der Sühne Zebedaeï, ZEN: TUW.; XI, 1910, p. 96.
2. Il faut ajouter que te Mt., 14, Jésus reproche à Pierte son manque de foi, ce qui établireit un contact,de plus entre son récit et celui de Jean, 21, si l'entretien de Jésus et de Pierre
qui suit le récit de lospantio au bord du lac contenait vraiment une allusion au reniement.
à celle des apparitions. De l’une des formes de . Pépisode à l’autre, il y a eu, au moins, une très «7 RP forte évolution de la tradition. RES Après le repas qui termine Haine de Fe pêche miraculeuse, le narrateur introduit un entretien de Jésus avec Pierre !. Par trois fois, Jésus demande à Pierre s’il l’aime et, sur sa réponse affirmative, lui confie la mission de paître ses agneaux, puis lui prophétise son martyre et conelut par l’appel : « Toi, .suis-moi » (15-19). On entend généralement ? que cét épisode rapporte la réhabilitation de Pierre et son rétablissement dans la fonction apostolique | dont il est censé être déchu à la suite de son reniement. Tel pourrait bien, en effet, avoir été le sens donné à l'épisode par l’auteur du chapitre 21. La remarque du narrateur sur l’afflic- ‘tion que cause à Pierre la triple question de Jésus s’expliquerait bien ainsi et on peut voir dans la forme donnée à la première question : ES « M’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? » (15) ed
1. Lorsy (p. 522) pense qu’il se plaçait originairement avant. 2 le repas, au moment où Pierre vient de rejoindre Jésus. fes 2. C’est l'interprétation adoptée dans l’ancienne Eglise (cf. EBERHARDT, p. 54) et pour laquelle se prononcent parmi
- : : Ce les modernes entre autres : B. Weiss ( p. 627 s.), EBERHARDT nee (p. 55), Lorsy (p. 522), BAUER (p. 187), HeITMÜLLER (Schr., s ne IV, p. 183), ZA (p. 684 s.), FLowers (Anglic. theol. Rec... MER
une allusion à la déclaration présomptueuse de
lapôtre «Quand même tous les autres se scan-
daliseraient, moi pas... Même s’il me fallait
mourir avec toi, je ne NP pas »
(Me., 14,29-31).
Mais était-ce bien là le sens primitif & l’épisode ? D’abord, une réhabilitation de Pierre était-elle nécessaire ? Il n’en est pas fait mention dans les synoptiques et cela n'empêche pas l’apôtre de.jouer dans les récits d’apparitions, et, plus tard, dans la primitive Eglise, un rôle de premier plan. Si la tradition ancienne avait conservé un épisode ayant la valeur. d’une réhabilitation de Pierre, ne l’aurait-elle pas indissolublement lié au souvenir du reniement ?
En ce qui concerne, en particulier, le récit du chapitre 21, on peut noter que la mention de la faute aurait été nécessaire. Les allusions que nous avons relevées ne sont pas assez nettes pour rappeler le reniement. Si l’endroit où est placé l’entretien ne s’y opposait pas, on verrait plutôt dans la triple question et dans la triple déclaration de Jésus à Pierre, un récit de sa vocation. Puisque l’épisode qui introduit l’entretien se plaçait originairement au début de la période galiléenne, ne doit on pas penser que l'entretien lui-même avait primitivement la même place ? La tradition, qui est à la base du
récit, doit être celle qu’a suivie Luc et qui rattache la vocation de Pierre à l’histoire d’une pêche miraculeuse. L’évangile de Jean ne raconte pas la vocation de Pierre. L'auteur du chapitre 21 peut avoir eu le sentiment que c’était là une lacune et il l’a comblée en introduisant le récit d’une mission confiée à Pierre par le Christ ressuscité. Il n’est peut-être pas sans intérêt de constater que la conception de l’apostolat impli-
quée dans son récit est très proche de la conception paulinienne, qui faisait de l’apostolat
une mission confiée par le Christ glorifié à ceux qu’il chargeait de prêcher l'Evangile. Le sens de l’épisode apparaît ainsi clairement : il est la légitimation du rôle joué par Pierre dans l’Eglise.
- Il paraît peu probable que, dans la source, la prophétie du martyre de Pierre (21,18-19) ait été rattachée au récit de la vocation. Spitta (p. 7) et Wellhausen (p. 99) ont justement noté que cette prophétie ne cadre pas avec ce qui la précède. Le temps où l’apôtre était jeune et se céignait lui-même est présenté comme passé et cela au moment même où nous venons de le voir se ceindre pour se jeter dans la mer à la rencontre du Seigneur. La prophétie s’adresse à l’apôtre vieillissant. Le petit fragment 18-19° est une prophétie rédigée plus tard que la tradi-
tion utilisée au commencement du chapitre.
Elle a été insérée dans le récit de la vocation de Pierre. Primitivement, le verset 19? « Suis-moi » devait se rattacher au verset 17 et constituer la conclusion de l'épisode.
Le chapitre 21 contient ‘un -dertiier récit?
Pierre, apercevant le disciple bien-aimé, interroge Jésus sur le sort qui lui est réservé, et Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je revienne, que t’importe ? Toi,
suis-moi ». Le narrateur insiste sur les termes
mêmes employés par Jésus et montre qu'ils ne justifient pas le bruit qui s'était répandu parmi les fidèles que ce disciple ne devait pas mourir (21,20-23). RE :
Il n’y a peut-être pas, dans les quatre évangiles, de récit dont on aperçoive aussi nettement le motif. Il s'agissait de couper court à une légende, d’après laquélle Jésus aurait annoncé que le disciple bien-aimé ne devait pas mourir. Mais est-ce la légende relative au Bien-Aïmé qui avait donné naissance à la parole de Jésus et qui. était censée la justifier, ou bien la légende étaitelle née d’une fausse interprétation de la parole de Jésus ? Il ne nous paraît pas possible de le décider. 3
Spitta (p. 10 s.) se prononce ME ES pour la seconde hypothèse. Jésus, pense-t-il, avait : appelé Pierre à le suivre et lui avait fait aban-
donner sa barque et ses filets: Pierre, en s’éloignant avec Jésus, aperçoit Jean.et demande au maître pourquoi il n’a pas appelé aussi son compagnon. « Si je veux qu’il demeure (non en . vie, mais là où il est) jusqu’à ce que je revienne (non pas à la parousie, mais après la tournée missionnaire que je vais accomplir avec toi), que t’importe ? Toi, suis-moi (c’est-à-dire viens maintenant avec moi, lui viendra plus tard) ».
Jésus n’aurait ainsi fait aucune prophétie sur
le sort lointain de Jean, il aurait seulement ajourné son appel. din
Ce système si ingénieux se heurte à une grosse difficulté, 11 suppose que le morceau 21,20-22 a été introduit d’une manière toute mécanique parce que, dans la source, il se trouvait à la suite des récits utilisés dans la première partie du chapitre. Mais, peut-on admettre qu’un récit dont l'intention est aussi transparente ait été introduit pour une autre raison que le désir de combattre une légende ? Peut-on, d’autre part, admettre qu’un homme assez mal informé pour avoir rapporté à la période qui a suivi la résurrection, des épisodes qui auraient eu leur place légitime au début du ministère galiléen de Jésus, ait été en état de fixer exactement les termes employés par Jésus au moment de la vocation de Pierre? Ces deux considérations