‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 105 sur 192 · ET: LE GHABITRE ZA · texte numérisé non relu

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aucune conjecture précise sur le contenu de la fin de Marc”.

Il y a, dans l’évangile de Luc, une scène dont le rapprochement avec Jn., 21,1-14 s’impose : c’est le récit de la pêche miraculeuse (5,4-11) *. Des deux côtés, c’est Pierre qui joue le rôle principal : il est accompagné d’autres personnages parmi lesquels figurent Jacques et Jean,

1. Quant à l’évangile de Pierre, il n’est certainement pas sans relation avec le récit de Jn., 21,1-14 mais il serait vain de prétendre préciser la nature de la relation alors que, dans le fragment de l’évangile de Pierre qui nous est conservé, le récit de l'apparition est seulement amorcé.

2. La dépendance du récit de Jean par rapport à celui de Luc est admise par BRANDT, Die evangelische Geschichte, p. 401 s., KLôPPER, Z. f. wiss. T'h.,1899, p. 357., WELLHAUSEN, Lc., p. 145.,ete. Au contraire, B. Weiss (p. 627) et BEYSCHLAG (Das Leben Jesu *, Halle a. S., 1893, I, p. 323) se prononcent pour celle de Luc par rapport à Jean, tandis que WENDT (Das Johannesevangelium, p. 229) pense que. Luce et Jean dépendent l’un et l’autre d’une source commune. HARNACK (Beitr., I, p. 158, n. 2) a cru trouver une preuve du caractère secondaire de Luc dans la parole de Pierre « Seigneur, éloigne-toi de moi car je-suis un pécheur » (5,8). 11 voit dans ces mots une allu- sion au reniement, mais les paroles de Pierre expriment simplement le sentiment de terreur religieuse qui saisit l'homme devant les manifestations de la puissance divine. De plus, rien n’indique que Pierre ait eu le sentiment d’une déchéance. H.-J. FLowers (The calling of Peter andthe restoration of Peter, Anglican theological Review, 1922, p. 285-239) croit qu’il y avait, primitivement, deux traditions indépendantes en relation l’une et l’autre avec une scène de pêche se rapportant l’une à la vocation, l’autre à la réhabilitation de Pierre.

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| les fils de Zébédée. Dans les deux récits Pierrea pêché toute la nuit sans rien prendre, lorsqu’ | Re reçoit de Jésus l’ordre de jeter le filet. Quand le miracle se réalise, il est saisi d’une crainte respectueuse. Enfin, dernière - ‘analogie qui n’est.

pas la moins importante, la scène des deux côtés sert d’introduction à une mission que Jésus : confie solennellement à Pierre, celle d’être

$ pêcheur d’hommes dans Luc, de paître ses agneaux ou ses brebis dans Jean.

rx Les différences entre les deux récits sont peu importantes et facilement explicables. Luc dit

# que le filet se rompt, Jean note que, malgré le

be grand nombre de poissons, il ne se rompt pas.

Il ajoute ainsi un nouveau trait miraculeux et surtout introduit dans son Ress un Fire qui a une portée symbolique”.

L’appel adressé à Pierre se placçait il, dans le récit primitif, au début du ministère de Jésus ou bien après sa résurrection ? Le fait que chez Luc le récit n’est pas contaminé par une autre tradition, tandis que chez Jean, il est mélangé au récit d’un repas au cours duquel Jésus ressuscité se fait, par la fraction du pain, recon-

1. Les deux récits paraissent indépendants l’un de l’autre pour la rédaction, mais on ne peut attacher une grande importance à ce fait puisque, dans Jn., 21, le récit de la "pêche miraculeuse est combiné à un autre récit.

naître par ses disciples, constitue, au moins, une présomption favorable à la priorité de la forme sous laquelle Luc a conservé le récit.

À l’appui de cette conclusion, Spitta’ a fait remarquer que $i le récit de la pêche miracu- Jeuse se rapportait primitivement à la période galiléenne du ministère de Jésus, il conviendrait de le rapprocher des deux premiers récits de ” Jean relatifs à cette période, du miracle de Cana et de la guérison du fils de l'officier royal. Ce serait la troisième manifestation de la gloire du Christ. Autant, en effet, la notice de 21,14 : <oÿr0 Hèn tofrov Egavepobn ’Inooëc vois madnrais (éyepheis Ex vexoy) convient mal après ce qui est, en réalité, dans l’évangile tel que nous le lisons, la quatrième apparition de Jésus, autant elle serait à sa place à la suite des récits de la période gali- léenne et s’harmoniserait avec les notices de 2,11 et de 4,54. De ce rapprochement Spitta conclut, avec infiniment de vraisemblance, que la place originale du récit de la pêche miraculeuse était au début du ministère galiléen ”. rat

1. SrrrrA, p. 3. Contre Spitta, STRACHAN. Spütta on John 21, Expositor, 1912, p. 560 s. 3; Loors (Die Auferstehungsbe- -richte und ihr Wert (1897), * Tübingen, 1908, p. 35) avait reconnu, avant Spitta, que dans Jn., 21,1-14 un récit de la période galiléenne était combiné à une histoire galiléenne.

2. L’opinion contraire est soutenue ‘par H. SCHMIDT, St. u. Kr., 1907, p. 504.

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Quant au second récit, dont on trouve la trace dans Jn., 21,1-14, il est plus difficile d’en définir le caractère. Nous avons déjà indiqué qu’il a certaines analogies avec l’épisode d’Emmaüs (Le, 24,18-85). Quelques critiques' ont été frappés des ressemblances qu’il présente aussi, sinon avec le récit actuel de la traversée du lac après la multiplication des pains (Me., 6,45-52. Mt., 14,22-34), du moins avec ce qu’on pourrait considérer comme le fond premier de ce récit actuellement dénaturé par l’addition du trait miraculeux de Jésus marchant sur les eaux. Le contact est particulièrement frappant avec un

détail donné par Matthieu seul, celui de Pierre

quittant la barque pour se précipiter au devant de son maître?. L’analogie saute aux yeux: on £ ÿ:

ne saurait, toutefois, reconnaître de dépendance

directe entre les deux récits puisque l’un se rapporte à la fin de la période galiléenne, l’autre,

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